Motörhead – Bad Magic – Not Bad At All

Motorhead-Bad-Magic

Avis :

Groupe mythique faisant partie de la nouvelle vague du heavy métal en Angleterre à la fin des années 70, Motörhead connait un succès fulgurant durant les années 80. Porté par son leader charismatique, le bassiste et chanteur Lemmy Kilmister, le groupe connait tout de même une baisse de régime et perd un peu de vitesse dans les années 90. Mais qu’importe le succès des ventes de disques, le groupe ne connait que la scène et enchaine concerts sur concerts jusqu’à épuisement. Et malgré le poids des années, le groupe semble inusable, inépuisable de par la force de caractère de chaque membre. Quarante ans après ses débuts, Motörhead continue d’exister et de faire des tournées dans le monde entier, entretenant un nombre de fans impressionnant et forçant le respect. Mais le groupe a-t-il toujours la fougue de la jeunesse ? Il faut dire que l’on peut être inquiet quand on voit l’état du frontman lors des concerts, qui écourte de plus en plus ses prestations à cause de maladies ou de fatigue. Deux ans après le très bon Aftershock, le groupe ressort un nouvel album, Bad Magic, qui célèbre les quarante d’existence de la formation. Et les fans seront grandement rassurés puisque ce skeud tient toutes ses promesses et montre un regain d’énergie incroyable.

Le skeud démarre avec Victory or Die qui rassure immédiatement. En effet, le groupe propose un morceau classique, nerveux, bien réalisé, bien structuré et avec un solo rapide mais vraiment bien exécuté. Le morceau est relativement court mais donne ce que l’on attendait d’un groupe comme Motörhead. Thunder & Lightning se repose sur les mêmes acquis mais partant sur un riff différent. Cela ressemble par moments à Ace of Spades, on peut craindre une certaine facilité dans la compo, mais globalement, le morceau fait son office et permet de bien headbanger sur un rythme endiablé. Néanmoins, si l’ensemble est étonnement énergique et montre que le groupe est en grande forme, il possède quelques points faibles. A commencer par une certaine répétitivité sur toute la longueur du skeud. Si les titres ne se ressemblent pas, ils sont bien souvent sur le même rythme et certains sont complètement effacés, comme par exemple When the Sky Comes Looking For You ou encore Teach Them How to Bleed. Ces morceaux sont très bien, rentrent bien dans l’esprit de Motörhead, mais ils sont tellement similaires que finalement, ils ne restent pas en tête et affaiblissent un peu l’ensemble du skeud.

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Mais le groupe est suffisamment intelligent pour ne pas faire la même soupe à chaque fois. Ce qui fait la qualité du groupe, outre son accessibilité et ses prestations scéniques, c’est qu’il ne renie à aucun moment ses modèles et fait toujours des références au rock ou au blues antérieur à leur musique. Ainsi Fire Storm Hotel fait de suite écho au rock américain emblématique de ZZ Top, utilisant les mêmes riffs et les mêmes références. On tombera aussi sur des influences plus bluesy, à l’image de la fin du morceau Teach Them How to Bleed, qui réutilise les impondérables du genre avec une finition guitare/batterie relativement classique du blues. On peut aussi féliciter le groupe de profiter de la faiblesse de voix de Lemmy Kilmister. Si son grain reste intact, on sent une certaine fatigue dans les cordes vocales et de ce fait, le groupe propose deux titres où Lemmy aborde un chant plus discret, moins forcé et donc plus suave. On pourra entendre cela dans Evil Eye, mais aussi et surtout Choking on Your Screams, un excellent titre qui montre l’intelligence du groupe mais aussi et surtout leur capacité à proposer quelque chose de différent. Bien entendu, on n’échappera à la ballade de l’album, avec Till the End, un bon titre, touchant et savamment orchestré pour devenir un futur hit en puissance avec un solo d’une efficacité redoutable. Enfin, référence parmi les référence, le groupe s’octroie même le plaisir de faire une relecture de Sympathy for the Devil des Rolling Stones, et il le fait avec une maestria nerveuse qui permet d’entendre une version à la fois différente et similaire, bien plus énergique tout en étant respectueux de l’œuvre originelle.

Au final, Bad Magic, le vingt-deuxième album de Motörhead, est plutôt un bon cru qui rassure sur l’état de santé du groupe, offrant un skeud énergique, référentiel et généreux. S’il n’est pas le meilleur du trio, il reste néanmoins ce qui se fait de mieux en ce moment dans le hard rock et le heavy, et cela, malgré les années qui s’accumulent et la fatigue qui commence à engourdir chaque membre, dont un Lemmy qui profite encore un peu trop des excès d’après-concert.

  1. Victory or Die
  2. Thunder & Lightning
  3. Fire Storm Hotel
  4. Shoot Out All of Your Lights
  5. The Devil
  6. Electricity
  7. Evil Eye
  8. Teach Them How to Bleed
  9. Till the End
  10. Tell Me Who to Kill
  11. Choking on Your Screams
  12. When the Sky Comes Looking to You
  13. Sympathy for the Devil

Note: 16/20

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Par AqME

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