Harpoon – Le Chiant des Baleines

Harpoon

Titre Original : Reykjavik Whale Watching Massacre

De: Julius Kemp

Avec Gunnar Hansen, Pihla Viitala, Miranda Hennessy, Terence Anderson

Année : 2009

Pays : Islande

Genre : Horreur

Résumé :

Un groupe de touristes embarque sur un bateau d’observation et part pour ce qui devait être une balade tranquille afin de découvrir la vie sauvage islandaise… Mais le bateau tombe en panne et le groupe est secouru par les marins d’un autre navire, qui se révèle être un baleinier. La pêche à la baleine n’étant plus autorisée, le petit groupe va vite devenir la cible d’une chasse à l’homme dans les eaux glacées d’Islande.

Avis :

Toute personne possède ses références, sa culture. En ce sens, difficile de blâmer quelqu’un qui essaye de rendre hommage à ses œuvres cultes, autant littéraires que cinématographiques. Seulement, il y a un moment où il faut savoir faire la différence entre hommage et copiage. Reprendre une œuvre et la place dans un autre contexte n’est pas particulièrement un hommage, mais plutôt un pompage éhonté dans l’espoir de générer des vues et du pognon. Du coup, Harpoon sent plutôt le poisson pas frais que le thon rouge et il devient assez difficile de se prendre en amitié pour ce film islandais. En effet, même si Julius Kemp est un fan inconsidéré du film de Tobe Hooper (dont il fait référence dès le titre), on ne peut pas dire que ce soit l’inventivité qui l’étouffe et son film semble plus opportuniste que réellement innovant.

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En Islande, un groupe de touristes provenant de divers pays se donnent rendez-vous sur un bateau de pêche pour voir les baleines. Malheureusement, le capitaine décède des suites d’un accident à cause d’un passager bourré. Pris en flagrant délit de viol, le second décide de s’échapper avec le bateau de secours. Seuls, les passagers sont sauvés par une famille de baleiniers qui avait repéré leur position. Mais cette famille est loin d’être sympathique, puisque depuis l’interdiction de la chasse à la baleine, ils ont trouvé de nouvelles proies, les humains. C’est alors que les passagers vont devoir tout faire pour survivre.

Sorte de survival sur un bateau, Harpoon aurait pu se démarquer de la masse en proposant un spectacle dérangeant et bien mis en scène. En effet, un vieux bateau rouillé, des rednecks complètement barges, une mer isolée, il y avait de quoi fournir un bon huis-clos glauque et gore. Mais si le film demeure assez gore, il ne fait pas peur et surtout ne dégoutera personne, partant dans le Grand-Guignol et un humour plus que douteux. La première chose qui frappe avec ce film, c’est son éclairage. C’est bien simple, le film se passant les trois quart du temps dans le noir, on ne voit strictement rien. Il va de soi que c’est un premier film, mais tout de même, certains passages sont clairement trop sombres et cela ne rend pas service au film. Sans que ce soit une soirée disco, il est évident qu’un film doit avoir un minimum d’éclairage afin de proposer quelque chose de correct à l’image, mais là, dès le départ, ce n’est pas ça du tout. D’autant plus que la réalisation demeure anecdotique, voire parfois dégueulasse avec des cadres plus qu’étranges.

Mais même si l’on délaisse les soucis techniques de côté, le film ne parvient pas à décoller cause d’un scénario stupide, mais aussi et surtout à cause de personnages absolument détestables. Que ce soit la famille de tarés ou encore celle des survivants, personne n’est agréable. De base, l’hétérogénéité des survivants laisse à désirer, entre des allemands, des anglais des japonais ou encore un français d’origine maghrébine mais se nommant Jean-François, il y a de quoi être dubitatif. Mais en plus de cela, tout le monde possède des vices les rendant détestables. Le français est un alcoolique notoire, les japonais sont des pète-sec, la blonde est égoïste, le black est gay et les allemandes sont des concierges. Bref, rien ne permet au spectateur de s’attacher à qui que ce soit. Et même chez la famille de congénitaux, personne ne tire son épingle du jeu, pas même le bossu adepte des femmes. Et par-dessus le marché, le film demeure un immense fourre-tout idéologique. Entre les réflexions deux balles sur le personnage black et gay, les tueurs sont de fervents défenseurs de Hitler, histoire de rajouter du nazi et la servante du couple japonais est une sorte de ninja qui voit là l’occasion de devenir riche en prenant la place de ses maîtres. L’ensemble est totalement incohérent et improbable.

Alors que reste-t-il au film ? Pas grand-chose à vrai dire car même du côté du gore ou de la peur, c’est la douche froide. Certains passages sont sales, mais ils sont tournés en dérision, comme la décapitation d’un personnage, qui reste ridicule, ou encore sur la fin, essayant vainement d’être trash, mais dont la scène a déjà été vue des milliards de fois. Alor bien évidemment, le film tient ses références de Massacre à la Tronçonneuse, mais il n’arrive jamais à la cheville du film de Tobe Hooper parce qu’il repompe sans arrêt les idées du cinéaste sans jamais arriver à se démarquer. La fin quant à elle peut faire penser à La Nuit des Morts-Vivants, surtout dans sa résolution, mais là aussi, c’est tellement téléphoné que ça ne surprendra personne. On sent bien que toutes ces références ne sont pas digérées, mais qu’en plus de cela, le film ne trouve jamais le bon équilibre entre plaisir décomplexé et vrai film d’horreur.

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Au final, Harpoon est une grosse déception, même pour un premier film et même si le film est islandais. Sorte de retranscription de Massacre à la Tronçonneuse dans des eaux glacées, le film ne parviendra jamais à rester à la surface et coulera au fur et à mesure du temps. Mal éclairé, mal réalisé, mal dosé, le film ne trouvera jamais le point d’équilibre nécessaire à la réussite de ce projet, et il en ressort un énième film de survival sans surprise et sans peur.

Note : 06/20

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Par AqME

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