octobre 27, 2020

La Ronde de l’Aube – Anges Déchus

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Titre Original : The Tarnished Angels

De : Douglas Sirk

Avec Rock Hudson, Robert Stack, Dorothy Malone, Jack Carson

Année: 1958

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Dans les années 30, le pilote Roger Schumann, ancien as de l’aviation militaire, est prêt à tout pour reconquérir la gloire. La rencontre avec un jeune journaliste, Burke Devlin, au cours d’un meeting aérien, va peut-être lui donner une chance.

Avis:

Parmi les grands cinéastes des années 50, Douglas Sirk tient une place un peu à part dans le sens où il n’est pas aussi connu que ses pairs. Et pourtant, il a réalisé une pléthore de films, allant du film noir à la romance, et il est reconnu par les autres cinéastes comme l’un des plus grands réalisateurs de l’époque. Adulé par Godard, Douglas Sirk mérite d’être réhabilité, ou tout du moins pour les nouveaux cinéphiles. Fort heureusement, Elephant Films propose trois films du réalisateur dans des versions remasterisées pour notre plus grand bonheur. Et après avoir découvert une rareté avec Tempête sur la Colline, c’est au tour de La Ronde de l’Aube de passer à la moulinette. Entre le drame et la romance dans le milieu de l’aéronautique, La Ronde de l’Aube est un film magnifique mais qui, aujourd’hui, possède quelques problèmes de rythme.

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Dans les années 30, les pilotes de guerre se mettent à la course d’avions. Robert Schumann est une ancienne gloire et il est prêt à tout pour reconquérir le monde de l’aviation. Aidé par un mécano et sa femme, il rencontre alors Burke Devlin, un journaliste qui a le bras long et qui peut l’aider. Burke décide d’héberger tout ce petit monde et tombe sous le charme de la femme de Schumann. Cette dernière lui explique alors sa rencontre avec l’aviateur, sa grossesse accidentelle et les traits de caractère de son mari qui l’a épousé sur un jeu de hasard. Obnubilé par la recherche de sa gloire d’antan, Robert devient détestable voire dangereux, aussi bien sur terre que dans les airs.

Ce film de Douglas Sirk comprend tous les prérequis de ce que l’on attend d’un film des années 50. Il se dégage de ce film une ambiance forte appréciable et relativement bien travaillé, permettant aux personnages d’irradier de lumière. C’est d’ailleurs ce qui fait le principal point fort de ce film, qui oscille entre drame et romance, en gardant des relations ambiguës autour d’un trio amoureux. Trio amoureux qui ne sera jamais dans la démonstration de son amour, puisqu’un côté nous avons la retenue d’un amour interdit cause d’un mariage et de l’autre, nous avons un amour forcé pour éviter la honte populaire à une jeune femme. Douglas Sirk aborde donc cette relation avec finesse, élégance, sans jamais tomber dans le démonstratif, ce qui aurait fait tache dans un film se déroulant dans les années 30, où le puritanisme était bien ancré.

Le problème proviendra du personnage de Robert Schumann. Véritable obsédé de la reconnaissance, il s’agit d’un personnage avide, mesquin, et qui n’a pas peur de piétiner ses adversaires pour regagner le cœur du public. C’est un personnage intéressant, qui joue sur l’ambiguïté sur la fin du film, mais pour lequel on ne ressent aucune empathie. Cela ne serait pas problématique si ce n’était pas le seul personnage détestable, mais malheureusement, dans cette histoire, c’est le seul personnage qui n’a pas une once d’amabilité ou de reconnaissance. D’un autre côté, c’est un protagoniste complexe, mal dans sa peau et qui préfère la mort à la vie. On regrettera le peu de sentiments émanant de ce personnage, même lorsque la mort le frôle de très près ou la provoque.

Enfin, si la réalisation de Douglas Sirk est formidable, le film possède des problèmes de rythme. Les scènes aériennes sont relativement bien foutues et tiennent bien la route aujourd’hui encore. Il est d’ailleurs très étonnant de voir la façon dont sont filmées les scènes de course, surtout pour un film de la fin des années 50. Mais le problème réside dans un rythme lancinant qui peut perdre le spectateur. Si certains moments sont prenants ou intéressants, comme la rencontre entre la femme de Schumann et le journaliste, d’autres passages sont assez ennuyeux et n’apportent pas vraiment de grains à moudre à l’histoire. Alors certes, c’est beau et romantique à souhait, mais cela manque de consistance et les enjeux dramatiques sont assez amoindris par la prévisibilité des évènements.

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Au final, La Ronde de l’Aube est un très beau film, avec un sujet intéressant se basant sur un triangle amoureux, mais l’ensemble a tout de même un peu vieilli, notamment dans sa rythmique et dans ses propos. Si l’on appréciera la réalisation incroyable et le romantisme romanesque se dégageant de la pellicule, on restera tout de même déçu par le manque de profondeur de l’histoire et la présence d’un personnage trop détestable.

Note: 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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