Ma Vie Commence en Malaisie – Walking Dead

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Titre Original : A Town Like Alice

De: Jack Lee

Avec Virginia McKenna, Peter Finch, Marie Lohr, Renee Houston

Année: 1956

Pays: Angleterre

Genre: Drame

Résumé:

Lorsque les japonais envahissent la Malaisie en 1941, ils font prisonniers les colons britanniques. Parmi eux se trouve Jeanne Paget. Celle-ci tombe sous le charme d’un de ses codétenus, le courageux Joe Harman. Hélas, l’homme se fait attraper en train de voler et se fait alors très violemment punir par les Japonais. Jeanne le croit même mort…

Avis :

L’histoire intéresse bon nombre de réalisateurs et cela donne des films parfois réussis, parfois moins bons, mais qui ont pour but commun de ne pas faire oublier les erreurs du passé. Mais de temps à autre, ils ont une autre fonction, celle de faire des découvrir des faits historiques inconnus et pourtant importants ou injustes. Ainsi, on pourra découvrir avec Enfant 44 qu’un tueur en série sévissait durant la Seconde Guerre Mondiale et que l’affaire fut étouffée. Mais même dans les années 50, années post-traumatiques de la guerre, on pouvait trouver des films qui parlaient de faits oubliés ou tombés dans l’oubli. Ma Vie Commence en Malaisie fait partie de ces films qui remontent à la surface un fait complètement inconnu au bataillon et pourtant vrai. Saupoudré d’une romance touchante et bien amenée, ce film, réédité par Elephant Films, est d’une grande justesse et montre toute l’ignominie de la guerre envers les femmes et les enfants.

MA VIE COMMENCE EN MALAISIE

Jeanne est une jeune anglaise qui travaille en Malaisie, alors colonie britannique. Cependant, les japonais envahissent le pays et tout le monde doit partir au plus vite pour prendre le bateau. Avec son patron, la femme de ce dernier et leurs trois enfants, ils prennent la voiture pour s’enfuir. Malheureusement, la voiture tombe en panne et ils sont recueillis par l’armée anglaise qui les fait monter dans un camion pour aller se protéger dans un camp qui a été évacué. Mais les japonais arrivent, tuent les soldats et embarquent les hommes dans des camps de travail. Femmes et enfants vont être transportés dans un autre lieu, mais il faut marcher 80 km sous la chaleur. Ce périple ne sera pas de tout repos, surtout que personne ne veut aider les femmes en cette période de crise. Certains vont mourir, mais Jeanne va trouver l’amour de sa vie, Joe, un australien prisonnier qui répare des camions.

Remettre au gout du jour un tel drame est un pari intéressant de la part de Elephant Films. Il faut dire que le film n’est pas très connu et que la génération actuelle n’a que faire de films des années 50 parlant d’un fait historique de la Seconde Guerre Mondiale se déroulant en Malaisie. Autant de points faibles aux yeux du public contemporain pour un film injustement oublié. En effet, Ma Vie Commence en Malaisie est une excellente surprise pour un film bouleversant et détenant quelques scènes d’une dureté incroyable. Jack Lee filme au plus près des personnages. Comme le budget ne devait pas être mirobolant, il exclut tout le côté spectaculaire de son film pour rester à hauteur d’homme. On aura donc droit un film intimiste qui oscille entre romance et drame.

Ce qui est très étonnant dans ce métrage, c’est qu’il ne fait pas dans le bon sentiment. Si certains personnages semblent des caricatures, comme la vieille égoïste qui garde ses médocs ou encore la bourgeoise qui ne veut se défaire de ses bagages, l’ensemble demeure hyper réaliste, notamment le personnage de Jeanne parfaitement interprétée par Virginia McKenna, et aucun personnage ne sera à l’abri de la mort. Que ce soit par épuisement ou par maladie, n’importe qui peut mourir et certaines séquences sont tout simplement bouleversantes. Bien entendu, le plus dur concerne la famille que l’on va suivre et qui va voir des évènements dramatiques se passer, et en ce sens le film va très loin, restant dans des réactions réalistes et touchantes. Du coup, le fait de mettre en lumière ce pan de l’histoire oublié permet de voir la cruauté des soldats nippons envers des êtres pourtant diminués.

Mais ce côté est contrebalancé par une vision assez juste de certains soldats. Le peuple malaisien est vu comme salutaire pour les femmes et certains soldats japonais ne semblent pas d’accord avec les décisions de leur chef. On remarquera le jeu subtil du surveillant de ces femmes qui devient par la suite plus un ami qu’un ennemi. Mais ce n’est pas tout. Afin de dédramatiser un petit peu, le film propose une romance d’une toute beauté, sorte de bulle d’air dans un climat oppressant. Le tout sonne juste et n’est pas superficiel à l’histoire, permettant à l’héroïne de se raccrocher à un espoir fou. Le final est bien évidemment très beau et laisse un sourire béat sur le visage du spectateur.

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Au final, Ma Vie Commence en Malaisie est une bonne surprise et une jolie découverte. Malgré un titre français pas du tout avenant, le film vaut vraiment le coup d’œil grâce à une histoire injuste et touchante, une prestation sans faille des acteurs et surtout un parfait dosage entre romance et drame. Bref, un beau film qui mérite sa remasterisation en haute définition et qui mérite amplement de sortir de l’anonymat.

Note : 15/20

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Par AqME

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