octobre 28, 2020

Invictus – Quand l’Ovalie Soude un Peuple

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De : Clint Eastwood

Avec Morgan Freeman, Matt Damon, Tony Kgoroge, Patrick Mofokeng

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

En 1994, l’élection de Nelson Mandela consacre la fin de l’Apartheid, mais l’Afrique du Sud reste une nation profondément divisée sur le plan racial et économique. Pour unifier le pays et donner à chaque citoyen un motif de fierté, Mandela mise sur le sport, et fait cause commune avec le capitaine de la modeste équipe de rugby sud-africaine. Leur pari : se présenter au Championnat du Monde 1995…

Avis :

Clint Eastwood, malgré le fait qu’il soit républicain et pour le port d’armes est un humaniste avant tout. Ses films sont là pour en attester et s’il y a bien une chose qui lui tient à cœur, c’est le racisme. Cette notion est abordée dans beaucoup de ses films comme Gran Torino, mais aussi Impitoyable ou bien Invictus. Si son dernier film en date (American Sniper) fait un peu polémique là-dessus, renvoyant l’image d’un GI combattant les méchants arabes souriant et tueur d’enfants, on ne peut pas dire qu’Eastwood soit quelqu’un de raciste, bien au contraire. Et ces œuvres vont dans ce sens, car il aborde cela aussi dans le domaine historique. Invictus est un biopic sur Mandela et la victoire de l’équipe de l’Afrique du Sud à la coupe du monde de rugby de 1995, mais c’est aussi et surtout un pamphlet sur la tolérance et la réconciliation, fragile, mais pourtant bien présente.

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Nous sommes à la toute fin de l’apartheid, et Nelson Mandela est libéré de prison et devient président de l’Afrique du Sud. En prenant ses fonctions, tout le monde se rend compte que c’est un grand homme, utopiste et humaniste. Voulant à tout prix pardonner aux blancs tous les méfaits qu’ils lui ont fait, il décide de partir à la rescousse de l’équipe de rugby du pays, qui ne possède qu’un noir et qui est en perdition. Un an avant la coupe du monde, il demande au capitaine François Pienaar de gagner cette coupe du monde pour le pays, pour la réconciliation. L’Histoire fera le reste.

Invictus est le titre d’un poème de William Henley, qu’il a écrit sur son lit d’hôpital alors qu’il se faisait amputer le pied. C’est l’un des poèmes les plus lus au monde et les plus utilisés dans le cinéma. C’est aussi le préféré de Nelson Mandela, d’où le titre du film. Sauf que le film ne sera pas vraiment un biopic sur Mandela, mais plutôt une tranche de vie importante dans la vie du président, un tournant pour le pays. En ce sens, le film de Clint Eastwood est très réussi, car il aborde ce thème avec une certaine précision et une certaine justesse dans les propos. Le film commence lentement, avec les prises de fonction de Mandela et la confrontation entre les blancs et les noirs. Le cinéaste insiste bien sur ce point pour montrer l’intelligence et l’intégrité de Mandela dans son discours, cherchant la paix et non pas la vengeance. Tout est mis en œuvre pour que l’on voit cet homme comme quelqu’un de sain, de grand. Et on va voir le changement s’effectuer au fur et à mesure, lorsque les rugbymen, quasiment tous blancs commencent à comprendre pourquoi ils sont et pour qui.

Comme toujours avec Eastwood, on reste dans un récit passionné et passionnant, comportant son lot d’émotions, mais le film possède tout de même certaines grosseurs. On sent que les drames sont vite expédiés pour rester sur quelque chose de positif. Par exemple, lorsque Mandela est retrouvé au sol par ses gardes du corps à cause d’un coup de fatigue, il n’y a aucune dramatisation, et c’est assez dommage. A contrario d’un élan de bons sentiments lorsque les joueurs font le tour des townships avec des enfants désœuvrés pour leur apprendre le rugby. Ce passage est extrêmement cliché et ne sert finalement qu’à faire briller les joueurs, même si le discours sous-jacent est de montrer que blancs et noirs peuvent vivre ensemble. On regrettera aussi une réalisation trop classique, à l’image du film, puisque les enjeux sont connus de tous.

Malgré tout, le film est excellent dans son approche historique et dans la présentation des matchs de rugby qui sont très réalistes. D’ailleurs, Matt Damon a subi un entrainement très lourd pour prendre en muscles et en poids et il est relativement bon dans ce rôle. Quant à Morgan Freeman, difficile d’imaginer mieux tant il semble investi dans le rôle et rendre plaisir à jouer l’une des personnalités les plus importantes du monde. Mais ce sont surtout les gardes du corps qui restent très attachants, d’abord méfiants envers les blancs, puis formant une équipe efficace, laissant de côté leurs griefs raciaux pour vivre une expérience qui changera la face d’un pays. Les acteurs sont très bons et parviennent à faire croire à bonheur de se retrouver tous ensemble.

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Au final, Invictus est encore une fois une excellent de Clint Eastwood. Malgré quelques lourdeurs qui peuvent nuire au propos et une réalisation relativement classique, le réalisateur arrive à faire passer ses messages et à transmettre une certaine émotion. Néanmoins, le film est plus centré sur la réconciliation entre deux peuples et une période charnière pour l’Afrique du Sud que sur la vie de Mandela, et en ce sens, c’est bien plus passionnant, même si l’ancien président de ce pays demeurera à toujours comme un apôtre de la paix.

Note : 16,5/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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