octobre 27, 2020

L’Homme qu’on Aimait Trop

12067849_1170248702988537_1795005864_n

De : André Téchiné

Avec Catherine Deneuve, Guillaume Canet, Adèle Haenel, Jean Corso

Année : 2014

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

En 1976, après l’échec de son mariage, Agnès Le Roux rentre d’Afrique et retrouve sa mère, Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée à Nice. La jeune femme tombe amoureuse de l’homme de confiance de Renée, Maurice Agnelet, un avocat de dix ans son aîné. Maurice a d’autres liaisons. Agnès l’aime à la folie. Actionnaire du Palais de la Méditerranée, Agnès veut vendre sa part de l’héritage familial pour voler de ses propres ailes. Une partie truquée siphonne les caisses de la salle de jeux. On menace Renée. Derrière ces manœuvres guerrières plane l’ombre de la mafia et de Fratoni le patron du casino concurrent qui veut prendre le contrôle du Palais de la Méditerranée. Tombé en disgrâce auprès de Renée, Maurice met en relation Agnès avec Fratoni qui lui offre trois millions de francs pour qu’elle vote contre sa mère. Agnès accepte le marché. Renée perd le contrôle du casino. Agnès supporte mal sa propre trahison. Maurice s’éloigne. Après une tentative de suicide, la jeune femme disparaît à la Toussaint 1977. On ne retrouvera jamais son corps. Trente ans après, Maurice Agnelet demeure l’éternel suspect de ce crime sans preuve ni cadavre. Convaincue de sa culpabilité, Renée se bat pour qu’il soit condamné…

Avis :

Il y a quarante ans tout juste sortait le premier film d’un certain André Téchiné. Depuis, l’homme a fait du chemin et s’est illustré comme l’un de nos meilleurs réalisateurs. Sans faire de grandes vagues, André Téchiné, avec plus ou moins de succès, agrandit très régulièrement sa filmographie. Officiant toujours dans le drame, le réalisateur choisit de bons sujets et c’est souvent un ravissement que de voir l’un de ses films, encore plus quand celui-ci retrouve pour la septième fois son actrice fétiche, Catherine Deneuve.

On n’avait plus de nouvelles d’André Téchiné depuis août 2011, où le réalisateur avait présenté discrètement « Impardonnable« , un film réunissant Carole Bouquet et André Dussollier autour d’une histoire de disparition. Le cinéaste commençait à se faire attendre et le voici de retour en 2014 avec une nouvelle histoire de disparition, une disparition que la France entière a suivi de près avec un certain goût de mystère. Une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre au travers des années et qui n’a pas fini d’en faire couler.

12053403_1170248729655201_1734515486_n

1976, Agnès le Roux est une jeune femme pleine de vie qui rentre chez sa mère après un mariage désastreux. C’est là qu’elle va faire la connaissance de Maurice Agnelet, l’avocat de la mère d’Agnès. La jeune femme va alors entamer une liaison avec cet homme, qui de son côté est marié. Agnès ayant des gros problèmes relationnels avec sa mère veut à tout prix recevoir une part d’héritage qui lui est dû. Elle va alors se laisser convaincre par Maurice. Pour toucher cette part d’héritage, elle doit trahir sa mère. Mais cette trahison risque bien de lui faire tout perdre. Car peu de temps après avoir empoché un petit pactole, Agnès disparaît, laissant derrière elle les trois millions de francs qu’elle avait. On ne retrouvera jamais ni le corps d’Agnès, ni une preuve de vie, seul le mystère subsiste. Renée Le Roux, la mère d’Agnès, est persuadée qu’Agnelet a tué sa fille pour récupérer le magot.

Comme beaucoup de gens, j’ai entendu parler de l’affaire concernant la disparition d’Agnès Le Roux et la bataille que sa mère a faite pour que son meurtrier soit arrêté, jugé et emprisonné. Mais je ne connaissais que la moitié de cette affaire, et encore. J’étais donc content qu’André Téchiné en fasse une adaptation et nous donne quelques réponses, et le résultat, même s’il ne s’est pas avéré à la hauteur de mes attentes, principalement à cause d’un manque de souffle dans les personnages et le rythme, m’a quand même fait passer un bon moment et j’en ressors avec la sensation de mieux comprendre l’affaire, tout en ayant peu de réponses. Oui, car le réalisateur livre un film qui ne juge personne, pose ses questions, y répond pour certaines, sans pour autant l’affirmer et finalement, on quitte cet « Homme qu’on aimait trop » avec un petit goût de mystère bien venu. Et c’est le plus appréciable dans ce film. Les faits nous ont été exposés avec assurance, les « preuves » nous sont présentées, les personnages restent avec leur ambiguïté et c’est avec un bon sens de la subtilité que le réalisateur nous laisse nous faire nos propres conclusions. Et personnellement, c’est bien plus prenant que si l’on avait eu toutes les réponses. Dans un sens, on peut dire qu’André Téchiné a réalisé avec L’homme qu’on aimait trop, le film « parfait » sur cette mystérieuse et sombre affaire.

Après, le film d’André Téchiné ne s’est pas révélé aussi saisissant que prévu. Malgré le drame de l’histoire et la qualité des trois acteurs qui sont tous au top de leur forme (entre une Adèle Haenel qui est décidément l’une des plus belles révélations du cinéma français de ces dernières années, une Catherine Deneuve convaincante en femme de pouvoir déstabilisé et un Guillaume Canet froid et magnétique, on est servi…), je dois pourtant dire qu’à aucun moment j’ai été touché par les personnages. Alors que je m’attendais à être bouleversé par le personnage de Renée Le Roux, une femme pleine de remords, il n’en a rien été. J’ai suivi le film, sans grande surprise. Puis, André Téchiné, alors qu’il inscrit un bel univers, avec notamment une excellente reconstitution des années 70, m’a parfois lassé. Je trouve que son film s’attarde trop. C’est beau, c’est classieux, c’est vrai, mais ça manque de vie, de sentiments, finalement d’émotion. C’est vraiment dommage, car le réalisateur tient en ses mains un sujet en or et une affaire ô combien passionnante.

12055228_1170248739655200_1233519162_o

Alors peut être que j’en attendais trop… Mais au final, malgré le fait que j’ai passé un bon moment devant, j’en ressors quelque peu déçu. Le film est donc à voir tout de même, car il a plusieurs bons points, comme son casting impeccable, ou encore le fait que le réalisateur ne prenne aucun parti pris et relate tout en jouant sur le mystère à la fin, puis sa reconstitution est parfaite.

Note : 13/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.