septembre 24, 2020

La Vie en Grand

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De : Mathieu Vadepied

Avec Balamine Guirassy, Ali Bidanessy, Guillaume Gouix, Joséphine de Meaux

Année : 2015

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Adama est un adolescent de 14 ans. Il vit avec sa mère dans un petit deux-pièces en banlieue parisienne. Il est en échec scolaire même si c’est un élève prometteur. Avec Mamadou, plus jeune que lui, ils vont inverser le cours de leurs vies.

Avis :

« La vie en grand » est le premier long métrage de Mathieu Vadepied, mais pourtant le réalisateur est dans le circuit depuis un bon bout de temps. D’abord comme chef op, il a bossé pour Jacques Audiard, Xavier Durringer ou encore Nakache et Toledano, il est aussi scénariste, premier assistant et comédien à ses heures perdues. Pendant toutes ces années, Vadepied n’a pas oublié de réaliser et après deux courts-métrages et un documentaire sur Lionel Jospin, il arrive enfin à ce premier long métrage.

Sorti sur nos écrans il y a un mois tout juste, « La vie en grand » trouve peu à peu son public et s’accroche à ses salles, puisque le film est encore diffusé dans soixante-quinze salles en France. Ce qui est bien souvent regrettable avec les films sur les banlieues, c’est qu’on ne sait jamais trop à quoi s’attendre et bien souvent ça passe ou ça casse. Deux poids, deux mesures, les réalisateurs qui s’attaquent à ce « genre » peuvent soit être justes, on pense à Céline Sciamma, Jean-Paul Lilienfeld ou Laurent Cantet, soit rater l’essai et se vautrer dans les clichés. Je pense par exemple au film « Raï » ou encore « Petits frères« . Pour ce film, S’il est loin d’être parfait, il n’en reste pas moins agréable, et parlera des banlieues sur un ton juste et amusant.

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Adama, un adolescent de quatorze ans, vit avec sa mère dans une cité pourrie de la banlieue parisienne. Adama est un élève médiocre, mais pourtant, il a du potentiel. Un matin, il est convoqué dans le Bureau de la CPE. Cette dernière lui donne une dernière chance. Si jamais Adama n’a pas de meilleures notes et n’adopte pas un autre comportement, ce sera l’exclusion et c’est à ce moment qu’Adama se lance dans un petit business qui pourrait l’aider, mais pour cela, il a besoin du collège.

Comme dit plus haut, « La vie en grand » est loin d’être parfait, mais pourtant, malgré ses petits défauts, le réalisateur nous sert un premier film attachant qui délivrera un joli message positif. Et c’est justement cette « positive attitude » qu’adopte le film, qui le rend attachant et fait qu’on passe un moment sympa. Évitant les clichés habituels qu’on a trop l’habitude de voir sur les banlieues, Mathieu Vadepied va construire une histoire intéressante, qui contient beaucoup de points positifs. Le film nous montre une jeunesse qui fait des bêtises, bien sûr, mais dans l’ensemble, l’esprit est toujours positif, et l’on sent bien cette envie de sortir de ce milieu, et d’aspirer à autre chose et ça donne un certain espoir pour la suite. Le film démontre que personne n’est forcément condamné et qu’au milieu des banlieues, tout le monde n’est pas à mettre dans le même panier. Et cet esprit est d’autant plus renforcé par le ton juste qu’offre le réalisateur, alors même que parfois l’histoire peut paraître un peu grosse pour être vraiment convaincante dans tous ses aspects. Autre point intéressant et qui change, alors que bien souvent, l’école est montrée de façon négative et lourde, ici, on a le droit à un corps enseignant impliqué qui essaie avec les moyens du bord de composer comme il le peut. Et c’est peut-être ce qui est le plus réussi dans le film. Ayant grandi et étudié dans un lycée de banlieue difficile, je dois dire qu’enseignants et CPE ont réussi à évoquer des souvenirs vécus. On sent que Mathieu Vadepied a bossé son sujet en amont et son film porte résolument un autre regard qui est appréciable.

Puis enfin, le dernier bon point est forcément attribué à ces deux petits acteurs qui arrivent sans aucune difficulté à rendre leurs personnages amusants et attachants. Même quand le film va dans le cliché, car certains sont inévitables, ces deux gamins arrivent à nous amuser de par leur regard, leur complicité et leur envie de sortir de là et leur « panique » face à quelque chose qui les dépasse. Même si le film se concentre beaucoup sur le personnage d’Adama joué par Balamine Guirassy, la complicité des deux garçons est indéfectible et l’un ne vaut pas sans l’autre. Les deux gamins sont soutenus par un corps enseignant composé d’un Guillaume Gouix très concerné par son rôle de prof principal et d’une Joséphine de Meaux excellente en CPE. Un rôle d’ailleurs dans lequel on ne voit pas forcément la comédienne et pourtant elle s’en sort très bien.

Mathieu Vadepied n’a pas complètement réussi son film et « La vie en grand » est parcouru de petits défauts, dont le principal est l’énormité de son histoire qui parfois peut prêter à sourire. L’engrenage des gamins avec le dealer, sympa au départ, donne vite dans la démesure. C’est amusant, mais on reste aussi dubitatif. De temps à autre, certains rebondissements ne fonctionnent pas. Le film manque aussi de subtilité et biens souvent, on sent que c’est du premier degré et c’est dommage, car cela a eu pour conséquence de me sortir du film l’espace de quelques minutes. Et dernier point, qui est peut-être le plus dur, on se rend compte aussi que le film a des longueurs et qu’au final, on s’ennuie parfois. Le réalisateur arrive toujours à se rattraper et à nous rattraper, ce qui fait que son film est en accordéon, tour à tour ennuyant ou entraînant.

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Mais les défauts cités plus hauts, en fin de compte, sont vite oubliables grâce premièrement aux deux acteurs convaincants de ce film, j’ai nommé Balamine Guirassy et Ali Bidanessy, et deuxièmement, l’esprit en permanence positif que le film aborde. Un esprit que l’on ne voit que trop peu et qui vaut à lui seul le coup d’œil. En conclusion, « La vie en grand » est un bon film qui, sans être essentiel, vaut tout de même le déplacement.

Note : 13,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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