octobre 28, 2020

Intersection

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De : Mark Rydell

Avec Richard Gere, Sharon Stone, Lolita Davidovich, Martin Landau

Année: 1993

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Marié à une très belle femme, Vincent Eastman, un architecte de Vancouver, voit son couple partir à la dérive. Il décide de la quitter pour refaire sa vie avec Olivia Marshak, une jeune journaliste.

Avis:

Mark Rydell a une belle carrière, qu’on pourrait facilement définir par le mot discrétion. Peut-être parce que le réalisateur est à la retraite depuis maintenant presque dix ans, il laisse au cinéma de petits bijoux que devraient être plus souvent en lumière, comme « The Rose » qui est ressorti en salle cette année.

Mais comme tout réalisateur et toute carrière, Mark Rydell n’a pas que de petits bijoux à son actif. Comme tout réalisateur, il a aussi des films qui sont plus ou moins ratés et peu prenants ou distrayants. Alors que dans les années 80 le réalisateur s’en sort haut la main avec deux petites bombes, « The Rose« , mais aussi « La Maison du lac » avec Katharine Hepburn, les années 90 seront plus sévères, en particulier avec ce film, « Intersection« , qui n’est autre que le remake de « Les choses de la vie » de Claude Sautet. Si le film réunit un joli casting et qu’il n’est pas spécialement mauvais, on ne peut pas dire qu’il soit incroyable non plus, il sera simplement très oubliable et dispensable dans la carrière de Rydell.

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Vincent Eastman est un architecte de renom. Si dans son métier tout va pour le mieux, dans sa vie privée, c’est tout autre chose. Il vient de se séparer de sa femme, la très belle et très froide Sally et il vient de faire la rencontre d’Olivia Marshak, qui est l’inverse complet de sa femme. Ayant des rapports courtois avec son ex-femme, Vincent a bien du mal à gérer la situation et s’emmêle les pinceaux, ne sachant pas vraiment quoi faire. Partagé entre cet amour naissant pour Olivia et ce passé qu’il a avec Sally, Vincent va devoir prendre une décision. Mais la vie est pleine d’imprévus et Vincent va l’apprendre de manière violente.

Faire un remake des « Choses de la vie » de Sautet était-il vraiment utile ? On a envie de dire non, le réalisateur français nous ayant offert un chef d’œuvre indémodable. Mais pourtant Mark Rydell a voulu adapter cette histoire à la sauce américaine. Alors comme le réalisateur est bon, on peut être en droit de se laisser tenter par son point de vue. on peut même être en droit d’espérer un bon film, peut-être pas aussi beau que son original certes, mais on reste « confiant » face à ce réalisateur qui a déjà prouvé qu’il avait un talent fou. Mais la déception sera au rendez-vous et finalement, même si dans les grandes lignes, le film est joli, il n’en restera pas moins ennuyant.

L’histoire, qu’elle soit dans de l’original ou dans celui-ci, reste belle et on la suit avec attention. Les tiraillements de cet homme entre ces deux femmes, l’une froide, mais parfaite, peut-être même un peu trop et l’autre charnelle, incendiaire et passionnée, sont plus que compréhensibles, et on est touché par son hésitation que le réalisateur américain a bien su mettre en valeur. Faut-il se laisser aller, vivre passionnément avec l’inconnu ? Ou alors choisir la stabilité, la sécurité ? Des tiraillements auxquels chacun de nous peut être confronté et le réalisateur arrive facilement à ce qu’on s’attache à son personnage. Mais là où le film de Sautet dégageait quelque chose de très nostalgique, de très lyrique et finalement de très bouleversant, ici Mark Rydell ne fera que survoler cette ambiance et on reste loin de l’état dans lequel nous met le film avec Romy Schneider. Ajoutez à ce ressenti le montage du film qui n’arrange pas grand-chose, puisque le réalisateur enchaîne les longueurs. Il s’attarde, j’ai eu la désagréable sensation qu’il étirait beaucoup trop ses scènes et on finit par s’ennuyer à la longue. Alors pas sur tout le film, puisque le réalisateur fournit parfois de très beaux moments et arrive à nous récupérer, mais sur tout le long, on se rend quand même bien compte qu’il reste plus de moments où l’on n’était pas pris dans le film que l’inverse.

Le réalisateur, pour son triangle amoureux, a réuni devant sa caméra un très beau casting. Un casting vraiment alléchant, mais qui ne fonctionnera qu’à moitié pourtant. On ne peut pas dire que les comédiens soit mauvais, mais c’est la comparaison avec l’original qui pousse à cet état de fait. Richard Gere n’est pas à la hauteur de Michel Piccoli. Lolita Davidovich est jolie et touchante, mais elle aussi est loin de la grâce de Romy Schneider. Et à la rigueur, il n’y a vraiment que Sharon Stone qui grâce à ce regard glacial et triste arrive à tirer vers le haut son personnage.

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Je ne peux donc pas dire qu’ »Intersection » soit un mauvais film, car hormis ses longueurs, le film reste intéressant et peut être touchant. Mais ce qui pousse « Intersection » sur la mauvaise pente, c’est la comparaison avec le film de Claude Sautet. Si « Les choses de la vie« , n’avait pas existé, ou du moins si je ne l’avais vu avant, alors peut-être que le film de Mark Rydell aurait été « meilleur » à mes yeux. Mais comme l’ombre du Sautet plane sur chaque scène, chaque plan, sur chaque acteur, le film de Mark Rydell finit par en devenir insignifiant et finalement malgré les bonnes intentions, il finit par être dispensable et oubliable. Mark Rydell s’y est risqué et c’est dommage.

Note : 09/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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