Roar

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De : Noel Marshall

Avec Tippi Hedren, Noel Marshall, Melanie Griffith, Jerry Marshall

Année: 1981

Pays: Etats-Unis

Genre: Aventure, Thriller

Résumé :

Madeleine emmène ses enfants dans la jungle africaine pour aller voir son mari Hank, dont elle est depuis longtemps séparée. Hank est un scientifique excentrique qui s’est toujours battu pour la défense d’espèces en danger.

Avis :

Noel Marshall est avant un producteur hollywoodien. Un producteur qui est loin d’être connu d’ailleurs, car sa carrière fut très courte et le seul vrai succès de celle-ci, c’est « L’Exorciste » de William Friedkin, dont il est le producteur exécutif. Dans sa vie privée, Noel Marshall a été marié plus de vingt ans avec l’actrice Tippi Hedren, la star du film d’Alfred Hitchcock « Les oiseaux« . Pourquoi, je vous parle de sa vie privée me direz-vous ? Et bien parce que c’est avec sa femme que Noel Marshall (ce très grand malade) va écrire, produire, réaliser et jouer dans son seul et unique film qu’il a mis en images, « Roar« .

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Hank est un scientifique complètement allumé qui a décidé un jour de tout plaquer et de partir vivre en Afrique au plus près des fauves afin de prouver au reste du monde qu’on n’a rien à craindre d’eux. Pour étayer sa thèse, il a donc fait venir dans sa nouvelle maison, des lions, des lionnes et leurs petits, mais aussi des tigres, des panthères, des pumas, des guépards et des jaguars. Hank vit au milieu de ces animaux qui sont en totale liberté, allant comme bon leur semble dans la propriété. Cette vie fait peur à un membre du gouvernement qui trouve que ces bêtes sont dangereuses pour la sécurité de tous et il compte bien les faire abattre. La famille de Hank, qui était restée à Chicago, vient alors le rejoindre pour voir les conditions de vie du père et mari qu’il est. Mais par un maladroit quiproquo, Hank et sa famille ne se retrouvent pas à temps et sa famille arrive bien avant lui dans ce petit coin de paradis. Mais très vite, la famille se retrouve au beau milieu des fauves, chose à laquelle elle n’était pas préparée. L’attente du retour de Hank va être alors on ne peut plus tendue…

Impossible d’écrire quelque chose sur « Roar » sans parler avant tout de son tournage catastrophique.

« Roar » est un film qui est passé inaperçu au moment de sa sortie. C’est un film qui fut un échec commercial cuisant, on peut même parler d’un gouffre. Le film devait coûter trois millions de dollars au départ, il en a coûté dix-sept, pour n’en rapporter que deux… Mais ce n’est pas l’échec hallucinant qui en a fait un film légendaire. Ce qui fait entrer « Roar« , seul film réalisé par Noel Marshall, dans la légende, c’est son tournage, qu’on peut tristement qualifier d’hallucinant. Jamais un film n’aura été aussi dangereux à tourner car les techniciens et les acteurs tournaient au beau milieu de deux cents fauves en totale liberté. D’ailleurs, le film fut si chaotique que le tournage qui ne devait durer que six mois s’est finalement prolongé sur sept années, c’est dire le bordel que ce fut. Pendant ces sept années, le tournage fut rythmé par des accidents, (plus de soixante-dix) plus ou moins graves, car oui, on ne peut pas faire un film comme celui-là sans dresseur sur place et s’en sortir indemne, coupures, griffures, fractures, et même un incendie qui ravagea une partie du ranch du réalisateur. Dans les plus spectaculaires, on retiendra surtout Mélanie Griffith qui a été obligée de faire de la chirurgie reconstructrice pour son visage, Tippi Hedren qui écope de trente-huit points de suture ou le réalisateur Jan De Bont (« Speed« ), alors chef op sur le film qui s’est fait littéralement scalper par un lion. Autant dire que le film mérite amplement sa réputation de tournage le plus dangereux du monde. Et il va le rester à jamais, parce qu’une folie comme celle-là n’est pas prête de revoir le jour.

Alors maintenant que vous en savez plus, il est temps de parler du film en lui-même. Que vaut ce « Roar » ? C’est une très bonne curiosité partagée entre la comédie, le drame écolo et le documentaire, Noel Marshall offre une curiosité incroyable, impressionnante et fascinante à la fois. « Roar« , c’est une immense improvisation où les animaux imposent leurs règles et se baladent comme bon leur semble, et les comédiens vont devoir se démerder avec. Sur ce procédé, le film en devient unique.

Magnifiquement photographié par Jan De Bont, « Roar » offre une mise en scène tour à tour intelligente, avec pas mal d’idées décalées et audacieuses, et chaotique, un peu à l’image de cette folie. On sent très bien que l’équipe de tournage derrière l’image compose comme elle peut dans ces conditions inhabituelles. Ce qui donne quelque chose de très naturel et spontané. On est complètement immergé dans « Roar » et c’est ce qui fera tout son charme et son intérêt.

Car si la réalisation est audacieuse, l’intrigue, elle, l’est un peu moins. Le scénario reste très sympa et cool, il y a une ambiance presque Peace & Love qui se dégage du film. L’histoire aborde un véritable intérêt pour les animaux, plus que les hommes. Elle les montre, puissants, touchants, libres. Plus on s’enfonce dans le film et plus il se révèle être un très bel hymne à la liberté et à la nature. Mais derrière ça, on pourra tout de même regretter un scénario trop simpliste dans son fil rouge. Plus on avance dans l’histoire, et plus on se rend compte que l’on est bien plus pris et captivé par les images, l’ambiance, le rythme, les drôleries des péripéties ou le message final, que l’intrigue et l’évolution de cette dernière, car elle se résume malheureusement à un enchaînement de scènes de fuite et de cache-cache avec les animaux. Et c’est dommage, car avec une écriture plus poussée, le film avait de quoi être très très bon. Surtout que le film a de très bons ingrédients et que la motivation est présente.

« Roar« , c’est aussi un tournage en famille, et c’est l’occasion pour nous de voir deux grandes actrices différemment. Noel Marshall qui joue dans son propre film, a fait appel à sa femme Tippi Hedren et à sa fille Mélanie Griffith. La première est assez drôle, car son personnage est complètement allumé et en dehors de la réalité. Tippi Hedren est tout simplement sublime. Quant à Mélanie Griffith, on la découvre toute jeune et déjà bien talentueuse. On pourra aussi saluer la crédibilité, le calme et le professionnalisme de tous les comédiens du film qui n’hésitent pas à jouer face à ces fauves, allant même jusqu’à se jeter sur eux.

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« Roar » est donc une folie et un courage. C’est un film unique, qui a peut-être un peu vieilli, mais qui reste toujours aussi fou et captivant. C’est un film qui mérite d’être de nouveau porté sous le feu des projecteurs, car même si le fil rouge est très léger, le film a beaucoup d’arguments qui prêchent en sa faveur. Et ça reste toujours une curiosité à découvrir, car un film comme celui-là, tourné dans ces conditions-là, ne reverra jamais le jour. C’est un film d’une autre époque et elle était bien plus couillue.

Note : 15/20

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Par Cinéted

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