La Bataille du Rio de la Plata

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Titre Original : The Battle of River Plate

De: Michael Powell et Emeric Pressburger

Avec John Gregson, Anthony Quayle, Ian Hunter, Lionel Murton

Année: 1956

Pays: Angleterre

Genre: Guerre

Résumé:

Un bateau allemand a pour mission de couler le plus de navires alliés possible quelques jours avant le commencement de la Seconde Guerre Mondiale. Il détruit notamment un pétrolier anglais dont les nazis capturent le commandant. La flotte anglaise envoie donc trois bateaux pour les traquer et libérer le prisonnier.

Avis :

Après avoir un peu découvert avec passion et émotion les années 40 du duo britannique, j’avais envie de voir un film plus récent des deux réalisateurs, histoire de m’assurer qu’ils restent étonnants et bons avec les années et encore une fois, j’ai beaucoup apprécié le spectacle.

La Seconde Guerre Mondiale est une période de l’histoire qui fascine les réalisateurs depuis toujours et l’on ne compte plus les films qui l’abordent de près comme de loin et ça dès qu’elle a eu lieu. En l’espace des six ans qu’elle a duré, il s’est passé tant de choses, tant de faits, que l’on pourrait se pencher sur n’importe quelle bataille, n’importe quel élément pour en faire un film et c’est ce qu’on fait le duo de réalisateurs britanniques en rapportant à l’écran ce fait et cette bataille qui eut lieu le 13 décembre 1939, dans un estuaire situé entre l’Argentine et l’Uruguay. Avec « La bataille du Rio de la Plata« , les Britanniques ont encore une fois réalisé un excellent film, visuellement dément, offrant des scènes de batailles navales étonnantes pour l’époque, même si je dois dire quand même que le film a quelque peu vieilli.

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Bien avant que la France, l’Angleterre et même les Etats-Unis n’entrent en guerre, Hilter avait envoyé en toute discrétion un cuirassé de poche afin de détruire les futurs navires ennemis qui allaient d’ici peu entrer en guerre. Pendant plusieurs jours, le commandant de ce navire a coulé les bateaux de la flotte anglaise sans trop éveiller les soupçons. Rassemblant des indices et des éléments, le commandant Harwood arrive à deviner où le navire allemand risque de se rendre et c’est avec l’aide de deux autres bâtiments de l’empire britannique que la bataille va avoir lieu en plein Océan Atlantique sud.

Faire un film sur l’une des premières batailles navales de la Seconde Guerre Mondiale n’était pas chose facile et ce sont les deux génies de l’image, Michael Powell et Emeric Pressburger, qui s’y collent pour un film qui sera aussi bien un divertissement qu’un film à limite du documentaire et dont je suis ressorti avec la savoureuse sensation d’en savoir un peu plus sur cette guerre.

« La bataille du Rio de la Plata » est un film très plaisant à suivre, car les deux réalisateurs prennent le temps de bien exposer les faits. Comment, pourquoi et dans quel but le tyran allemand a-t-il envoyé ce navire et prémédité les ripostes ennemies ? Alors que le film aurait pu être un film à la gloire de l’Angleterre, les deux réalisateurs ont privilégié l’humain plus que la caricature du méchant nazi, ce qui donnera un côté très attachant au personnage du capitaine du Cuirassé, mais aussi à son équipage.

Le film est très bien conçu et s’appuie sur les témoignages de survivants et autres témoins de cette bataille. Divisé en trois grandes parties, chacune d’elles est très intéressante et impeccablement filmée. L’entrée en matière est passionnante autant qu’elle est intrigante, n’ayant pas l’habitude de voir des allemands aussi « gentils », j’ai trouvé que le film développait un certain mystère, un peu comme si le pire était à venir. La deuxième partie est impressionnante, car c’est la bataille en elle-même qu’on va suivre. Tactique d’attaque, assauts et pertes humaines sont au rendez-vous de cette reconstitution qui tient encore le coup face au temps. La force de ce film, c’est que les deux réalisateurs ont essayé de tourner le plus possible sur de vrais navires. Les images sont donc impressionnantes, particulièrement les scènes où les navires sont lancés à grande vitesse. Les effets spéciaux ont vieilli bien sûr, et toutes les scènes tournées en dehors des navires ressortent, ce qui pourrait en rebuter certains, mais personnellement, je trouve que cela donne un certain charme à ce film. Et enfin, il y a après la bataille, quand le capitaine du cuirassé s’est retrouvé piégé dans le port du Rio de la Plata. Cette partie est terriblement intéressante, car elle montre un côté que l’on connait peu de la guerre, que les films abordent peu, car le Cuirassé pose l’ancre en terrain neutre. Que va-t-il se passer ? Comment le capitaine peut-il s’en sortir ? Quelle décision prendre ? Les deux réalisateurs installent beaucoup de suspens et laissent monter une bonne tension, jusqu’à ce dénouement final imprévisible. Comme je ne connais pas cette histoire, je suis resté aussi surpris que les personnages eux-mêmes. Et la reconstitution ne s’arrête pas à la bataille elle-même et l’on pourra aussi noter que ce film jouit d’une très belle reconstitution dans ses décors. Les cabines des bateaux, les ponts ou encore les costumes, Powell et Pressburger ont du budget et ça se voit à l’image.

Les acteurs sont convaincants dans leurs rôles. J’ai aimé le petit côté décalé que le film aborde parfois. Alors que la bataille bat son plein, il règne sur ces navires une sorte de bonheur que j’ai apprécié. J’ai même souri plusieurs fois face à l’humour typiquement britannique bien placé. J’ai beaucoup aimé découvrir Anthony Quayle dans la peau du capitaine Henry Harwood. Ou Peter Finch dans celui du capitaine du vaisseau opposé. À noter qu’au casting, on trouve aussi Patrick Macnee et Christopher Lee.

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Ce n’est pas celui que j’ai préféré des deux réalisateurs, on est loin des chefs d’œuvre que j’ai vu précédemment, les deux réalisateurs ayant mis la barre très haute, mais j’ai beaucoup aimé cette « Bataille du Rio de la Plata« . Entre reproductions impressionnantes, divertissement et instruction, le duo Powell/Pressburger a encore une fois frappé un bon coup et j’en ressors plus cultivé et peu de films m’ont offert cette sensation. C’est donc encore un film du duo à découvrir.

Note : 14/20

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Par Cinéted

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