octobre 27, 2020

Hitman Agent 47 – Chauve Vain

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De : Aleksander Bach

Avec Rupert Friend, Hannah Ware, Zachary Quinto, Ciaran Hinds

Année: 2015

Pays: Etats-Unis, Allemagne

Genre: Action

Résumé:

L’histoire d’un assassin génétiquement modifié pour être la parfaite machine à tuer. Sa dernière cible est une multinationale dont l’objectif est d’obtenir le secret du passé d’Agent 47 pour créer une armée de tueurs dont les pouvoirs surpasseront même les siens. Faisant équipe avec une jeune femme qui détient peut-être un secret permettant d’affronter leurs puissants ennemis clandestins, 47 fait face à des révélations étonnantes concernant ses origines et se prépare à se battre avec son adversaire le plus redoutable.

Avis:

Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. Par exemple: pourquoi rebooter un film dont l’original n’a pas bien marché au cinéma? Quel est le but d’un reboot? On peut trouver à cela plusieurs explications, mais la plus évidente est de remettre au gout du jour un film qui semble dépasser ou alors une saga qui n’a plus vraiment ses marques dans l’époque à laquelle nous vivons. Néanmoins, on peut voir aujourd’hui une nouvelle raison pour rebooter un film ou un univers, c’est de le rendre plus attractif, de faire table rase du passé pour relancer un projet dans lequel on fonde un espoir. C’est en 2007 que Xavier Gens avait proposé sa première version cinématographique du jeu vidéo Hitman. Et on aurait pu en rester là puisque le film fut un échec en plus d’être relativement mauvais. Mais il faut croire que les voies du cinéma sont impénétrables et c’est presque dix ans plus tard que surgit un reboot qui s’inspire du dernier jeu sorti, Hitman Absolution.

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L’agent 47 est un tueur provenant d’un projet scientifique visant à créer des super soldats sans sentiments ni remord. Sa mission est d’éliminer deux personnes, dont la fille du projet. Mais alors qu’il s’apprête à faire son office, un homme s’interpose pour la protéger. Il s’agit de John Smith, un agent du Syndicat, qui cherche le père de la fille et compte bien l’utiliser. C’est alors que l’agent 47 va prendre en chasse la fille et l’autre agent pour découvrir la vérité sur le syndicat.

Premier film d’Aleksander Bach, on ne peut pas dire que le film soit un requiem. Bien au contraire, on a plus la sensation d’avoir à faire à un clip de musique électro durant une petite heure et demie. Il faut dire que d’entrée de jeu on est mis dans le bain avec une présentation high-tech et un pitch complètement à la ramasse. On nous parle des agents secrets, on montre une première mission rondement menée par l’agent 47, puis arrive la mission principale. On se rend très vite compte qu’aucun personnage ne va être attachant, ce qui plombe de suite les enjeux dramatiques. Entre la sûreté de Zachary Quinto, le mutisme de l’agent et les pleurnicheries de la nana, personne n’est réellement attachant ou tout du moins normal.

En effet, dans ce film, tout le monde possède une sorte de superpouvoir. Si l’agent 47 est bien évidemment très doué dans le meurtre, le méchant du film possède un atout de taille et la jeune fille a des dons de prémonitions lui permettant de s’échapper pour survivre ou d’aider l’un des personnages. Si tout cela était bien présenté et bien amené, on pourrait ne rien dire, malheureusement, le film se vautre dans la facilité, y ajoutant de l’humour, chose que l’on ne voit pas dans le jeu vidéo et qui est absolument hors de propos. En fait, sur le plan scénaristique, on est face à un pitch de chez Asylum mais avec un max de pognon pour produire et réaliser.

Et c’est bien dommage que l’histoire soit si obscure et débile, car on peut sentir que le cinéaste en a sous le capot. Certaines scènes de baston sont plutôt claires et le rythme du film est bon, malgré de grosses baisses de régime. Et ces baisses de régime sont clairement ce qui fait le plus défaut au film. Non, parce qu’aligner trois phrases sur la nécessité des sentiments et le fait que ce sont les actions qui font la personne, merci bien la philosophie de comptoir. D’autant plus que certaines répliques semblent provenir d’autres films tant elles font resucées. Il n’y a pas de problèmes à avoir des références, mais il faut savoir les digérer, comme le nom du méchant dans le film qui se nomme John Smith et qui fait de suite écho à Matrix. Parlons-en des méchants aussi, parce que si Rupert Friend qui joue l’agent 47 est aussi expressif qu’une moule farcie, on peut dire que c’est la monstrueuse parade pour les vilains. Ils sont tous dans la caricature, allant de celui qui joue double-jeu mais qui est indestructible et du manitou dans son bureau blanc, on pourrait se croire dans un mauvais épisode de L’Inspecteur Gadget. Il ne manque plus que le chat.

Enfin, on peut aborder le film sous un aspect plus technique. En fait, il manque vraiment du liant entre chaque scène pour que le film prenne une bonne forme. On a vraiment la sensation de voir un clip musical hyper cut avec des moments qui ne se suivent pas forcément. Le montage n’est pas terrible, mais en plus de cela, on sent que la réalisation n’est pas au point malgré quelques fulgurances un peu répétitives. On peut parler de l’intro qui montre deux types qui tombent et se fracassent contre des garde-fous avant de retomber encore. C’est marrant une première fois, mais au bout d’un moment, ce n’est plus drôle. Et puis les clins d’œil appuyés au gamers, c’est d’une lourdeur abominable, surtout que cela ne sert pas le film, bien au contraire.

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Au final, Hitman Agent 47 n’est pas un bon film, loin de là. Si on imputait la faute à Xavier Gens sur le premier métrage de servir un film horripilant celui-ci avait au moins l’audace d’être gore et de vouloir un spectacle honnête. Dans ce reboot, tout sent le pognon jeté par les fenêtres pour des effets de style agaçants et inutiles et un scénario brouillon. Certes, il y a certains effets gores là aussi, mais ils sont très vite éludés au profit de CGI dégueulasses, rétrogradant le film à l’état de navet de luxe. Pour l’instant, Aleksander Bach n’a pas fait de symphonie.

Note: 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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