Mission: Impossible II – John Qui?

19106209

De : John Woo

Avec Tom Cruise, Ving Rhames, Thandie Newton, Dougray Scott

Année: 2000

Pays: Etats-Unis, Allemagne

Genre: Espionnage, Action

Résumé :

Votre mission, monsieur Hunt, si vous décidez de l’accepter, sera de récupérer un virus génétiquement modifié, baptisé Chimera. Sean Ambrose, qui fut votre élève avant de devenir votre ennemi juré, s’est emparé de l’antidote et se terre dans un laboratoire secret de Sydney. Son ex-maitresse, Nyah Hall, pourrait s’avérer utile dans vos tentatives d’infiltration de ce QG hautement protégé. Comme toujours, si vous ou l’un de vos équipiers étiez capturés ou tués, le département d’Etat nierait avoir eu connaissance de vos agissements. Ce résumé s’autodétruira dans cinq secondes.

Avis :

La loi des suites est très souvent sans pitié et on se retrouve avec des épisodes de qualité moindre au fur et à mesure que la saga avance. Mais si l’inverse existe, ce qui est assez rare, on retient surtout les premiers opus puis la mort progressive de certaines licences. Le cinéma d’horreur est par exemple un vivier pour cette vérité générale. Mais pas que, il suffit de regarder la licence des Terminator pour se rendre compte que finalement, c’est tout le cinéma qui est touché, jusqu’à la comédie et les Very Bad Trip. Mission Impossible est un cas complètement particulier. Chaque épisode est déjà dans les mains de réalisateurs chevronnés qui vont essayer d’imposer leur patte dans la saga. Mais surtout, la saga va être en dents de scie, proposant des baisses de régime mais aussi des épisodes plus marquants par la suite. Après Brian De Palma, c’est John Woo, qui débarque de son Hong-Kong et qui a eu un succès monstre avec son excellent Volte/Face, qui s’empare de la franchise et qui va en faire un film lambda, au scénario anémique et au jeu d’acteur proche du néant. Fort heureusement, le réalisateur a du talent et il le montre dans ce film.

049359_ph6

Un scientifique vient de créer un virus mortel qui tue en 36 heures et son antidote. Nommés Chimère et Bellérophon, le scientifique se sent en danger et décide de faire appel à un certain Dimitri pour l’aider à partir de Sydney afin de se rendre à Atlanta. Malheureusement pour lui, il se fait piéger et tuer dans un avion par Sean Ambrose, un agent de l’agence Mission Impossible qui a retourné sa veste. Ethan Hunt doit alors monter une équipe pour retrouver Ambrose et détruire le virus. Sa seule obligation est de recruter Nyah, une voleuse et ex petit amie d’Ambrose.

Ce deuxième opus laisse de côté le mystère du premier, chose qui pouvait tenir en haleine durant tout le film, pour partir sur les fondements de la série, proposant une infiltration et de l’action. De ce fait, la complexité du scénario est revue à la baisse. Plus de quiproquos, même si les masques sont toujours de mise, on est dans quelque chose de binaire et de très manichéen. Nous avons d’un côté les gentils qui font leur job et de l’autre les méchants qui veulent se faire du fric avec ce virus et son antidote. Symptomatique des blockbusters hollywoodiens, le film perd l’essence même de ce qui faisait son charme quatre ans plus tôt. Car même si l’effet du whodonit demeure éculé maintenant, force est de constater qu’il proposait quelque chose de nouveau pour l’époque. Or, celui-ci ne propose fondamentalement rien de neuf, même pour l’époque.

D’autant plus que la direction des acteurs est catastrophique. Tom Cruise, qui jouait vraiment dans le premier, fait ici office de top model et de fantasme pour ces chères dames. Complètement dénué de tout charisme, il se contente de faire l’amoureux transi ou les yeux doux afin de créer une sorte d’empathie. Mais si cela marche pour la gente féminine, il n’e est pas de même pour certains spectateurs qui n’y verront qu’une vitrine pour l’acteur beau gosse. Mais le pire dans tout cela, c’est réellement Dougray Scott, qui joue le vilain de service. L’acteur est une calamité, offrant plus l’hilarité que la crainte. Il fut dire qu’à plusieurs reprises, nous avons droit à des regards et des gros plans dignes des pires films érotiques allemands. Le moment où Thandie Newton enlève ses vêtements pour essayer une robe est mythique grâce la bouche ouverte de l’acteur. D’ailleurs, l’actrice n’est pas au top de sa forme non plus, car même si elle demeure d’une grande beauté, elle est quasiment neurasthénique durant tout le métrage, paupières mi-closes et sans dégager quelque chose.

Alors que reste-il de ce film pour le sauver du naufrage ? Il reste la réalisation de John Woo. Car même si certains passages frôlent parfois le nanar de luxe, certains moments sont vraiment habités et toute l’imagerie du cinéaste refait surface. Si l’on enlève les gros plans sur la tronche de Dougray Scott ou les quelques ralentis sans grand intérêt, il reste quelques séquences intéressantes. On peut citer par exemple la fusillade dans le laboratoire ou encore l’infiltration de Hunt dans le bunker du méchant, où l’on remarquera encore une fois l’envolée de colombes si cher à John Woo. Néanmoins, on a connu le réalisateur plus inspiré et parfois le montage demeure hyper cut ou répétitif, avec une caméra qui tourne sans arrêt, essayant de donner de l’énergie à des scènes qui n’en ont pas forcément besoin.

Malheureusement, cela sauve un peu le film, mais pas totalement. On retrouve toujours des scories dans les rebondissements, qui flirtent très souvent avec le heureux hasard ou le n’importe quoi. A titre d’exemple, on peut citer la fin du film d’une grande stupidité ou encore lors de la fusillade dans le labo où de nombreuses balles touchent le pistolet à virus sans pour autant le briser. On regrettera aussi les phases de combat qui font vitrine, comme lorsque le héros fait un saut périlleux avant pour finir un soldat déjà au sol. N’était-il pas plus facile de lui mettre un coup derrière la nuque ou un bon bourre-pif ? Sans que cela n’entache le scénario, le film en fait des caisses et ça ne passe pas vraiment à l’écran.

049359_ph7

Au final, Mission : Impossible II n’est pas une franche réussite et s’avère bien inférieur au premier. Bigger and Louder, il en est aussi plus crétin et malgré le surplus d’action, il est en aussi moins intéressant. Fort heureusement, les quelques fulgurances de John Woo sauvent le film d’un naufrage certain, le rendant regardable malgré un méchant aussi charismatique qu’une palourde et certaines séquences relativement ringardes.

Note : 09/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net