Bozambo – Mais qui est le Roi de la Jungle?

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Titre Original : Sanders of the River

De: Zoltan Korda

Avec Paul Robeson, Leslie Banks, Nina Mae McKinney, Robert Cochran

Année : 1935

Pays : Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

Au Nigéria, dans une colonie anglaise, Lord Sanders maintient la paix d’une main de maître. Il nomme Bozambo comme le nouveau maître de la tribu Ochori et ce dernier lui voue une fidélité sans faille. Mais lorsque Lord Sanders s’en va une année pour se marier, un trafiquant de Gin et d’armes à feu le fait passer pour mort et monte les tribus les unes contre les autres, instaurant ainsi une guerre sans fin.

Avis :

Si le film à tendance colonialiste a connu un essor dans les années 50, il ne faut pas oublier que l’un des premiers d’entre eux est Bozambo, datant de 1935. Et si l’on a vu que petit à petit l’empire britannique n’était pas forcément bien vu de par les cinéastes, dans les années, c’est tout autre chose qui se passe. Il faut dire que les années 30 sont des années difficiles pour les pays européens, se remettant encore des cendres de la Première Guerre Mondiale et que le seul moyen de resplendir aux yeux du monde, c’est à travers ses colonies et son commerce. Bozambo fait donc figure de film colonialiste par excellence, mais aussi de film quasi documentaire.

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Lord Sanders dirige d’une main de fer un territoire au Nigéria. Il a réussi à maintenir une paix fragile entre les différents chefs de tribu qui veulent toujours plus de territoires. Bozambo est nommé chef des Ochori et voue une fidélité sans faille à Lord sandy comme on l’appelle là-bas. Un beau jour, Lord Sanders annonce qu’il va partir un an en Angleterre pour se marier. C’est là qu’arrive un trafiquant d’armes et d’alcool, faisant croire que Lord Sanders est mort et laissant le champ libre au carnage et à la guerre.

Réalisé par Zoltan Korda, Bozambo fait la part belle au colonialisme dans le sens où il montre la domination britannique sur l’homme noir et surtout, sa force à maintenir une paix fragile. Cela est d’ailleurs visible lorsque l’on voit que l’image de l’autorité anglaise s’en va et que la guerre reprend son cours. De nos jours, c’est toujours dérangeant de voir cela, car on a tendance à croire que le film rabaisse une race par rapport à une autre et ce racisme latent n’a pas lieu d’être aujourd’hui. Fort heureusement, l’ensemble est contrebalancé par Paul Robeson jouant Bozambo, qui est très intelligent, presque civilisé, mais qui vénère l’empire britannique. Encore une fois, tout respire l’amour de la patrie de la perfide Albion. D’autant plus que Bozambo est le seul indigène à avoir une posture occidentale. Si l’on regarde les autres chefs de tribu, ils sont tous avec des coiffures incongrues ou des tenues typiques.

Au niveau de la mise en scène, le film s’en sort avec les honneurs et ferait presque office de documentaire pour le peuple anglo-saxon des années 30. On retrouve quelques textes explicatifs pour que l’on comprenne comment fonctionne la région et on aura droit à des danses tribales et autres coutumes pratiquées par les indigènes. Et bizarrement, ce sont ces moments-là qui sont les plus plaisants à regarder, notamment parce qu’ils ne posent aucun jugement sur ce peuple, se contentant de relater des rituels ancestraux. On regrettera cependant la langue choisie pour les chefs de tribu. En effet, tous parlent un anglais parfait malgré leurs origines. Il aurait été plus judicieux, même pour l’époque, de rajouter des sous-titre. Là encore la question du racisme se pose, enlevant toute racine à ces indigènes qui devraient avoir leur propre langage. Mais l’Angleterre est trop forte. Néanmoins, on ne ressent pas de lassitude en regardant ce film, notamment parce qu’il est court, mais aussi parce que le personnage de Bozambo est très attachant et sa relation avec Lord Sanders est forte et semble sincère. Même si là aussi on ne peut se réjouir à 300 % étant donné que l’anglais considère l’homme noir comme ses enfants et non pas comme un frère.

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Au final, Bozambo est un film intéressant car il montre l’image que ce sont faits les anglais durant les années 30 de ses colonies et de l’homme noir. Si le film a vieilli aujourd’hui et que son propos semble assez malhonnête, il faut reconnaître une réalisation agréable et un acteur principal très attachant en la présence de Paul Robeson. Un film pas inoubliable donc, voire même désuet, mais qui garde ce charme des films des années 30.

Note : 11/20

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Par AqME

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