mars 2, 2021

Le Transporteur Héritage – Panne Sèche

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Titre Original : The Transporter Refueled

De : Camille Delamarre

Avec Ed Skrein, Ray Stevenson, Loan Chabanol, Gabriella Wright

Année: 2015

Pays: France, Chine

Genre: Action

Résumé:

Frank Martin, un ex-mercenaire des forces spéciales, est aujourd’hui spécialisé dans le transport de colis top secrets pour des clients pas toujours recommandables.
Alors que son père lui rend visite dans le Sud de la France, Frank se retrouve entraîné dans un braquage par Anna, cliente mystérieuse et manipulatrice, et ses trois partenaires. Précipité au cœur d’une vendetta impitoyable menée par ces quatre femmes fatales, et tandis que l’ombre de la mafia russe plane sur la Riviera, Frank devra plus que jamais faire appel à ses talents de pilote et de séducteur.

Avis:

On aura beau le détester comme l’aduler, il faut savoir reconnaître en Luc Besson une certaine capacité à s’adapter à l’ère du temps. Ne réalisant que sporadiquement, se faisant haïr par les critiques depuis qu’il a arrêté de faire des films pour faire du cinéma, le cinéaste produit plus que de raisons et essaye tant bien que mal de concurrencer le cinéma d’action américain. Peut-on le blâmer d’essayer de faire un cinéma qui bouge en France? Bien sûr que non, mais le problème, c’est lorsque les productions commencent de plus en plus à ressembler à du téléfilm de luxe. Le Transporteur a connu une première trilogie qui a rapporté un pognon monstrueux. Et alors que la série est encore en cours pour une deuxième saison, Luc Besson a décidé de rafraîchir le personnage et de lui offrir une nouvelle jeunesse. C’est ainsi qu’est né ce nouveau film, Héritage, qui sonne comme une préquelle et comme un reboot. Mais comme le film ne sait pas véritablement choisir, l’ensemble sera forcément brouillon et médiocre.

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Franck Martin est un transporteur spécifique qui est spécialisé dans les transports à haut risque ou illégaux. Suivant un code très strict, il est réclamé par de nombreuses personnes. Il décide d’accepter le contrat d’une jolie jeune femme. Il se retrouve alors mêlé dans une affaire de vol pour un maquereau russe surpuissant, ayant fait main basse sur la prostitution niçoise. Alors que Franck s’apprête à couper court à la mission, la jeune femme (et ses trois alliées) lui montre son père attaché sur une chaise. Il n’a plus le choix, s’il veut retrouver son père vivant, il doit mener l’enquête jusqu’au bout.

La base du Transporteur était de présenter un personnage mystérieux, taiseux et qui avait une certaine rigueur. Dès le début de ce film, la première trilogie est reniée à cause d’un personnage moins fort, mais surtout moins charismatique. Outre le changement d’acteur qui fait mal, le scénario se base essentiellement sur la relation père/fils. Le but étant d’humaniser Franck Martin, chose qui a déjà été faite sur le troisième volet. Seulement, cela ne marche qu’à moitié, puisque visiblement cette relation ne marche qu’en guise de vannes et que l’on ne sent pas une grande complicité entre les deux protagonistes. En fait, si on analyse tous les personnages du film, il manque une chose essentielle, les sentiments. C’est hallucinant de voir comment un film peut se planter sur les ressentis de se personnages. Si l’on peut passer certaines réactions qui semblent ubuesques (la nana qui perd ses trois copines et qui ne verse pas une larme), il est difficile de ressentir la moindre chose pour le transporteur, mais aussi pour la fille qu’il aide. Et Camille Delamarre force l’empathie en proposant de long plan inutile sur des réconciliations aussi superflus qu’éphémères.

En parlant de plans, on peut aussi reprocher la réalisation complètement hachée du film. Déjà responsable de Brick Mansions, le remake de Banlieue 13 et issu de l’école Luc Besson, Camille Delamarre ne sait vraiment pas quoi faire avec sa caméra. Tant et si bien qu’il y a un changement de plan à la seconde. Le film, assez court, dispose d’un montage épileptique mais qui pourtant ne scotchera pas le spectateur à son fauteuil, bien au contraire. Entre des séquences de combat illisibles à cause d’une mouvance de caméra inadaptée (pourquoi tourner en rond sans arrêt pour filmer un combat dans une pièce?) et un manque flagrant d’idée dans la mise en scène de certains passages, on regrette amèrement Louis Leterrier derrière la barre. Mais pire que ça, le film n’est pas du tout inspiré, essayant vainement de filmer un combat dans un couloir avec des tiroirs ou de bloquer deux hommes avec une bouée de sauvetage. La palme revenant à cette séquence de fin où le héros saute à jet-ski et réussi à passer à travers la vitre d’une voiture dans un moment complètement halluciné où le réalisateur a dû lâcher les vannes.

Enfin, et c’est peut-être la pire des choses, le film ne trouve jamais le bon ton. Si l’humour n’était pas ce qui caractérisait la saga originelle, il y avait tout de même quelques moments marrants, surtout dans le premier, avec la présence du commissaire Tarconi (François Berléand). Dans ce reboot, la volonté de mettre de l’humour est omniprésente mais ne colle absolument pas au ton principal du film. Du coup, le film se veut sérieux, mais ne se prend pas au sérieux, créant une déchirure de ton pour parvenir à un néant gênant mettant mal à l’aise le spectateur. Et ce n’est pas la seule chose qui mettra mal à l’aise, puisque l’on pourra aussi noter un machisme prédominant, présentant la femme comme une femme objet, qui n’a que son corps pour faire-valoir. Et oui, mettre des femmes en héroïnes ne suffit pas à rendre le film féministe, il faut aussi éviter les clichés de rappeurs et surtout, ne pas les mettre dépendantes du héros.

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Au final, Le Transporteur Héritage est certainement ce qui se fait de pire dans le cinéma d’action. Entre une réalisation clipesque frénétique, un scénario au rabais qui enchainent les incohérences ou encore des acteurs brillant par leur fadeur, on ne peut pas dire que ce reboot soit vraiment une bonne idée. D’autant plus que la saga était portée par les larges épaules de Statham et que Ed Skrein ne peut supporter un tel poids. Bref, un très mauvais film qui n’arrive pas à choisir entre un délire assumé et un film d’action sérieux, laissant le spectateur pantois devant une telle absence de prise de risque.

Note: 03/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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