Ghost – Meliora

ghost-meliora

Avis :

Les pays scandinaves sont réputés pour le froid de canard, mais aussi pour leurs groupes de métal qui traversent les frontières et transcendent par une musique puissante et innovante. Que ce soit la Finlande, la Norvège ou la Suède, les groupes venant de ces pays nordiques ont une certaine fraîcheur (jeu de mots) proposent vraiment une musique reconnaissable et bien loin de toutes velléités commerciales. Et il n’a pas fallu longtemps à Ghost pour se faire un nom dans le monde du métal. Arborant des costumes et un historique très black métal avec des tenues sataniques et une mythologie se rapprochant de l’apocalypse, Ghost a réussi à tromper tout le monde en décidant de mettre en avant un chant clair et un métal proche du hard rock, teinté de dark pop. Répudié par certains chevelus, le groupe trouve vite son public, leurs fidèle, comme la formation aime à les appeler, et leur deuxième album Infestissumam, devient un immanquable de l’année 2013. Autant dire que Meliora, leur troisième album, était attendu par beaucoup de monde et que ces attentes étaient très hautes. Fort heureusement, le groupe ne déçoit pas et cartonne à l’étranger, notamment en France où il rentre dans les charts à la dix-septième place et s’octroie le droit de chanter en live pour Canal +.

Le skeud commence avec Spirit, un morceau relativement calme et hybride, annonçant clairement le but de cet album, installer une ambiance pesante de fin du monde, tout en se faisant accompagner par une secte réconfortante. Fantomatique, scénique, ce premier morceau n’est pas le meilleur de l’album, mais il pose de suite son style et impose une vision apocalyptique. A quelque part, on a parfois la sensation d’écouter du Blue Oyster Cult et cette dissemblance entre musique presque légère et ambiance sectaire donne un effet incroyable au skeud. D’autres morceaux seront de ce même acabit, comme Cirice, un morceau plus lourd, plus dense, plus rythmé, mais aussi plus sombre, tout en nuance avec le chant de Papa Emeritus III. Et si l’ensemble du skeud est bien lourd, He Is permettant de souffler un petit peu, tout en conservant cette ambiance presque malsaine distillée par le groupe. Le titre est très beau, faisant écho à tous les groupes de rock psychédéliques des années 70 et s’impose comme une rupture cinglante au sein de l’album, pour montrer toute la palette artistique de la formation suédoise. Enfin, dans les titres où l’ambiance prévaut, Deus in Absentia, qui conclut la version simple de l’album, est un petit bijou, remettant en question l’existence de Dieu, tout en mettant en avant des paroles post-apocalyptiques et un souhait de voir ses fidèles bruler avec le groupe. Techniquement, c’est irréprochable, avec un clavier bien présent, rajoutant une certaine légèreté qui s’arrête lorsque les chants religieux commencent.

PHOTO COPYRIGHT JOHN McMURTRIE 2015

Mais le groupe ne résiste pas l’envie d’aller plus loin dans son concept et l’album fourmille de morceaux bien plus nerveux, montrant que Ghost, c’est bien plus qu’une ambiance et un jeu de scène. Si un titre de ce genre doit retenir l’attention, c’est bien entendu Absolution, un titre d’une grande puissance, où les riffs des guitares sont brutaux et où le groupe se range parfaitement dans le domaine du métal, jusqu’au refrain, entêtant, puissant, tout comme le reste du titre. From the Pinnacle to the Pit est aussi un excellent morceau, plus sombre, plus rapide et appuyant vraiment l’image sataniste du groupe, tout en restant relativement mainstream et technique. La ligne de basse de ce morceau est à tomber et sa construction, plus simple que d’autres titres, est parfaite. Mummy Dust s’inscrit dans le même registre tout en s’appuyant sur des riffs vraiment métal pour lancer ensuite des élans de clavier incroyable, qui font de ce titre quelque chose d’inédit et de très théâtral. Comment ne pas voir un vieux film de la Hammer avec la Momie en monstre. Enfin, la construction du skeud est vraiment faite pour que dans son ensemble, l’album ressemble à un cantique, se finissant en apocalypse, et c’est vraiment phénoménal qu’aujourd’hui, un groupe puisse se permettre cela et passer sur les grandes chaines télévisuelles. Les deux petits interludes, Spoksonat et Devil Church, montrent aussi la volonté du groupe de fournir un ensemble complet d’une grande variation d’émotions, tout en restant très critique envers l’église et les croyances.

Au final, Meliora, le troisième album de Ghost, est une tuerie à côté de laquelle il ne faut absolument pas passer. Dense, atmosphérique, iconoclaste, technique et critique, la formation suédoise prouve une fois de plus qu’elle fait partie des grands groupes de cette décennie et qu’il est encore possible de faire ce que l’on veut, tant qu’il y a du génie et la volonté de fournir quelque chose à mille lieues du chemin commercial. Meliora est résolument le disque le plus abouti du groupe et l’un des meilleurs de cette année.

  1. Spirit
  2. From the Pinnacle to the Pit
  3. Cirice
  4. Spoksonat
  5. He Is
  6. Mummy Dust
  7. Majesty
  8. Devil Church
  9. Absolution
  10. Deus in Absentia

Note: 18/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net