Moon

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De : Duncan Jones

Avec Sam Rockwell, Robin Chalk, Matt Berry, Kaya Scodelario

Année : 2009

Pays : Angleterre

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Sam Bell vit depuis plus de trois ans dans la station lunaire de Selene, où il gère l’extraction de l’hélium 3, seule solution à la crise de l’énergie sur Terre. Souffrant en silence de son isolement et de la distance le séparant de sa femme et de sa fille, il passe sont temps à imaginer leurs retrouvailles.
Mais quelques semaines avant la fin de son contrat pour l’entreprise Lunar, Sam se met à voir et à entendre des choses étranges… D’abord convaincu que son isolement y est pour quelque chose, il se retrouve malgré tout à enquêter et découvre que si ses patrons ont prévu de le remplacer, ils n’ont jamais projeté de le ramener. A moins que ce soit la Lune qui ne souhaite pas le voir partir…

Avis :

« Moon » est le premier film d’un anglais qui s’appelle Duncan Jones. Alors pour ceux à qui le nom ne dit rien, il faut savoir que Duncan Jones est le fils de David Bowie. Mais pas que, puisque c’est le mec qui a fait depuis « Source Code » avec Jake Gyllenhaal qui se paye une très belle critique. C’est lui qui est en train de réaliser l’adaptation ciné de « Warcraft » qui sortira le 25 Mai prochain, dont les quelques images qui sont apparues annoncent quelque chose de dément.

Sorti injustement directement en DVD, « Moon » s’avère pourtant un petit bijou de science-fiction et d’anticipation. Découvert quelque peu par hasard à l’époque, « Moon » m’avait complètement pris dans son intrigue et m’avait laissé une heure et demie plus tard avec la sensation d’avoir vu l’un des meilleurs films de science-fiction qu’il soit. Une sensation que je redécouvre à chaque visionnage et six ans plus tard, elle ne s’atténue pas, bien au contraire !

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Dans un futur proche, les habitants de la Terre n’utilisent plus de carburant pétrole dans leur quotidien. Une découverte majeure a été faite par l’entreprise Lunar et la solution pour mettre fin aux énergies fossiles n’était pas sur Terre, mais sur la Lune. Grace à des machines et une installation sur la Lune, les hommes peuvent récolter l’énergie du soleil qui frappe la Lune. Une fois récoltée, cette énergie est envoyée sur Terre et ainsi, grâce à cette technologie, beaucoup de problèmes, tels que le réchauffement climatique, la famine ou encore certaines zones pauvres du tiers-monde ont pu sortir de leur misère. Bien sûr, le travail ne se fait pas tout seul, il est supervisé et ce superviseur, c’est pour l’instant Sam Bell qui vit du côté de la face cachée de la Lune. Ce dernier a signé pour une durée de trois ans. Une durée qui doit prendre fin la semaine prochaine. Mais à la suite d’un accident, ce dernier va faire une découverte aussi affreuse que capitale.

Dans le domaine de la science-fiction, il y a deux poids deux mesures. Il y a les grands blockbusters hollywoodiens dont on va entendre parler et qui vont la plupart du temps tout écraser sur leur passage, malgré de nombreuses critiques. Et il y a tous les ans de petits films qui font des sorties plus discrètes et qui pourtant n’ont absolument rien à envier à leurs cousins « millionnaires ».

Dans le domaine des discrets, mais si bons, on retrouvera des films comme « The Man From Earth » de Richard Schenkman, « Another Earth » de Mike Cahill, « Sunshine » de Danny Boyle ou encore dernièrement « Ex-Machina » d’Alex Garland. Chacun de ces films marque le spectateur qui le regarde et dans cette liste, on peut y mettre « Moon » qui est un petit chef d’œuvre méconnu et pourtant ô combien passionnant aussi bien dans sa mise en scène que dans les thèmes durs qu’il va brasser et les réflexions auxquelles il va nous pousser.

Pour son premier film, Duncan Jones nous livre un film particulièrement étonnant de maîtrise et surtout très réussi. Tour à tour captivant, surprenant, tendu, dérangeant, pervers, mystérieux, et terriblement triste, le réalisateur nous invite à embarquer vers une destination inoubliable avec ses petits moyens.

C’est dans une ambiance très froide, austère, immersive, particulière et presque silencieuse que Duncan Jones va développer un scénario brillant qui sera aussi fascinant qu’il sera capable de vous tirer des larmes et vous laisser un frisson dans le dos à plusieurs reprises tant le destin de cet homme « seul » sur la lune est particulièrement déroutant. Un destin peut-être pas si éloigné d’une possible réalité dans l’avenir, le jour où la folie des hommes prendra le pas sur la génétique. Car oui, une fois que l’on découvre ce que le personnage va découvrir, le film apporte avec lui énormément de questions et nous pousse à la réflexion. D’ailleurs, « Moon » poursuit après son visionnage et l’on se surprend à y repenser, partagé entre frisson et souvenir d’un excellent moment. Ce qui très bon dans « Moon« , c’est que ni son réalisateur, ni son personnage ne va juger les faits et les décisions de l’être humain. Duncan Jones expose une intrigue, un cauchemar, mais nous laisse nous faire une réflexion sur la nature de l’être humain, sur les limites à ne pas franchir, et sur la vie en général. Une vie reproduite ou non vaut-elle mieux qu’une autre ? Qui sommes-nous pour prendre telle ou telle décision ? Bref, Duncan Jones a de l’or entre les mains et il nous offre une magnifique pépite.

En plus d’admirablement tenir son sujet, Duncan Jones maîtrise parfaitement son ambiance et son rythme. Le film passe comme une lettre à la poste et l’on ne le voit pas passer. Il est même trop court, et l’en redemande, ce qui prouve que Duncan Jones a parfaitement réussi son coup puisque même si la fin est d’une beauté tragique, on en ressort quelque peu frustré. Duncan Jones, avec ses petits moyens, nous offre un film impeccable, avec de très beaux décors, de bons costumes, et même de bons effets spéciaux qui tiennent bien la route. Il prouve avec ce film qu’il n’y a pas besoin de millions de dollars pour que le résultat soit splendide.

L’autre performance de ce film, c’est Sam Rockwell qui tient là un rôle complexe. L’acteur qui est presque le seul qu’on voit à l’écran, tient dans ce film son meilleur rôle et il démontre avec drame, vigueur et poésie qu’il est un acteur remarquable et qu’il mérite qu’on se penche sur son cas. Il mérite amplement mieux que des seconds rôles ou de petits rôles dans des comédies romantiques sympathiques ou oubliables. Pour l’accompagner quelque peu, il y a un robot, appelé Gerty, qui veille sur lui et c’est le grand Kevin Spacey qui prête sa voix.

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Remarquable, inconnu du grand public, « Moon » mérite d’être révélé à la lumière du jour. Duncan Jones nous offre un film passionnant aussi bien dans son rythme que dans sa réflexion. La première fois que je l’ai vu, je me suis pris une belle claque que je n’avais pas vu arriver et depuis, le film n’a cessé de grimper dans mon estime.

Note : 20/20

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Par Cinéted

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