octobre 18, 2021

Open Windows – Hacker Perdu

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De : Nacho Vigalondo

Avec Elijah Wood, Sasha Grey, Neil Maskell, Adam Quintero

Année: 2014

Pays: Espagne, Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

Nick est un homme comblé : ce soir, il dîne avec Jill Goddard, la plus sexy des actrices, grâce à un concours en ligne. Mais au dernier moment, la star annule…. Dans la soirée, un homme mystérieux contacte Nick et lui propose d’espionner son idole via son ordinateur. En acceptant, Nick se retrouve pris dans un terrible engrenage…

Avis :

Dans le cinéma espagnol, on compte de nombreux réalisateurs talentueux. On ne présente plus Jaume Balaguero qui a instauré le Rec au rang de saga importante du cinéma horrifique ou encore Alex de la Iglesia, l’enfant terrible du cinéma ibérique. Un peu plus discret, Nacho Vigalondo fait partie des réalisateurs qui risquent de compter dans les années à venir mais qui ont du mal à sortir des rangs. La cause ? Soit des films au concept trop fort pour être dans la grande distribution, soit des anthologies d’horreur de basse qualité dans lesquelles ses courts-métrages sont perdus dans un marasme sanguinolent. La preuve en est faite avec son premier film Timecrimes, un slasher humoristique à base de ressort temporel avec une très grande richesse dans l’écriture. Seulement, le film n’est pas facile d’accès, tout comme son Open Windows, qui est sorti en toute discrétion en DVD avec pourtant un casting américain.

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Nick Chambers est un bloggueur réputé. Il tient le principal site sur Jill Goddard, une star de cinéma hyper sexy. Nick est heureux puisqu’il a remporté un dîner avec sa star préférée et la possibilité de faire une interview exclusive pour son site. Alors qu’il suit en direct la masterclass pour le prochain film de Jill, il est contacté par un mystérieux individu qu’il lui annonce que l’actrice a annulé son rendez-vous avec lui. L’homme, qui semble être un hacker de génie, lui permet d’espionner la star en s’infiltrant dans son téléphone ou encore dans sa chambre. Malheureusement, Nick va tomber dans un piège qui se referme tout doucement sur lui, arrivant à un extrême qu’il ne peut supporter.

Faire un film conceptuel sans tomber dans le cinéma d’auteur, c’est très compliqué, mais il faut croire que Nacho Vigalondo en a fait sa spécialité. Après les voyages temporels, il explore une nouvelle façon de tourner un film, puisque Open Windows ne sera filmé qu’en petites fenêtres d’ordinateur. Ainsi, nous sommes en présence d’un film hybride, qui lorgne du côté du found-footage, sans pour autant tomber dans la facilité de ce procédé. Et on voit que c’est beaucoup plus efficace dès le départ. Entre personnage mystérieux et évènements qui vont très vite déraper, le film assure une bonne tension et maintien une curiosité en éveil. Seulement, le film part très rapidement en vrille une fois que le personnage principal sort de sa chambre. A partir ce moment-là, on sent une énorme baisse de régime alors que l’on devrait être encore plus happé par le drame qui se déroule sous nos yeux.

En effet, Open Windows est un thriller qui manipule une personne, le forçant plus ou moins à torturer une starlette pour la descendre en flèche. Ce qui devrait être une critique de l’apparence et du star system devient vite un grand fourre-tout bordélique avec des quiproquos sans aucun sens et des retournements de situations improbables. Mais en dehors du scénario qui s’avère finalement bien décevant, c’est sur sa technique que le film pêche horriblement. En fait, ce procédé force à garder avec soi un ordinateur, une tablette ou un smartphone et au bout d’un moment, cela n’est plus crédible lorsqu’il faut sauver une personne ou encore s’enfuir face à un tueur. D’autre part, cela minimise l’action ou les explosions du film, le rendant finalement radin en effets pyrotechniques (et on sent une énorme volonté du cinéaste d’en mettre) mais aussi grotesque quand il faut utiliser les nouvelles technologies.

D’ailleurs, le film se perd aussi sur son schéma narratif, ce qui est surprenant pour celui qui a fait preuve d’autant de maîtrise dans Timecrimes. C’est-à-dire que le personnage principal qui doit être un simple bloggueur, se révèle être un formidable hacker capable de voir des choses invisibles sur les caméras de surveillance. De ce fait, on se doute de suite d’un double-jeu ou d’une révélation finale qui va tomber à l’eau. En parlant du final, d’ailleurs, on ressent une certaine lassitude autant dans la réalisation que dans les décisions des personnages. En fait, le film veut parler du bonheur d’être méconnu, de ne plus craindre l’exposition publique, et pour illustrer cela, il propose une vidéo pixélisée, appuyant la notion d’anonymat. Ce qui aurait pu être une bonne idée devient vite un stratagème pour cacher le jeu famélique de Sasha Grey qui était bien meilleur dans les films de cul.

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Au final, Open Windows est une déception alors que le pitch de départ et le début du film étaient prometteurs. Il s’agit d’un film concept qui montre malheureusement vite ses limites, notamment dans les séquences d’action et qui ne semble pas être un bon compromis avec le found-footage. Un film qui a des idées, mais qui les exploite mal et surtout sur un scénario simpliste pour des twists alambiqués et pas crédibles. Néanmoins, Nacho Vigalondo a le mérite de tester, d’essayer, pour proposer quelque chose de différent, qui peut permettre d’arriver à autre genre de cinéma avec son public.

Note : 08/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=JJO5-UeGgXg[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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