Bon Jovi – Burning Bridges – Le Temps de la Retraite

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Avis :

Il y a des artistes qui arrivent les portails du temps malgré une musique que l’on peut qualifier de banale. Et on ne parle pas forcément de musique commerciale ou pop qui passe sans arrêt à la radio. Prenons un exemple tout simple, le rock. Si les plus grands groupes sont aujourd’hui, ou éteints, ou sur le départ à la retraite, d’autres formations semblent inépuisables et livrent pourtant depuis des années la même rengaine sans jamais essayer de se renouveler. C’est exactement le cas de Bon Jovi. Porté par son leader Jon Bon Jovi, le groupe a su traverser les âges et cela depuis les années 70. C’est d’ailleurs le seul groupe qui a résisté à l’invasion grunge dans les années 90, continuant à vendre une pelletée de disques à travers le monde. Et pourtant, rien n’est plus classique que le rock vendu par Bon Jovi. D’ailleurs, il s’agit de l’un des groupes les plus détestés par certains puristes et amateurs de sons plus expérimentés. Il faut dire que l’aspect commercial hyper prononcé de chaque album et la redondance des tubes a tendance à faire grincer des dents. Et on aurait pu croire que le groupe allait se reposer sur ses lauriers et sur la monnaie engrangée depuis le hit It’s My Life, qui résonne comme une rengaine cauchemardesque pour tous les trentenaires amateurs de MTV. Et bien non, car le groupe a décidé de faire plaisir aux fans en sortant un treizième album, qui leur sera bien destiné, puisque ce skeud, nommé Burning Bridges sera du Bon Jovi tout craché.

Le skeud débute avec A Teardrop to the Sea et annonce déjà l’album dont on va avoir droit. C’est très calme, avec une ligne de basse, une guitare en arrière, une batterie discrète et la voix du chanteur bien mise en avant. Il s’agit d’un schéma classique d’une facilité accablante, où la prise de risque est minimale, ne recherchant pas des accords pour aller avec le couplet. Mais à la rigueur, ce morceau se révèle plutôt agréable, notamment grâce à un aspect mercantile pas trop apparent, et cela malgré le côté « pour toi, femme », et un solo de guitare très correcte. Malheureusement, cela sera de courte durée, puisque les trois morceaux suivants seront des hits en puissance pour la radio. Non pas que cela soit rédhibitoire et signifie que tout ce qui passe à la radio sent la merde (un peu quand même), mais techniquement, c’est pauvre, et en plus de cela, c’est toujours la même rengaine. C’est le principal reproche que l’on peut faire à ce skeud, et à Bon Jovi depuis des années, c’est l’absence totale de prise de risque et de s’essayer à un rock plus dur ou alors moins axé sur la communication. Et que ce soit avec We Don’t Run ou Saturday Night Give me Sunday Morning, on ne ressent vraiment aucun effort. Alors c’est bien de faire des clins d’œil aux fans, mais les temps sont durs pour l’industrie du disque et ce n’est pas avec ce genre de morceaux que cela va attirer d’autres oreilles.

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Mais peut-on reprocher à un artiste de faire ce qu’il fait de mieux ? Bien sûr que non, mais il y a une chose très agaçante dans ce skeud, c’est son côté presque machiste. C’est-à-dire que les paroles sont toujours les mêmes, et s’adressent principalement aux gonzesses. Certes, les trois quarts des titres de rock sont à direction des femmes, mais là, on flirte l’obsession, et ce n’est pas notre faute si Bon Jovi n’a pas niqué depuis des années. A titre d’exemple, on peut prendre Blind Love, qui est d’un vide abyssale et qui parle d’amour avec un grand A et sans les yeux. Le problème, c’est qu’entre ça, les morceaux façon James Bond comme Who Would You Die For, et les titres fantômes (We All Fall Down), l’album, dans sa globalité, ne propose rien de bien alléchant, sorti de quelques passages dans certains morceaux, comme un solo de quelques secondes ou ne bonne idée perdue dans un marasme commercial. Alors il reste la dernière piste, plus intéressante que les autres, puisqu’elle semble être enregistrée sur le live en acoustique. Mais comment ne pas y voir un morceau rajouté pour se dédouaner de l’aspect mercantile et faire du pied aux mauvaises langues en disant, on est un vieux groupe, on fait ce qu’on veut et on t’emmerde en mettant un truc complètement en désaccord avec le reste du skeud.

Au final, Burning Bridges, le dernier album de Bon Jovi, est une jolie déception tant le groupe peine à se renouveler et à proposer quelque chose d’original. Redondant dans ses rythmiques, dans ses paroles ou encore dans sa façon de faire, le groupe, culte pour certains, se retrouve à faire la même soupe depuis les années 2000 et n’arrive pas à sortir d’un carcan mercantile détestable. Mais en plus de cela, il est fort à parier que ce rock-là fait de l’ombre au rock plus technique, plus sincère, et c’est bien dommage.

  1. A Teardrop to the Sea
  2. We Don’t Run
  3. Saturday Night Give me Sunday Morning
  4. We All Fall Down
  5. Blind Love
  6. Who Would You Die For
  7. Fingerprints
  8. Life is Beautiful
  9. I’m Your Man
  10. Burning Bridges

Note: 08/20

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Par AqME

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