Deux Nigauds Contre Frankenstein – Farce et Attrape

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Titre Original : Abbott and Costello Meet Frankenstein

De: Charles Barton

Avec Bud Abbott, Lou Costello, Glenn Strange, Bela Lugosi, Lon Chaney Jr.

Année : 1948

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Chick Young et Wilbur Grey qui travaillent comme transporteurs se retrouvent avec une bien curieuse livraison : les restes de Dracula et Frankenstein destinés à un musée des horreurs. Mais les problèmes commencent lorsque le vampire se réveille et emporte avec lui le corps du monstre, bien décidé à le ressusciter…

Avis :

Durant les années 40, Universal vivait son âge d’or et pouvait se permettre de sortir un peu tout et n’importe quoi sur ses fameux monstres, comme Dracula, la Momie ou encore le monstre de Frankenstein. Sous l’impulsion d’Elephant Films, certains films oubliés de cet âge d’or retrouvent une jeunesse avec des restaurations impeccables, permettant, plus de cinquante plus tard, de découvrir des pépites oubliées. Et si jusqu’à présent les films avec l’intitulé Frankenstein étaient au croisement de l’horreur et du drame avec une quête infinie vers l’humanisation, ce septième volet se veut complètement différent, puisqu’il arpente le chemin sinueux de la comédie horrifique, avec les Laurel et Hardy américains de l’époque, Bud Abbott et Lou Costello. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est détonant.

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Le point de départ de ce film montre immédiatement le genre ciblé. On tombe sur un générique de début en dessin animé burlesque qui montre de façon décalée la palette de monstres présents. Par la suite, on rencontre immédiatement le duo comique qui se crêpe le chignon et où le petit gros va chercher une valise avant de tout se prendre sur la figure. Gags appuyés, humour des années 40, autant dire que l’on peut ressenti une certaine crainte, celle de voir un humour dépassé qui ne marche plus à présent. Sauf que l’humour va fonctionner à plusieurs reprises, notamment grâce à des situations ubuesques bien trouvées et des dialogues qui frôlent le non-sens. Et c’est de cette alchimie que naitra un véritable film hybride qui peut se voir de deux manières différentes. Soit on y voit une comédie burlesque avec les monstres de chez Universal, soit on y voit un film d’horreur avec, comme toujours, la volonté de rendre servile la créature de Frankenstein en lui changeant le cerveau. Alors il ne faut pas croire que le film est hilarant du début à la fin et parfois, certains running gags ne marchent pas tout le temps, l’image du sex appeal insoupçonnable du petit gros, mais il se dégage une ambiance bonne enfant de ce métrage qui n’est pas pour déplaire.

Le plus gros problème vient de son histoire, qui, dans les grandes lignes, ne tient pas du tout la route. Au départ, les deux héros travaille à la poste et livre deux gros colis pour le musée des horreurs, le squelette de Dracula et la vraie créature de Frankenstein. Mais les deux bestioles sont encore vivantes. On aura droit à un Dracula qui veut rendre servile la créature de Frankenstein et qui s’acoquine d’une femme savante. Celle-ci ne voulant plus trop participer à cette expérience se fait mordre pour devenir une esclave du vampire. De son côté, le loup-garou souhaite arrêter Dracula, mais à chaque pleine lune, il se transforme et devient un monstre sanguinaire à son tour. Ici, on perd complètement l’aspect humain et profond de chaque film précédemment proposé. Il ne reste plus aucune réflexion sur l’homme et son comportement face à l’inconnu et au monstrueux et encore moins sur la quête d’humanité. A la place de cela, on aura droit à des courses-poursuites improbables, quelques blagues potaches que l’on pourrait voir dans un théâtre et des quiproquos à base de masque ma choisis.

Mais il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas voir les qualités intrinsèques du film. Car même si la réflexion est absente du métrage et que la peur est relayée au rang des seconds rôles, Deux Nigauds Contre Frankenstein contient son lot de scènes de cultes et de répliques cinglantes, qui, même aujourd’hui feront rire. D’autant plus que la réalisation de Charles Barton est très classieuse et ne se différencie pas des autres productions de chez Universal. On aura même droit à des effets spéciaux culottés pour l’époque, à base de dessins animés et de montage cut, mais cela représente bien l’ambiance du film, qui se veut drôle tout en exploitant une imagerie horrifique.

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Au final, Deux Nigauds Contre Frankenstein serait-elle la première comédie horrifique ? Quoiqu’il en soit, le film se révèle plutôt réussi malgré son absence de message et de réflexion qu’amène la monstruosité sur notre condition d’être humain dit « normal ». Un film joyeux, encore drôle, possédant ses moments horrifiques et qui s’avère avoir plutôt bien vieilli. Bref, un film bien loin des standards des monstres mais qui fonctionne toujours aujourd’hui.

Note : 14/20

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Par AqME

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