décembre 2, 2020

Homefront

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Résumé :

La Corée du Nord envahit les Etats-Unis. Une résistance se met en place.

Avis :

Ayant délaissé la seconde guerre mondiale pour des conflits plus contemporains, voire futuristes à certains égards, le FPS ne cesse d’accueillir le meilleur, comme le pire. Les caprices de la saga Call of Duty, alternant les bons et les moins bons épisodes, la charge de Battlefield et de ses spin-off ou des cas particuliers qui ne faiblissent pas devant la concurrence. De prime abord, Homefront semble s’inscrire dans cette dernière catégorie. Tentant de se faire une place aux côtés des ténors du genre, THQ parvient-il à nous offrir un moment original et spectaculaire ou n’est-ce qu’une incursion anecdotique des plus maladroites ?

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Comme la tendance l’exige, la première approche avec le titre de Kaos Studios (dont il s’agit de la deuxième et ultime production avant sa mise en liquidation) penche vers un réalisme de circonstance. La situation géopolitique est d’actualité et possède toute la crédibilité nécessaire pour asseoir une intrigue qui sort des sentiers battus. D’ailleurs, le nom de John Milius en tant que scénariste est une plus-value non négligeable. Seulement, l’ajout d’une telle référence qui a donné naissance à quelques incontournables du film de guerre et d’espionnage (Apocalypse now, Danger immédiat…) se révèle ici un argument marketing des plus discutables.

Si l’idée d’envahir les États-Unis par une puissance extérieure a le mérite de renouveler les possibilités du genre, elle n’est en rien novatrice. En effet, le scénario d’Homefront se calque à quelques détails près, sur celui d’une autre création de monsieur Milius : L’aube rouge. Ce dernier a fait l’objet d’un remake qui voyait la bannière étoilée se confronter avec… la Corée du Nord ! Les tenants et les aboutissants demeurent les mêmes avec une déclaration de guerre entre les deux nations et l’occupation du territoire américain. S’ensuit un groupe de résistants qui se forme pour botter les fesses de l’ennemi hors de leur pays.

En ce sens, le level design s’attache à dépeindre un environnement en ruine où les lieux du quotidien sont la proie des conflits armés, des règlements de compte ou d’exécutions sommaires. N’oublions pas les abris de fortune, les camps de travail, où flottent parfois des bannières « Go, Wolverines ! » Si ce n’est pas une référence aux modèles cinématographiques… Toujours est-il qu’il s’en dégage une ambiance délétère avec une certaine variété dans les situations qui n’hésitent pas à exposer les horreurs de la guerre. Les pendus sous le pont, les cris et les pleurs d’enfants, les têtes empalées sur des piques… Cette poignée d’exemples démontre que le jeu se destine à un public averti.

Même si la progression manque parfois de cohérence pour passer d’un tableau à un autre, le véritable point noir est la technique archaïque pour magnifier ces moments de désolation. Outre un moteur graphique accusant quelques années de retard, des animations binaires, le jeu souffre de nombreux ralentissements qui, à l’extrême, feront freezer la partie. Obligation de relancer la console, nouvelle tentative et advienne que pourra pour franchir certaines séquences pour le moins instables. On notera également des scripts beaucoup trop longs qui vous empêchent de prendre la moindre initiative. Attendre que vos amis traversent avant vous dans un tunnel étroit, qu’ils enfoncent une porte, fera perdre en immersion ce qu’il essaie de gagner par la force.

Homefront bannit le plus petit écart. La voie est libre, mais vous ne passerez qu’en dernier. Vous voulez la jouer infiltration ? Impossible, étant donné que l’ennemi vous repère si vous vous avancez trop ou si vous sortez des sentiers battus. Foncer dans le tas semble être votre unique option. Là encore, cette prise de risque est trop grande puisqu’on vous tuera de quelques balles bien placées. Vous devez rester à une distance respectable (à juger selon la position de vos amis) et viser juste. Pas vraiment difficile, Homefront n’en demeure pas moins frustrant et affublé de mécanismes archaïques.

Car, reconnaissons-le, un habitué du FPS trouvera ses marques au bout de quelques secondes. Les mouvements de base (sprinté, s’accroupir, se coucher…) et le choix des armes parmi un arsenal somme toute conventionnel (exception faite de Goliath, fidèle allié blindé) ne surprendront guère. On a beau multiplier les plaisirs (séance de snipe au clocher d’une église pour déblayer le terrain, pilotage d’hélicoptère…), les développeurs manquent cruellement d’imagination pour faire de ce conflit entre les États-Unis et la Corée un moment inoubliable et choquant ; comme le veut le ton emprunté avec la violence gratuite qui en émerge.

On pourrait éventuellement se consoler avec une durée de vie honorable, mais l’aventure solo se termine en à peine 5 heures avec une conclusion qui laisse perplexe. Les missions à la longueur inégale (la difficulté aussi) s’agrémentent d’un multijoueur potable, mais là encore, en rien étonnant. À peine deux modes de jeu, des cartes qui se comptent sur les doigts des deux mains et une rejouabilité minimale font qu’on ne reviendra pas de sitôt sur le titre. Au vu des nombreux problèmes techniques et d’une intelligence artificielle bonne pour les orties, on lui préférera d’autres valeurs sûres.

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Au final, Homefront est une cruelle déception. Le soft de Kaos studios possédait un potentiel évident pour se démarquer de la concurrence. Même si son scénario n’est qu’un calque grossier de L’aube rouge, on aurait pu avoir un certain plaisir à prendre part à ce conflit. En ce sens, les idées de level design, la bande-son et l’atmosphère sombre et pessimiste à souhait, auraient pu faire la différence. Seulement, on se confronte à des situations qui confèrent aux clichés (en dépit de leur variété), des scripts mal organisés, et une technique obsolète qui fera freezer votre console à intervalles réguliers. Les tares s’accumulent sur une durée de vie anémique pour ne donner qu’un FPS bancal, où les bonnes intentions de départ cèdent la place à un sentiment d’inachevé. Frustrant.

Note : 09/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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