Otep – Hydra

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Avis :

Bien souvent, les groupes américains possèdent le monopole du métal hardcore dans le monde. Bien loin en matière de métal symphonique ou encore de heavy métal, certains groupes se font remarquer par leur musique agressive ou encore par le charisme incroyable du leader du groupe. On pourra citer Limp Bizkit avec Fred Durst ou encore Korn avec Jonathan Davis. Autre point important, les femmes s’illustrent assez rarement dans ce genre, et il faut bien chercher pour trouver des nanas dans le domaine du métal, notamment au chant, comme Arch Enemy. Otep fait partie de ces groupes qui ont connu un succès rapide suite à un coup de pouce et à une force scénique incroyable. Le groupe se forme en 2000 autour de la chanteuse Shamaya Otep, qui est à la base une graphiste et touche-tout et qui décide de fonder un groupe de métal. Elle s’entoure alors de trois garçons pour former Otep, qui est l’anagramme de Poet, mettant en avant des passages parlés au milieu de chant violent. Hydra est le sixième album du groupe et il est sorti le 22 janvier 2013. Mais que recèle ce skeud au nom si épique ? Est-il toujours aussi violent comme semble le montrer la jaquette si aguicheuse ? Allons à la rencontre de cette bête à six têtes.

L’album commence, comme bien souvent, par une introduction simple, pesante, avec une ambiance presque marine, brumeuse et on voit de suite le fil rouge du skeud. En effet, on va vite partir dans l’horreur, dans quelque chose de gore, mais de malsain et d’insidieux. Il est assez rare de ressentir ce genre d’émotion quand on écoute un album de musique, mais il faut reconnaître ce talent là au groupe. S’ensuit alors un morceau bien violent, qui envoie du lourd avec Blowtorch Nightlight. Les guitares sont bien présentes et envoient du lourd et du gras. La troisième piste suivra d’ailleurs cette mouvance, en y ajoutant un air oriental en fond, et mettant en avant une rupture calme qui laisse présager un déluge de violence sur la fin. Seduce and Destroy est le meilleur morceau du groupe, le plus travaillé et résolument celui qui rentre le plus dans la tête. On retiendra aussi facilement le tube du skeud avec Apex Predator et son rythme lent, et son absence de saturation, mais laissant planer une ambiance incroyable et alliant à merveille  une latence métallique avec un aspect hip-hop. Malheureusement, il y a aussi des morceaux qui me semblent assez inutiles. En plein centre de l’album, nous avons droit à quatre morceaux, dont trois assez courts, où seule l’ambiance compte et où la chanteuse nous compte une histoire. Le pari est assez risqué et à moitié rempli car pour les non anglophones, la compréhension risque d’être difficile. Tout comme la grosse arnaque de fin, avec la piste Theophagy, qui annonce 22 minutes de morceau mais qui n’en contient de 6 minutes, avec une longue attente pour entendre un hurlement de Shamaya. Tout cela sent quand même l’arnaque pour le pauvre bougre qui espère un morceau caché. Heureusement, certains morceaux relèvent la barre comme Crush ou Feral Game qui contiennent leur lot d’agressivité et de riffs assassins.

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Au niveau du chant, on peut dire que la belle s’en sort à merveille. Avec une voix suave, alliant gémissement presque sexuel avec un chant enivrant, elle arrive à surprendre avec des hurlements dignes des plus grands chanteurs de métal. Elle possède d’ailleurs un véritable talent pour chanter, mais elle a aussi un talent de conteuse, réussissant, en lien avec des bruits de fond, à instaurer une ambiance malsaine comme les plus grands films d’horreur. Ainsi dans Voyeur, elle raconte l’histoire d’un garçon qui aime se filmer avec une webcam et qui torture des animaux, pour finir qu’elle a aussi une webcam et qu’elle va lui faire ressentir ce que ressentent ces pauvres bêtes. L’ambiance est là, seulement, on sera un peu dérouté par ce passage alors que l’on s’attend à de la musique. L’autre point important, c’est que j’aime l’horreur, c’est d’ailleurs ma passion, mais, quand c’est trop, c’est comme la guimauve, au bout d’un moment, on est écœuré. C’est un peu ce qu’il se passe avec Hydra, et les paroles parfois un peu grossières comme le Feed it, Fuck it, Eat it, Repeat it, qui revient dans deux morceaux, Theophagy et Feral Game et qui en fait un peu trop.

Au final, Hydra, le sixième et dernier album de Otep demeure assez déséquilibré. On sera ravi par des morceaux longs, violents et maîtrisés de bout en bout, comme on sera dérouté par le trop grand nombre de pistes où ça parle et raconte une histoire que l’on peut ne pas comprendre. Il en ressort néanmoins une ambiance impressionnante, glauque et malsaine et rares sont les groupes à avoir un univers si particulier et un fil rouge qi bien retranscrit, car l’hydre, cet être mythologique revient plusieurs fois dans l’album. Bref, un album qui risque de partager.

  1. Rising
  2. Blowtorch Nightlight
  3. Seduce and Destroy
  4. Crush
  5. Hematopia
  6. Necromantic
  7. Quarantine
  8. Voyeur
  9. Apex Predator
  10. Feral Game
  11. Livestock
  12. Hag
  13. Theophagy

Note : 13/20

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