Five Finger Death Punch – Got Your Six – Même Rengaine

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Avis :

Parmi les groupes au succès fulgurant, Five Finger Death Punch s’impose comme une référence. Formé en 2005 autour du guitariste Zoltan Bathory, le groupe signe un EP en 2007 et atteint rapidement le top 200 du Billboard. S’ensuit un succès qui ne s’essoufflera jamais, avec des albums qui sortiront tous les deux ans de manière régulière. Sauf qu’en 2013, le groupe, bourré d’idées, signe un double album avec The Wrong Side of Heaven et the Righteous Side of Hell, dont le premier album était vraiment bon et le second beaucoup moins. Bête de scène à l’attitude provocatrice, le groupe s’est taillé une réputation d’American Capitalist, misant plus sur une énergie que sur une certaine technique. Et c’est ce que l’on peut craindre sur ce sixième album, qui sort deux ans après le double effort de 2013 et qui semble montrer une certaine fainéantise de la part du groupe. Non pas que l’album soit mauvais, loin de là, mais il reste d’un classicisme absolu et montre que le groupe se contente du minimum pour complaire aux fans sans trop se positionner sur une démarche artistique innovante et à risque. Mais doit-on les blâmer pour autant ? Combien de groupes se sont reposés sur leurs acquis tout en continuant à surfer sur un succès assuré ?

Le skeud démarre avec Got Your Six, morceau éponyme de l’album. Les riffs sont hyper agressifs, la batterie scande un rythme de folie et Ivan Moody laisse éclater sa voix grave pour plus de puissance. Il en résulte un morceau très accrocheur, très vif, taillé pour la scène et qui met de suite l’auditeur dans l’album. Et ce sera le cas avec Jekyll and Hyde qui s’axe sur quelque chose de différent tout en gardant une rythmique démentielle rappelant par moments Slipknot. Le chant est plus parlé, d’une voix suave, enchainant sur une rupture chanté et un solo de gratte fort agréable de Bathory. Cette entame sera poursuivi ensuite avec d’autres morceaux tout aussi plaisant et sympathiques à l’écoute. Wash it all Away est très puissant dans ses couplets pour aborder un refrain ultra mainstream et entêtant Mais si le titre est bien foutu et savamment construit, il est symptomatique de l’ensemble du skeud. En effet, si le début est plutôt bien orchestré, on ressentira tout de même un certain laisser aller dans les compos. C’est-à-dire que le groupe se repose beaucoup trop sur ce qu’il sait faire, sur ce qui lui a assuré un succès planétaire, sans jamais prendre de risque ou s’essayer à d’autres choses. Il en résulte des titres beaucoup trop effacés ou qui ne restent pas en tête malgré leurs techniques irréprochables. Pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter Wash it all Away suivi de Ain’t my Last Dance, qui se ressemble comme deux gouttes d’eau dans leur structure.

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Mais le problème, c’est surtout sa ressemblance avec les deux albums précédents. Sous couvert d’avoir beaucoup d’idées de compos, le groupe se perd un petit peu dans une similitude inquiétante entre les titres Et il ne suffit pas de lancer un growl guttural sur un titre ou de faire une joie ballade pour rassurer tout le monde. Les featuring risqués de l’album The Wrong Side of Heaven and the Righteous Side of Hell Volume 1 ont disparu, laissant la place à des titres vite expédiés, bien foutus, mais qui présentent trop de facilités. C’est bien simple, les cinq derniers morceaux ne restent pas en tête et pire que cela, les riffs n’accrochent pas l’oreille. Sur le coup, c’est puissant, ça donne envie de headbanger, mais au final, cela s’oublie assez vite. Alors bien évidemment le groupe essaye par moments de lancer une idée, au milieu d’un titre, comme Question Everything, où on peut entendre une référence hispanique dans la gratte, mais cela ne sauve pas forcément le titre d’une redondance certaine. Et puis il y a les paroles. Certes, elles ne sont pas la première chose sur laquelle le français moyen s’intéresse, mais elles restent relativement patriotiques, marque de fabrique du groupe et s’amuse de temps à autre à sortir des insanités. Si cela n’apporte aucun intérêt, c’est encore pire lorsque l’on se rend compte que le groupe accumule quelques années de retard là-dessus. Reste aussi la longueur de l’album, qui fait moins de quarante minutes, ce qui semble très léger pour un groupe de cet acabit.

Au final, Got Your Six, le dernier album de Five Finger Death Punch, n’est pas une déception dans le sens où le groupe fait ce qu’il sait faire et ne trompe pas le fan, mais on ne peut s’empêcher de voir le groupe tourner en rond et fournir une galette remplie de facilités. Bien produit, accrocheur sur certains riffs, le groupe semble néanmoins moins inspiré qu’auparavant et livre une copie conforme des deux albums précédents. Sauf que si avant c’était novateur, cela ne l’est plus maintenant et on espère que le groupe n’est pas juste devenu une machine à vendre dans le métal.

  1. Got Your Six
  2. Jekyll and Hyde
  3. Wash it all Away
  4. Ain’t my Last Dance
  5. My Nemesis
  6. No Sudden Movement
  7. Question Everything
  8. Hell to Pay
  9. Digging my own Grave
  10. Meet my Maker
  11. Boots and Blood

Note : 15/20

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Par AqME

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