septembre 28, 2020

Les Thanatonautes – Bernard Werber

9782226067586-X

Auteur : Bernard Werber

Editeur : Albin Michel

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Les Thanatonautes : la grande épopée moderne qui perce jusqu’au mystère de la mort. Nourri d’informations scientifiques souvent inédites, des textes sacrés et initiatiques les plus secrets des principales religions depuis le fond des âges, Bernard Werber nous entraîne à la découverte du continent ultime, au-delà de notre imaginaire. En suivant les Thanatonautes, vous connaîtrez des rêves et des terreurs insondables, vous subirez les lois d’un univers étrange, où se cache l’énigme qui hante les hommes depuis toujours… Jamais personne n’est allé aussi loin que les Thanatonautes. Ils ont exploré la vie après la vie. L’odyssée la plus stupéfiante de tous les temps.

Avis :

Personne ne l’ignore, la mort est la plus grande énigme de tous les temps. Y a-t-il quelque chose après notre trépas ? Sommes-nous voués au néant, à la damnation éternelle ? Depuis toujours, l’homme a tenté de répondre à ses questions. Qu’il s’agisse de philosophie ou de religion, des théories ont été amorcées, mais elles ne révèlent qu’un état d’esprit ou une croyance. La vérité, elle, demeure inatteignable pour les vivants. Fort de son succès de la trilogie des fourmis, Bernard Werber avait évoqué l’écriture de ce roman dans la dernière ligne droite de La révolution des fourmis. Ainsi, il se penche sur ce thème porteur avec toute la passion et l’originalité qui le caractérise.

Derrière un titre des plus subtils se cache un livre pas comme les autres. Une histoire qui, elle-même, dissimule l’ambition démesurée de lever le voile sur l’au-delà pour le faire découvrir dans toute sa splendeur et la terreur qu’il inspire. Impossible ? Absurde ? Pas forcément étant donné que l’auteur ne se cantonne pas un point de vue particulier. Point de prêches enflammés ou de discours pragmatiques sur le sens (ou son absence de sens) de l’existence humaine. Bernard Werber s’emploie à donner la parole à toutes les hypothèses, toutes les religions par le biais d’une approche universelle du mythe.

Pour ce faire, il dissémine aux quatre coins de son récit de petits interludes sur les différentes croyances du monde pouvant expliquer tout ou partie leur conception de la mort. S’il ne s’agit pas d’une suite à L’encyclopédie du savoir relatif et absolu, la volonté et le ton l’évoquent clairement. L’architecture du roman s’axe sur une évolution progressive des découvertes. Tour à tour dépeint comme un endroit effrayant, magique, l’au-delà se révèle l’aboutissement d’une vie avec son bilan, ses erreurs, les perspectives ignorées, ses aspects positifs et les choix effectués. La difficulté principale étant de décrire avec des mots des sensations ineffables.

Pourtant, l’auteur s’en sort à merveille avec un style enlevé non dénué d’humour. Il joue aussi bien sur le ressenti que l’émotionnel. L’usage des cinq sens (et plus si affinités) nous invite donc à un voyage sans commune mesure. Cerise sur le gâteau, l’ensemble demeure plausible à plus d’un titre sans laisser quiconque de côté (qu’il s’agisse de fervents croyants ou d’athées convaincus). À cela, s’ajoute un rythme bien moins chaotique que lors de ses précédentes histoires où l’on se perdait parfois dans des digressions inutiles ou une approche brouillonne à ses premières heures. Ici, on sent une maîtrise et une maturité croissante au fil des lignes.

Pour ce qui est des protagonistes, là encore, on touche à l’universalité avec une palette d’individus aux origines disparates. Venus de tous horizons, de toutes croyances, ils disposent de personnalités aussi dissemblables que leurs motivations. Une caractérisation pointilleuse où les points de vue s’entrechoquent et s’unissent selon les situations. Chacun surprend de par ses choix, ses envies d’entamer le grand voyage pour mieux se rejoindre sur un mystère commun. Si l’on note quelques divergences d’opinions, il n’en demeure pas moins que l’évolution de chaque intervenant se montre réaliste et soignée pour donner vie à l’intrigue.

Au final, Les thanatonautes est un récit à la croisée des genres où la science-fiction côtoie le fantastique, le romanesque ou l’aventure. Difficile de le catégoriser (l’ouvrage ne s’y prête pas), le quatrième roman de Bernard Werber est sans doute l’un des plus aboutis tant dans sa qualité rédactionnelle que dans les nombreuses réflexions qu’il ouvre aux lecteurs. L’histoire ne se contente pas d’effleurer son sujet ou d’offrir de vaines promesses. Elle laisse entrevoir une somme de possibilités à travers un condensé quasi exhaustif des croyances de la planète. L’ultime odyssée de l’homme se révèle splendide. Un livre doté d’une richesse (au sens large du terme) rare.

Note : 18/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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