Black Sea – Pour une Poignée de Lingots

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De : Kevin MacDonald

Avec Jude Law, Scoot McNairy, Ben Mendelsohn, Jodie Whittaker

Année: 2015

Pays: Angleterre

Genre: Thriller

Résumé:

Récemment renvoyé par sa société, un capitaine de sous-marin est embauché pour trouver un trésor gisant au fond de la mer.

Avis :

Il y a des voies inaccessibles, comme celle du seigneur, mais celle des distributeurs de film est encore plus obscure. Non pas qu’elle soit plus sombre que l’anus tant convoité d’un jeune enfant par un prêtre pédophile (euphémisme quand tu nous tiens), mais parfois, certains films ne sortent que sous format DVD ou Bluray, sans jamais passer par la case salle obscure (décidément !) alors que la qualité intrinsèque du film est mille fois supérieur à tout found-footage ayant des ayants droits pour aller dans les cinémas. Black Sea fait partie de ces films injustement boudés alors qu’ils pourraient très bien avoir sa place sur un grand écran. Kevin MacDonald doit d’ailleurs se demander s’il n’est pas maudit, puisqu’après de très bons films comme Le Dernier Roi d’Ecosse ou encore Jeux de Pouvoir, le petit fils d’Emile Pressburger n’a plus rencontré les salles avec ces deux derniers bébés, How I Live Now et Black Sea. Pourquoi ? Le mystère reste entier, surtout quand on voit le résultat et son premier rôle, Jude Law, relativement surprenant et juste.

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L’histoire raconte la vie brisée d’un homme travaillant dans les sous-marins. Il se fait renvoyer de son boulot à cause d’un plan économique et il n’a plus rien puisqu’il n’a pas la garde de son fils. Il se fait alors approcher par un homme riche qui lui propose de financer un grand projet, composer une équipe pour aller dans un sous-marin et récupérer des lingots d’or en pleine mer noire coincés dans un sous-marin nazi qui a coulé. Voyant là l’occasion de devenir riche et de faire un pied de nez à ses riches patrons, il décide de partir à la conquête de ce trésor en composant une équipe américaine et russe.

Oscillant constamment entre le film catastrophe et le thriller, Black Sea se révèle être un film étonnamment bon pour un DTV. Il faut dire que combiner Kevin MacDonald et Jude Law est assez prometteur et que son statut de DTV reste assez surprenant. Mais pour en revenir au film en lui-même, il propose une aventure en huis-clos, ce qui n’est pas évident, mais en plus, essaye d’introduire des thématiques humanistes et historiques. Autant dire que Black Sea est très ambitieux et qu’il relève ces défis d’assez belle manière, même si le métrage contient quelques défauts. On notera notamment quelques longueurs durant le film, où les enjeux ne sont pas très clairs et il n’est pas facile de tenir un huis-clos tendu sur quasiment deux heures. Ensuite, certaines réactions sont assez caricaturales et ne collent pas forcément à une certaine cohésion pour survivre. Les problèmes viendront à cause d’un personnage antipathique au possible, mais qui dans un sens, possède des fulgurances de lucidité, lui permettant d’être attachant avec d’autres personnages. Quoiqu’il en soit, établir un relationnel glacial entre russes et américains, rappelant bien évidemment la guerre froide, est plutôt intéressant, mais dans un univers où tout le monde doit s’entraider, c’est plutôt bizarre.

Fort heureusement, Kevin MacDonald rattrape le coup avec quelques personnages fort attachants et un Jude Law métamorphosé. Relativement humaniste sur son fond, le film propose une réflexion sur la folie de l’argent, mais aussi et surtout sur l’impact psychologique d’un licenciement par une grande boîte. Ainsi, le personnage principal va perdre le sens des responsabilités juste pour faire un grand doigt d’honneur à cette société qu’il l’a employé durant onze et qui le renvoie comme un mal propre. Cependant, l’homme va entrainer d’autres personnages brisés dans sa descente au plus profond de l’eau. Kevin MacDonald appose ce qui semble être un suicide comme une réponse au licenciement économique, ce qui pousse à réfléchir. Fort heureusement, le film ne baigne pas dans un pathos déprimant, affichant des bouffées d’air frais avec le personnage d’un ado qui va devenir père par accident et pour lequel Jude Law va se battre. Relation proche d’un père et de son fils, on ne peut qu’y voir une volonté de rédemption de la part du personnage principal, ce qui se révèle assez touchant. L’acteur est d’ailleurs remarquable dans ce rôle inhabituel pour lui, loin des beaux gosses aux yeux bleus et plus proche d’un capitaine rustre et taiseux. Il est étonnamment charismatique et s’impose face à des acteurs plus badass les uns que les autres. La fin du film se révèle être tout aussi surprenante, loin des schémas hollywoodiens et de tout standards du genre.

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Au final, Black Sea est une belle petite surprise qui remet en question tout le cheminement de distribution d’un film. D’une grande qualité graphique et scénaristique, il semble vraiment injuste qu’un tel film n’est pas connu les salles obscures pour une plus grande diffusion. Il faut juste espérer maintenant que les ventes soient à la hauteur pour redonner une chance à ce métrage dont le destin est absolument intolérable.

Note : 15/20

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Par AqME

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