octobre 28, 2020

Leonard Cohen – Popular Problems

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Avis :

Comme le dit l’adage, c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures. Il suffit de regarder tous les vieux groupes de rock ou de blues qui tournent encore et qui remplissent les salles. Cela est peu médiatisé, mais les anciens vont encore les beaux jours des salles de spectacle, des stades et des disquaires. Leonard Cohen n’en est qu’une preuve parmi tant d’autres, mais force est de constater que le bonhomme du haut de ses 80 ans assure encore comme un gamin. Et pourtant, le juif de naissance reconverti au bouddhisme a repris la clope, argumentant qu’il veut retrouver une voix suave et grave et qu’à son âge, ce n’est pas ça qui aura sa peau. Mauvaise résolution donc, mais pour un album qui résonne comme une ode à la joie, à la lenteur et au plaisir de vivre. Plus en forme de jamais, Leonard Cohen signe un treizième album d’une grande beauté, toujours aussi introspectif mais qui a le mérite d’être varié, et surtout, de montrer qu’il est la classe internationale.

L’album commence avec Slow. Référence à son caractère, il le dit lui-même dans les paroles, aimant la lenteur depuis sa plus tendre enfance, il explique ici pourquoi il aime être lent. Sur un air d’orgue et de batterie redondante, le chanteur livre un morceau d’une grande simplicité mais qui résonne longtemps après écoute. Sa force provient de racine profondément bluesy avec un clavier qui vient juste à point et des chœurs féminins qui viennent appuyer un refrain lancinant. La voix grave et lente du chanteur s’accapare parfaitement ce titre, qui profite aussi de trompettes pour donner une teinte plus chaude à ce morceau. Il change de registre par la suite avec maracas et percussions pour un morceau encore plus calme porté par une basse et un piano d’une grande douceur. Bien plus folk que le titre précédent, Almost Like the Blues se permet même quelques élans de violons pour un texte sombre et relativement pessimiste, ce qui n’est pas étonnant venant d’un dépressif chronique qui ne s’en cache pas. Continuant toujours dans cette rythmique lente entre folk et blues, Samson in New Orleans approfondit encore le trouble entre mélancolie et nostalgie avec un morceau d’une beauté insondable, avec violon, voix suave du chanteur et des chœurs féminins à faire pleurer les plus durs. C’est beau, c’est classe et surtout, par moments, ça rappelle du Ray Charles et c’est vraiment bon de ressentir encore ses poils se hérisser d’émotion devant un morceau de musique. Quant à A Street, le chanteur revient sur une rythmique plus blues, avec justement une rythmique classique mais un texte presque rappé avec toujours une voix d’outre-tombe à faire passer Tom Waits pour un chanteur d’opérette. C’est parfaitement orchestré et c’est surtout fait avec le cœur.

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Did I Ever Love You est une ballade d’amour encore une fois d’une grande beauté malgré le classicisme de celle-là. Mais on ne peut que fermer les yeux et écouter tous les éléments d’imbriquer les uns dans les autres. C’est pur, le refrain est rythmé à la manière d’un morceau purement folk et l’ensemble est idéal. My Oh My s’inscrit dans une démarche un peu plus pop et marquera un peu moins les esprits, car le morceau reprend tous les ingrédients déjà évoqués auparavant. C’est toujours aussi frais et d’une grande classe, notamment grâce à la présence des trompettes qui donnent un vrai cachet au titre et le titre s’inscrit parfaitement dans cette playlist voué à devenir culte. Et c’est là qu’arrive Nevermind. C’est un peu l’ovni du skeud, mais il fonctionne à merveille, hypnotisant l’auditeur. Fonctionnant qu’à base de clavier un peu comme un morceau électro, le titre pose une ambiance lourde entre rythme urbain et danse orientale sur certains passages. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que le morceau soit utilisé pour le générique de la saison 2 de True Detective, tant cela sied parfaitement à l’ambiance véhiculée par la série. Born in Chains ira chercher du côté du gospel, notamment avec l’omniprésence de chants féminins en arrière et la présence d’un clavier qui fait office d’orgue dans ce morceau doux et d’une grande sensualité. Enfin, You Got Me Singing termine l’album sur une note folk intéressante, avec violon et guitare sèche pour un titre sobre mais comme toujours envoutant et mélancolique.

Au final, Popular Problems signe un retour en force du chanteur Leonard Cohen. D’une grande beauté et d’une lenteur insidieuse, l’album est un petit bijou dont il serait dommage de passer à côté. Simple mais techniquement irréprochable, on retrouve tous les thèmes chers au compositeur et surtout une instrumentalisation d’une grande qualité. Un retour en forme pour ce qui pourrait d’apparenter à la classe incarnée et cela malgré la petite durée de l’album, qui permet de s’imprégner de tous les morceaux.

  1. Slow
  2. Almost Like the Blues
  3. Samson in New Orleans
  4. A Street
  5. Did I Ever Love You
  6. My Oh My
  7. Nevermind
  8. Born in Chains
  9. You Got Me Singing

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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