Gallows – Pendez les Haut et Court

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Titre Original : The Gallows

De : Travis Cluff & Chris Lofing

Avec Reese Mishler, Pfeifer Brown, Ryan Shoos, Cassidy Gifford

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Dans une petite ville, un accident se produit pendant le spectacle de fin d’année du lycée et fait plusieurs morts. Vingt ans plus tard, des lycéens du même établissement remontent la pièce pour rendre hommage aux victimes de la tragédie, mais découvrent qu’il vaut mieux parfois ne pas ressusciter les fantômes…

Avis:

Pourquoi le film d’horreur est en train de devenir, petit à petit, un désastre culturel? Tout simplement à cause d’un format, le found-footage, qui sous couvert d’une immersion pus efficace, cache en fait un problème économique de taille. En effet, c’est la méthode de réalisation qui coute la moins chère et qui, visiblement, plait à un large public, notamment d’adolescents, nourris depuis le plus jeune âge à des crétineries sans fond, à base de télé-réalité et de voyeurisme malsain via internet et les réseaux sociaux. Et si Unfriended tentait de surfer sur cette vague connectée en montrant très maladroitement les méfaits des réseaux sociaux, ce ne sera pas le cas de Gallows, qui sera un énième film d’horreur sans fond, mais aussi sans forme. Car comme si cela ne suffisait pas de faire quelque chose de débile, il fallait en plus le rendre moche et sans aucun intérêt. Retour sur l’un des pires films de l’année.

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Reese est un joueur de football américain émérite, mais il tient aussi le rôle principal de la pièce de théâtre The Gallows. Secrètement amoureux de sa partenaire sur scène, il a dû mal avec son texte. Ryan, son meilleur ami, décide de tout filmer pour faire un montage par la suite. Voyant son ami perdu dans son texte et voulant faire une farce à tous les intellos de l’école de théâtre, il propose à Reese de se rendre de nuit dans l’école et de saccager le décor de la pièce de théâtre. Seulement, vingt plus tôt, un drame s’était produit dans l’école, lors de la répétition du même spectacle, un élève a perdu la vie sur scène par pendaison. Il refait alors surface pour zigouiller les quatre envahisseurs.

Tourné à l’arrache grâce aux dons d’amis des deux réalisateurs, Gallows réunit tous les ingrédients pour faire un film complètement raté. Très clairement, si le scénario n’est pas un tant soit peu solide, il est difficile de faire confiance à des acteurs débutants au sein d’une histoire anémique. Et c’est tout à fait ce qu’il va se passer sur ce métrage qui n’a absolument rien pour lui. Gallows est l’exemple typique de tout ce qu’il ne faut pas faire dans un film d’horreur. Comme dans tout found-footage, on annonce que la vidéo qui suit appartient à la police du Nebraska. Pourquoi on nous la montre sera la question à cent mille euros sur laquelle on n’aura aucune réponse. Mais pire que cela, rien ne justifie le montage du film. A plusieurs reprises il y a des coupures et même des changements de points de vue sans transition. Donc, soit la police est forte en montage vidéo, ce qui pourrait s’assimiler à du trafic de preuve. Soit on nous prend pour des connards, et bizarrement, cette idée est plus vraisemblable que l’autre.

Mais le pire dans tout ça, c’est qu’il n’y a aucune recherche de mise en scène et de montée en tension. Le film joue en permanence sur le même ton, celui d’ados braillards et complètement cons, se gargarisant dans la moquerie et l’apparence. Ainsi, tous les clichés sont réunis, avec les moches qui font du théâtre et les beaux gosses qui font du sport. Et si The Visit de Shyamalan était un autre found-footage, il y avait vraiment une recherche de mise en scène et une réelle justification dans le montage. Gallows n’en a visiblement rien à foutre et ressemble plus à un film entre potes qu’un réel métrage travaillé en amont. Et quand on sait qu’ils se sont mis à deux pour faire cette daube, il y a de quoi sauter au plafond, s’y accrocher et tourner sa tête à 180° en gueulant: ta mère suce des bites en enfer. Et il ne suffit pas de mettre un filtre rouge pour susciter de l’angoisse et encore moins mettre un fantôme avec un masque de bourreau et une corde pour faire peur, le tout dans un montage hyper cut et ridicule, qui fait honneur à un sketch de Jean-Marie Bigard, puisqu’à un moment, on ne verra que les pieds des personnages.

Mais le film ne s’arrête pas là. Parce que si les acteurs sont très mauvais, à l’image de Reese Mishler dont c’est le premier long-métrage et qui surjoue à mort, les personnages sont la quintessence de la vacuité. C’est bien simple, il ne possède aucun background. Certes, ils sont le reflet de notre société du vide actuelle, toujours angoissés par leur apparence, mais le spectateur ne peut clairement pas s’identifier à eux, ni s’y attacher, puisque l’on ne sait rien d’eux et qu’ils n’ont pas d’épaisseur. Là où Guillermo Del Toro écrit huit pages par personnages pour les décrire (Crimson Peak), les réalisateurs de Gallows ont dû prendre un coin de serviette de table. Et on essaye tant bien que mal de rattraper le tout avec un twist débile sur une histoire de famille dont le fils n’était pas au courant et on obtient un gloubiboulga dégueulasse et désastreux.

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Constat calamiteux de ce qu’est en train de devenir le cinéma d’horreur contemporain, Gallows s’impose comme l’une des pires choses jamais réalisées. Profondément vide, aussi bien sur son fond que sur sa forme, le film n’interpelle aucunement le spectateur qui sera amorphe devant une production inutile et qui tient plus du film de fin d’étude pour ados dégénérés que de la vraie tentative de faire autre chose dans l’horreur. Bref, un film à éviter au plus vite qui risque de mettre tout le monde rouge de colère.

Note: 02/20

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Par AqME

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