octobre 18, 2021

L’Odyssée de Pi

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Titre Original: Life of Pi

De : Ang Lee

Année: 2012

Avec : Suraj Sharma, Irfan Khan, Ayush Tandon, Adi Hussain, Tabu, Rafe Spall, Gérard Depardieu

Genre : Aventure, Drame, Fantastique

Pays : Etats-Unis

Scénario : David Magee d’après le roman de Yann Martel

Résumé :

Pi vit son enfance à Pondichéry, en Inde, avec ses parents dont le père est directeur d’un parc zoologique. Mais un jour, à ses 17 ans, son père décide de déménager au Canada. Ils embarquent alors à bord d’un cargo avec les animaux, malheureusement lors de la traversée de l’océan Pacifique une terrible tempête éclate et le Cargo fait naufrage … Le jeune-homme se retrouve seul avec certains des animaux sur une barque. Ici débute la magnifique « Odyssée de Pi ».

Avis :

Le film s’ouvre sur les animaux du zoo, sur une musique très douce, calme et agréable aux accents orientaux, ensuite nous retrouvons un homme dans sa cuisine, préparant un repas pour lui et son invité, nous découvrons Pi à l’âge adulte. D’emblée il nous paraît une personne fort sympathique, calme et qui impose un certain respect. Son invité est un écrivain, à qui notre héros va raconter son incroyable aventure et bien au-delà une véritable leçon de vie, une manière différente du commun pour aborder les choses (bonnes ou mauvaises). Ainsi commence la grande aventure…

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Tout d’abord nous est présenté l’enfance à Pondichéry d’un jeune garçon allant à l’école comme beaucoup d’autres et découvrant petit à petit la vie. A la différence que Pi est une personne bien différente des autres, faisant face aux moqueries et autres difficultés de façon très mature (ex : Pi se nomme en fait Piscine Molitor Patel, donc vous imaginez bien les jeux de mots et autres moqueries interminables ) non en se plaignant inutilement ou répondant par la force mais au contraire de manière intelligente, toujours calme et posé (ex : pour son nom il apprend par cœur le chiffre Pi et en expliquera, lors d’une présentation des élèves de la classe, les origines etc …). L’importance de ces séquences est bien plus probante qu’il n’y paraît pour la suite de l’histoire et de la fameuse Odyssée, car en effet nous savons d’emblée que Pi est un garçon de caractère qui se révèle être curieux, intelligent, généreux, d’une grande ténacité et surtout d’un courage incroyable (comme nous le montre une scène avec le tigre nommé ‘Richard Parker’).

A peine les premières images dévoilées qu’une chose peut-être envisagée, nous allons avoir le droit à une très très bonne expérience en 3 dimensions. Et effectivement, tout au long du film cela fonctionne à merveille, qu’il s’agisse de moments aux enjeux dramatiques, magiques, ou fantastiques, comme une ‘tempête’ de poissons volants, des immersions sous la mer en présence d’autres créatures, d’une île peuplée de suricates, du naufrage … ou de simples moments de la vie quotidienne tels des repas ou des passages à la piscine (d’où Pi tirera son nom). A chaque instant, cette 3D est terriblement bien exploitée et implique pleinement le spectateur, qui même une fois habitué, en remarque toujours pleinement la présence, que ce soit dans ses instants les plus merveilleux, où elle est juste hallucinante, ou dans les instants plus ‘anodins’ (mais dont les scènes sont importantes et servent le récit). Une 3D exceptionnellement immersive, sans pour autant vouloir en jeter gratuitement plein à la face et pensée de manière à impliquer encore plus fortement son spectateur à l’histoire, pour vivre le plus intensément possible celle-ci ! Et il y a un sacré travail de réflexion qui a été fourni en la matière, Ang Lee n’hésitant pas à modifier le format de l’image en certains instants renforçant encore cette impression de proximité. Au final, la meilleure expérience en 3 dimensions que j’ai pu avoir au cinéma !

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En dehors de cette 3D exceptionnelle, le film est visuellement mis en valeur grâce à une superbe photo, les paysages de cet océan sont à la fois enchanteur et inquiétant, d’une grande richesse poétique et onirique, des nuits illuminées par des milliers de méduses, à une île inquiétante changeante d’humeur le jour et la nuit comme l’humain (d’ailleurs celle-ci à une forme bien précise), en passant par une mer couleur or au calme surprenant.

Le tout mis en valeur bien sûr par la photo de Claudio Miranda, mais aussi par des idées de mises en scènes surprenantes et faisant ressortir de la plus belle et non vulgaire manière la fameuse 3 dimensions (je pense entre autre à la piscine).

Très bon aussi est l’acteur de Pi âgé, Irfan Khan (ayant participé essentiellement à des productions indiennes avant de se voir confier des rôles dans des films comme « Un cœur invaincu » de Michael Winterbottom, 2005, « The Darjeeling limited » de Wes Anderson 2007, « Slumdog Millionaire » Danny Boyle 2008 et dernièrement jouant le Dr. Ratha/Proto-Goblin dans « The amazing Spider-Man » de Marc Webb) qui arrive très bien à transmettre ce que représente son personnage.

En plus de toute ces qualités il ne manque au film qu’une histoire le portant et le poussant même plus loin en n’étant pas simplement prétexte à ce déluge de beauté visuelle au détriment donc de l’intrigue ! Et c’est le cas ! Durant le film nous suivons ainsi Pi qui après avoir vécu jusqu’à l’adolescence (ses 17 ans) est contraint de partir de son pays et tout y laisser (tout y perdre ?) … Cela pour se retrouver après naufrage du cargo seul avec des animaux sur un canot de sauvetage et se confronter à d’autres problèmes. Le récit nous explique à travers bon nombre de malheurs supplémentaires, de difficultés rencontrées, et de moments intenses en émotions comment un jeune homme a appris à survivre et surtout nous donne une véritable leçon de vie, de courage et d’espoir. Car si tout est superbe dans le métrage vous le verrez en finalité c’est une histoire bien triste et cruelle qui lui est arrivé et pourtant jamais il ne se plaindra ! L’importance aussi des compagnons, dont Richard, sans lesquels notre héros ne peut pas survivre, importance d’une bête qui peut surgir de soi, d’une force intérieure, ou comment par la force de l’imaginaire nous sommes capables de surmonter n’importe quelle épreuve, surpasser les moments les plus sombres d’une existence pour en ressortir grandit.

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Encore un film en cette fin d’année qui nous prouve l’importance de l’imaginaire, comme le fît « Rise of the guardians » !

Ang Lee réalise ici un film passionnant à tout point de vue et ce serait absolument dommage de passer à côté, un chef-d’œuvre et bien sûr il faut le voir absolument en 3D (même ceux qui ne sont pas pour pourraient changer d’avis).

(N’ayant pas lu le livre de Yann Martel je ne connais pas les différences pouvant exister et donne un avis personnel par rapport au film uniquement)

Note : 19/20

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=AQYWCFR8fh8[/youtube]

 

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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