octobre 28, 2020

Le Dernier Rivage

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Titre Original : On the Beach

De : Stanley Kramer

Avec Anthony Perkins, Gregory Peck, Ava Gardner, Fred Astaire

Année: 1959

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction, Drame

Résumé :

En 1964, une guerre atomique a ravagé presque toute l’hémisphère nord de la planète. Un sous-marin américain fait alors escale en Australie. Mais les retombées radioactives se rapprochent lentement…

Avis :

Stanley Kramer fut un très bon réalisateur qui eut une carrière pour le moins atypique. Commençant dans la production, on lui doit d’ailleurs le chef d’œuvre « Le train sifflera trois fois« , le réalisateur connu un très beau succès derrière la caméra avec des films tels que « La chaîne« , « Le jugement du Nuremberg » ou encore la comédie « Devine qui vient dîner« . Mais après les succès, sa carrière décline et finalement le réalisateur abandonnera le cinéma au début des années 80 et ne refera plus jamais rien.

Personnellement, si je connais plusieurs titres de sa filmographie, que ce soit en tant que producteur ou réalisateur, je n’avais encore jamais vu l’un de ses films et j’y viens grâce à Anthony Perkins. Ayant l’envie de voir autre chose que « Norman Bates », je suis en train de découvrir la filmo de l’acteur et c’est ainsi que j’arrive sur ce « Dernier rivage » dont le synopsis m’a séduit dès ma lecture et j’en ressors pour le moins chamboulé. Alors que le film part tranquillement vers ses soixante ans, Stanley Kramer a livré un film d’anticipation d’un pessimisme déconcertant, qui pourrait très bien s’avérer être d’actualité.

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1964, le monde tel que nous le connaissons n’existe plus, en effet l’humanité a basculé dans la folie et une guerre nucléaire a eu lieu détruisant toute vie sur Terre, ou presque, car l’Australie reste le seul pays qui n’a pas encore été touché par les retombées radioactives. L’Australie vit donc calmement ses derniers mois de vie. Un sous-marin américain accoste sur ses côtes avec à son bord un équipage au complet. Le capitaine Dwight Lionel Towers espère alors profiter des derniers instants qu’il reste à l’humanité, mais soudain, un message en morse indescriptible se fait entendre de Seattle. N’ayant peu d’espoir, le capitaine se lance alors dans une dernière mission avec l’espoir de peut être trouver une solution, mais l’espoir est bien mince…

Au milieu de plusieurs chefs d’œuvres de Stanley Kramer, j’ai choisi de commencer par ce « Dernier rivage« , dont je n’avais jamais entendu parler avant de m’y intéresser et je pense que j’ai fait un très bon choix pour m’attaquer à la filmographie du cinéaste, car j’ai commencé avec un très grand film, aussi triste qu’il est oublié et inconnu au bataillon.

Comment vivre ses derniers instants et surtout pourquoi les vivre ? Comment, par la folie humaine, l’humanité s’est-elle autodétruite ? Regrets, remords et culpabilité sont les principaux sentiments qui dictent le fil rouge de ce film, où tout espoir est d’ores et déjà vain. Dès le début de ce film, on sait que personne n’en ressortira et que le monde est voué à sa fin et ce qui m’a le plus touché, ému et bouleversé, c’est que chaque personnage est conscient de sa fin.

Et c’est avec un synopsis pareil que Stanley Kramer va réaliser un petit chef d’œuvre sur la folie de l’homme et sa stupidité. « Le dernier rivage« , malgré ses cinq décennies, résonne comme un avertissement et se trouve être terriblement d’actualité.

« Le dernier rivage » est un film que j’ai trouvé terriblement angoissant, limite claustrophobe, car c’est avec l’assurance que la fin est proche, que le réalisateur a réussi à terriblement me toucher. C’est assez dingue, car c’est avec beaucoup d’injustice et d’espoir que le réalisateur m’a projeté au plus proche de ces personnages. Tout comme eux, je me suis posé certaines questions, et c’est sans espoir que j’avais envie de croire en l’espoir. Rarement un film ne m’aura procuré tel sentiment. Et ce final, d’une tristesse et d’une bêtise absolue, m’a bouleversé, je ne suis pas prêt de l’oublier. La dernière scène de ce film est sublime et met un point d’honneur à en faire un chef d’œuvre.

C’est beau, car le film est loin de tout discours militaire, loin de toute haine, il ne fait principalement que profiter des moments des personnages. Le réalisateur nous entraîne vers la fin de l’humanité, avec un compte à rebours qui se fait de plus en plus lourd, la mort rode et se fait sentir, c’est triste, mais à aucun moment le film ne tombe dans le misérabilisme et le tire larmes. J’ai trouvé l’axe très intelligent et le film résonne en moi, comme l’un des meilleurs que j’ai pu voir sur la fin du monde. C’est à coup sûr l’un des plus injustes que j’ai vu. Le scénario est superbe. Il sonne juste et surtout, il est très crédible, car il est facile d’imaginer que les hommes finiront par s’autodétruire à force de vouloir trop se protéger. Une des scènes avec Fred Astaire, concernant l’auto protection, est incroyable de vérité.

J’ai adoré l’ambiance bourrée de regrets que dégage le film. Les dialogues, les derniers instants de rires, de joies, d’amour, de peine aussi, et les dernières décisions, tout est juste et touchant. Stanley Kramer prend le temps de nous raconter cette folie et c’est très bien vu. Son film est lent, mais à aucun moment j’y ai trouvé des longueurs, le réalisateur arrive toujours à le rendre intéressant, alors même qu’on connaît sa fin. Sa mise en scène est intéressante, car elle est bourrée de plans inhabituels, désaxés, qui surprennent. J’ai vraiment aimé que Stanley Kramer oublie le côté spectaculaire. Le spectaculaire ayant déjà eu lieu, le cinéaste a décidé que cette fin du monde se fera alors dans « l’intimité », plus proche des gens et c’est aussi pour cela que le film m’a beaucoup plus touché, car il est beaucoup plus facile de se retrouver dans ce côté plus intime.

« Le dernier rivage » est un film qui peut se vanter d’avoir un casting affolant, qui l’emporte vers les sommets. Gregory Peck est incroyable, Anthony Perkins est bouleversant, tout comme Donna Anderson qui joue sa femme. Fred Astaire est très étonnant et Ava Gardner est captivante. Chacun d’eux est touchant, même les petits seconds rôles, comme l’un des marins qui rentre chez lui. Franchement, le réalisateur s’est offert un casting en or, où chacun a sa place et son importance.

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Comme vous l’aurez deviné, je suis donc on ne peut plus ravi d’avoir vu ce film. « Le dernier rivage » est un beau chef d’œuvre, injustement méconnu du grand public. C’est un film qui m’a aussi bien ému qu’agacé et finalement, j’en suis ressorti bouleversé avec la sensation d’avoir vu l’un des plus grands films sur la fin du monde.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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