L’Arbre d’Halloween – Ray Bradbury

9782020189095

Auteur : Ray Bradbury

Editeur : Seuil

Genre : Horreur

Résumé :

Lorsqu’ils frappent à la porte de Montsuaire pour réclamer des bonbons, Tom et ses copains déguisés en zombies ne savent rien de ce qui les attend… Commence alors un fabuleux voyage dans l’espace et le temps… Une quête fantastique et poétique des origines d’Halloween…
« Tout a commencé quand ? En Égypte, il y a quatre millénaires, pour célébrer l’anniversaire de la mort du soleil ? Ou des millions d’années plus tôt, devant les feux nocturnes allumés par les hommes des cavernes ? Ou dans le ciel de Paris, là où d’étranges créatures sont venues se pétrifier pour devenir les gargouilles de Notre-Dame? »

Avis :

Comme bon nombre de fêtes, Halloween se perpétue à travers les époques et les générations depuis sa création. Mais au-delà des traditions, c’est avant tout une volonté mercantile qui l’anime. Preuve en est avec son « exportation » en France et le démarchage commercial qui gravite autour. Propice aux frissons, à la sortie des monstres et autres squelettes du placard, Halloween (ou l’idée que l’on s’en fait) possède une atmosphère somme toute unique où les apparences sont détournées. Nul doute que cela permet de développer des histoires fantastiques ou horrifiques dans un contexte empreint de mystères, à défaut d’angoisses véritables.

Maître de la science-fiction incontestée, Ray Bradbury est également un conteur hors pair dont la prose fait montre d’un talent quasi inné pour la poésie et la trituration des mots selon sa volonté. Avec L’arbre d’Halloween, l’auteur sort de son genre de prédilection pour explorer les méandres de la célèbre fête des Morts. Est-ce un récit destiné aux enfants ou à un public plus mature ? La question a le mérite d’être posée étant donné que l’histoire tourne autour d’un groupe de copains. L’ambiance onirique, l’approche et les mille péripéties vécues à toute vitesse vont en ce sens. Seulement, il ne s’agit en rien d’un ersatz de Chair de poule avant l’heure (le livre date de 1972 et a été publié pour la 1ere fois en France en 1994).

En effet, la force de description s’entremêle à une inspiration lyrique quasi permanente au fil des lignes. Plus ou moins appuyée par des poèmes courts et des rimes récurrentes, même dans le texte « normal », l’intrigue demeure à la fois simpliste dans sa construction et complexe dans son évolution. En dépit d’une dynamique certaine, l’écriture se montre souvent très abstraite. Les figures de style, proprement épatantes d’un point de vue formel, demandent une attention particulière pour se forger une image claire des événements. On explore davantage les méandres d’un imaginaire débridé plutôt qu’un récit fantastique classique.

Preuve en est avec un tour du monde éclectique et néanmoins trop furtif (moins de 170 pages pour parcourir le livre) de tous les aspects d’Halloween. Cet étonnant voyage entraîne nos petits infortunés à Paris, au Mexique et en Irlande. Mais il s’avère également une odyssée dans le temps avec la préhistoire, l’Égypte Antique, l’Empire romain ou le Moyen-Age. L’occasion de découvrir une pluralité propre à l’humanité qui véhicule le même concept initial avec des traditions disparates. Ou comment se pencher sur les origines de la fête des Morts sous des cieux et des noms différents par le prisme du temps et des cultures.

Encore une fois, la brièveté de la lecture empêche de développer comme il se doit l’ensemble des protagonistes, mais là n’est pas forcément le but de l’ouvrage. Il est souvent difficile de les discerner par un trait de caractère ou un signe distinctif, exception faite de leurs accoutrements. On a l’impression que le groupe d’enfants se présente plus comme un prétexte pour devenir l’un de leurs compagnons pendant un soir. On dit que ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage. Cela peut s’appliquer dans ce cas, mais surtout ce ne sont pas les personnages qui importent, mais ce qu’ils vivent d’extraordinaire dans un laps de temps pour le moins restreint.

Au final, L’arbre d’Halloween est un court roman coincé entre le conte fantastique et la prose poétique de l’auteur. Malgré un pitch de départ loin d’être original, le talent et l’approche de Ray Bradbury en laissent un avis tout autre sitôt l’ouvrage fermé. Des lecteurs novices pourront être rebutés par certaines tournures ou un style fouillé. À ce titre, la nouvelle traduction française s’est attachée à retranscrire les passages versifiés de la manière la plus juste possible. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un formidable hommage à la fête d’Halloween en remontant aux origines des traditions pour une histoire onirique brève et néanmoins recommandable.

Note : 15/20

Par Dante

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