octobre 24, 2020

Simba – Le Lion est Mort

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De : Brian Desmond Hurst

Avec Dirk Bogarde, Virginia McKenna, Donald Sinden, Basil Sydney

Année : 1955

Pays : Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

A son arrivée au Kenya, Alan est accueilli par Mary, une amie d’enfance dont il est amoureux. La suite de son voyage est moins réjouissante puisqu’il découvre la ferme de son frère saccagée et ce dernier tué par la tribu des Mau Mau. Alan décide de rester sur place pour venger son frère mais doit faire face à de nouveaux massacres perpétrés par le chef Simba.

Avis :

Dans les années 50, le cinéma britannique explore un tout nouveau cinéma, celui de la colonisation. Fort de sa présence partout dans le monde, l’Angleterre va en profiter pour livrer une série de films qui sont tous plus ou moins colonialistes. A titre d’exemple, on peut citer Aux Frontières des Indes, qui est l’un des films qui peut sembler raciste envers la communauté musulmane. Quoiqu’il en soit, et même si le propos est nuancé, on ressort toujours avec la sensation que les anglais sont ceux qui ont apporté la culture et le savoir vivre. Après les Indes et la Malaisie dans le superbe film de Jack Lee Ma Vie Commence en Malaisie, voilà qu’un autre cinéaste s’attaque cette fois-ci à l’Afrique et plus précisément au Kenya avec la révolte des Mau-Mau.

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Alan rejoint son frère qui est fermier au Kenya. A son arrivée, il est accueilli par Mary, une amie d’enfance avec laquelle il avait quelques affinités. Elle lui explique en cours de route l’exploitation de son frère et qu’il est aidé par des hommes noirs. Seulement, arrivée à la maison, le frère d’Alan est mort sous les coups de machette des Mau-Mau, une tribu qui recrute des noirs pour se révolter contre la domination anglaise et leur esclavagisme. Alan se retrouve donc dans une période troublée où les anglais ne savent pas ce qu’il faut faire et où le racisme envers tous les noirs commence à prendre une ampleur disproportionnée.

Faire un film sur le colonialisme, c’est plutôt intéressant car cela montre un véritable déséquilibre entre les colonialistes et les colonisés. Simba s’inscrit parfaitement dans cette image, puisqu’il montre les prémices du racisme et son danger. Le seul problème, c’est que le film est britannique et qu’il est donc forcément de parti pris, sauf si le réalisateur a suffisamment de jugeote pour peser le pour et le contre. C’est un peu ce qu’il va se passer dans ce film, sans pour autant affirmer sa non prise de position.

En effet, Brian Desmond Hurst montre que tous les noirs ne sont pas des opposants aux britanniques et que certains sont même cultivés comme le médecin, qui sera un personnage central du film. Il montre aussi certains vieux britanniques qui prônent l’auto-défense, quitte à abattre tous les noirs qu’ils trouvent suspects. Le cinéaste contrebalance ce point de vue avec des noirs violents et partisans des Mau-Mau et il montre aussi des anglais prêt à pardonner aux colonisés, dont c’est leur terre. Cependant, on aura rapidement des anglais « gentils » et pas forcément des noirs compatissants. En fait, on ressent un léger point de vue de la part du réalisateur ce qui est plutôt dérangeant, puisqu’il ne se pose pas en montreur mais presque comme juge. La fin parle d’elle-même, dans une impuissance à réguler la rage des noirs pour retrouver leur pays et la domination anglaise qui résout la révolte à coups de feu.

Si l’on met de côté l’aspect scénaristique du film, on peut aussi voir quelques menus défauts dans la réalisation. Datant de 1955, le film n’est pas aussi impressionnant que le furent Aux Frontières des Indes ou encore Ma Vie Commence en Malaisie. La faute à des fonds verts un peu partout, même pour des décors naturels, ce qui vieillit grandement l’image et génère une certaine incompréhension. Pourquoi un tel choix devant un si bon panorama ? On regrettera aussi un rythme assez lénifiant. Alors que le film dépasse à peine l’heure et demi, il y a plusieurs moments assez ennuyeux qui fait que l’on décroche assez vite du métrage. Enfin, si les acteurs sont très bons, mention spéciale au couple Dirk Bogarde et Virginia McKenna, le romantisme de la situation n’est pas assez mis en avant, laissant toute la place au drame et à la montée en puissance de la révolte. Le seul vrai personnage intéressant est le médecin noir, qui se retrouve dans une position délicate, où les noirs se sentent trahis par lui et les blancs ne lui font pas confiance. On retrouve cette situation aujourd’hui avec des enfants d’origine maghrébine qui ne savent pas quelle est leur place. Comme quoi, le sujet est relativement transversal et intemporel.

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Au final, Simba n’est pas un mauvais film, loin de là, mais il reste plus faible que d’autres films dans la même lignée et sortis dans la même décennie. Un film qui semble prendre position aussi sur un fait historique au lieu de juste montrer pour que le spectateur se forge son propre avis. Bref, un film intéressant, presque nécessaire, mais auquel il manque un élan romantique et plus de dramaturgie.

Note : 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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