octobre 28, 2020

Muddy Waters – 100

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Avis :

Quoi qu’on en dise, tous les artistes ont une inspiration, une référence, qui fait que leur musique d’aujourd’hui a un son si particulier. Et qu’est-ce qui rapproche Led Zeppelin et les Rolling Stones ? Tout simplement Muddy Waters. Légende du blues, il est pour certains plus que ça, il est LE blues. C’est d’ailleurs à cause de la chanson Rollin’ Stone, qui raconte que dès que la Terre naquit, la musique apparut, le bruit des rochers se frottant contre eux émettant une mélodie, que le groupe de Mick Jagger se nomme ainsi. Et Whole Lotta Love de Led Zeppelin s’inspire du morceau You Need Love. Autant de preuves qui font que Muddy Waters est un grand parmi les grands, une légende incommensurable faisant partie du panthéon des musiciens inoubliables. Et si pour beaucoup le blues est la base du rock et du métal d’aujourd’hui, force est de reconnaître que l’on n’est pas loin de la vérité. Mais le plus intéressant ici, c’est qu’elle est la nécessité de sortir un best of repris par des musiciens de blues maintenant ? Tout simplement parce que Muddy Waters aurait eu 100 ans cette année et que John Primer, qui fut guitariste avec le bluesman durant quelques années a eu les droits et l’envie de faire un album hommage. L’occasion parfaite pour se replonger dans le Chicago Blues et faire connaître ce son si pur aux jeunes générations.

Il faut savoir que Muddy Waters est décédé en 1983 et que donc il s’agit ici d’un album de reprises sans changer grand-chose et certains morceaux seront même des titres du bluesman. En gros, 100 est une sorte de best of hommage au plus grand chanteur de blues de tous les temps. Et pour bien mettre dans l’ambiance, le skeud commence avec Got my Mojo Working, un blues rock efficace et endiablé. Les jeunes râleront surement sur le manque de variations du morceau, mais l’ensemble est cohérent et la réponse avec la voix féminine est juste parfaite. Le morceau suivant sera beaucoup plus calme et rentre parfaitement dans ce que l’on appelle le Chicago Blues, avec une guitare électrique lente et une voix grave relativement posée. On pourra donc apprécier les mini solos de grattes qui parcourt tout le titre avec un rythme basse et batterie identique du début à la fin. Bref, Still a Fool est un morceau typique, réalisé avec maestria et permettra de se faire l’oreille sur un blues tout ce qu’il y a de plus classique. On retrouvera nombre de morceaux comme cela dans cet album hommage et on peut citer par exemple le plus que classique Mannish Boy, qui fut repris un nombre incalculable de fois. C’est vraiment le morceau qui a posé les bases du blues avec harmonica, guitare redondante, basse et batterie pour un morceau de légende d’une grande force.

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On pourrait croire qu’il manque tout de même certains titres cultes du guitariste comme You Need love ou encore Catfish Blues, mais finalement l’essentiel est là, et on peut redécouvrir des morceaux incroyables sous la houlette de John Primer. On se réjouira d’entendre Rosalie dans une version rappelant fortement le bayou et La Louisiane avec des instruments typiques de là-bas comme ce violon au son si strident. On trouvera aussi de très nombreux morceaux de blues rock à l’image de Good News avec James Cotton, ou encore I’m Ready avec Johnny Winter. Bref, on a vraiment un album à l’image du grand Muddy Waters, qui arrive à alterner des morceaux de blues classiques, assez lents mais ayant une identité très forte et très marquée, avec des titres plus rock, plus nerveux et qui démontrent tout le talent du bluesman à produire des titres qui semblent similaires mais qui possèdent une véritable identité, marquant ainsi toute une génération de musiciens. On remarquera aussi toute la palette d’instruments utilisés comme l’harmonica, mais aussi le piano et d’autres plus ou moins connus aux noms imprononçables.

Au final, 100, cette anthologie de Muddy Waters reprise par des bluesmen d’aujourd’hui, demeure être un indispensable bien loin de toute recherche mercantile. De toute façon, le blues étant l’antonyme du produit commercial, il était presque logique que cet album soit un vrai hommage et non pas une volonté de faire de la thune. Bref, un album réussi, qui permet de ne pas oublier ce guitariste de légende, ce génie qu’est Muddy Waters.

  1. Got my Mojo Working feat Shemekia Copeland
  2. Still a Fool feat Derek Trucks
  3. I Be’s Troubled feat Bob Margolin
  4. I’m Ready feat Johnny Winter
  5. Mannish Boy
  6. Rosalie
  7. Why Don’t You Live so God Can Use You
  8. Good News feat James Cotton
  9. Trouble no More feat Billy Branch
  10. She Moves Me
  11. Can’t Get no Grindin’ feat Billy Branch
  12. Forty Days and Forty Nights feat Gary Clark Jr
  13. Last Time I Fool Around With feat Keb Mo
  14. I Feel so Good feat James Cotton
  15. Feel Like Going Home

Note: 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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