La Traversée de Paris

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De : Claude Autant-Lara

Avec Jean Gabin, Bourvil, Louis De Funès, Robert Arnoux

Année : 1956

Pays : France, Italie

Genre : Comédie Dramatique

Résumé :

Sous l’Occupation, Martin, brave homme au chômage, doit convoyer à l’autre bout de Paris quatre valises pleines de porc. Son acolyte habituel ayant été arrêté, il fait appel à un inconnu, Grandgil. Mais celui-ci se révèle vite incontrôlable et le trajet périlleux. Au terme de leur périple, Martin découvrira que Grandgil est un peintre connu qui s’est offert le luxe d’une petite aventure. Ils finiront par se faire arrêter et Martin paiera seul le prix de cette traversée.

Avis :

Claude Autant-Lara est un cinéaste français qui a commencé sa carrière en 1923 à l’âge de vingt-deux ans, et pendant presque cinquante ans, le réalisateur va nous offrir de petits chefs-d’œuvre qui resteront à jamais dans la culture française. Complice de Danièle Darrieux, de Louis de Funès, de Bernard Blier, de Francoise Rosay ou de Bourvil, Claude Autant-Lara n’a cessé de faire tourner les plus grands de l’époque, si bien qu’aujourd’hui, il est un cinéaste aussi culte que nécessaire.

Dans l’imposante filmographie de Claude Autant-Lara, il y a un film qui ressort. Ce film, c’est « La traversée de Paris » qui réunit ni plus ni moins, Jean Gabin, Bourvil et Louis De Funès. La traversée de Paris, même si nous ne sommes pas loin du chef d’œuvre, fait assurément partie des meilleurs films de son réalisateur.

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Paris est occupé par les Allemands et la résistance s’organise comme elle le peut. Alors que les nazis saisissent tout ce qu’ils peuvent, certains habitants de Paris développent un marché au noir très lucratif. Martin, un homme quelconque est au chômage et a bien du mal à s’en sortir. Il est de mèche avec Jambier, un boucher dont la cave regorge de trésors pour les papilles. Cette nuit-là, Martin doit traverser Paris d’un bout à l’autre avec des valises remplies de viande de porc, il lui faut donc un complice. Et ce complice, il va le trouver dans un bar. Il s’appelle Grandgil, il a une grande gueule et semble assez courageux pour défier les patrouilles. Ensemble, cette nuit-là, ils vont connaitre une traversée qui sera loin de tout repos.

« La traversée de Paris » est un film qui réunit trois monstres dont les dialogues sont tout simplement magiques. Ce qui est génial avec « La traversée de Paris« , c’est que le réalisateur arrive à faire de son film, au sujet ô combien difficile, une vraie comédie qui va peindre de manière assez virulente le monde du marché au noir et la petite « bourgeoisie » de l’époque. L’humour est noir et toujours bien placé, les répliques sont géniales, l’intrigue excellente et les rebondissements, pour certains, valent leur pesant d’or. Claude Autant-Lara s’amuse de l’occupation, pour rendre son film d’autant plus dénonciateur, comme la scène de Gabin insultant les clients d’un bar, ne bougeant pas face à l’ennemi. Je crois bien que c’est cette subtilité-là qui m’a plus captivé dans le film et surtout très surpris, car c’est aussi bien une comédie qu’un film engagé.

Ce qui est terrible aussi, c’est la reconstitution de ce Paris sous l’occupation. Le film d’Autant-Lara est une belle plongée nocturne dans la capitale. Une plongée à la photographie somptueuse, au rythme entraînant et cynique, peuplée de moments inoubliables partagés entre atrocité et comédie.

« La traversée de Paris« , c’est bien sûr ce duo d’acteurs immanquable, Jean Gabin et Bourvil qui nous font vivre cette traversée comme aucune autre. Les deux acteurs sont presque hilarants à toujours se chercher des poux, à se contredire et finalement ils sont partagés entre s’apprécier et se détester. Bourvil est au top dans le rôle du type honnête qui n’a trop rien demandé et qui n’aurait surement jamais autant pris de risque si l’époque ne lui avait pas forcé la main. Quant à Jean Gabin, il est impayable dans un rôle complexe, aussi détestable qu’attachant. Je suis reste un peu déçu de ne pas avoir eu le droit à un Louis De Funès plus présent. L’acteur est toujours aussi terrible et les trois scènes où il apparaît sont des monuments à elles seules, particulièrement son face-à-face avec Gabin.

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« La traversée de Paris » est assez violent psychologiquement, mais il s’est aussi avéré être un vrai bol d’air frais, qui m’a fait beaucoup rire, malgré les horreurs des situations que j’avais sous les yeux.

Note : 18/20

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Par Cinéted

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