Discount – Pas Assez Cher Mon Fils

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De : Louis-Julien Petit

Avec Olivier Barthelemy, Corinne Masiero, Pascal Demolon, Sarah Suco

Année : 2015

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Pour lutter contre la mise en place de caisses automatiques qui menace leurs emplois, les employés d’un Hard Discount créent clandestinement leur propre « Discount alternatif », en récupérant des produits qui auraient dû être gaspillés…

Avis :

La comédie sociale prend de plus en plus d’importance en France. Il faut savoir qu’elle a toujours existé et que bien souvent, elle était déguisée en comédie potache ou en simple comédie loufoque. En fait, l’aspect social n’était pas le premier truc qui frappait quand on regardait Le Père Noël est une Ordure ou encore Bernie. Mais il faut reconnaître que ce sont des comédies qui dans le fond traitent d’un problème fondamental, que ce soit la faim, la pauvreté, l’illettrisme ou encore le chômage. Sauf que de nos jours, les mœurs changent, la vie devient plus dure, et il faut donc appuyer sur la morosité ambiante pour tenter de dérider les zygomatiques. Si Ken Loach est un expert là-dedans avec son Irlande, en France, on traine un peu la patte et il faut se pencher sur des comédies gauchistes à tendance politique très soulignée. Ainsi, Discount n’échappe pas à la règle et propose une comédie pas drôle, terne, à l’image de son sujet de la galerie de personnages tous plus démunis les uns que les autres.

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Des employés d’un supermarché discount sont inquiets. En effet, un plan de restructuration est en cours et des caisses informatiques vont être mises en place. Dès lors, l’un des travailleurs décide de créer un discount alternatif dans une grange, en prenant tous les invendus du vrai discount qui étaient voués au gaspillage. Mais si l’affaire marche un temps, le bouche à oreille prend trop d’ampleur et les problèmes finissent par arriver.

Qui dit comédie, dit faire rire et c’est bien là tout l’échec cuisant de ce Discount. Si les intentions sont totalement louables, en parlant du gaspillage alimentaire, du refus de donner aux plus démunis un peu de nourriture ou encore la robotisation de certains métiers, le film n’en demeure pas moins lugubre et promet un avenir peu reluisant. Il ne suffit pas d’avoir une bonne idée pour faire un bon film et Discount en est l’exemple parfait. Le principal problème vient des quelques ressorts pour faire rire qui sont inexistant, la faute à un climat ambiant plombant et dépressif. Il faut dire qu’entre le jeune actif dont le père est aveugle, la mère célibataire qui ne s’en sort pas, la vieille fille ronchonne du Nord ou encore l’arabe qui vit encore chez ses parents, on a un panel grossi totalement injustifié. Et cela ne marche pas car le film reste encore une fois dans la caricature. A l’image du travailleur portugais qui parle à peine français et qui se fait refouler par les autres. Aucun personnage n’est vraiment attachant (hormis Pascal Demolon qui fait le job et semble s’amuser) et les situations ne prêtent pas à sourire, ni même à réfléchir.

Parce qu’en plus de cela, le film reste sur une note complètement nihiliste. Si le commerce marche un temps, les grands finissent toujours par gagner. Bien évidemment que cela n’est pas volontaire de la part de Louis-Julien Petit, et il faudrait se concentrer sur le succès phénoménal de ce marché alternatif, mais la fin qui tombe comme un cheveu sur la soupe ne laisse que peu d’espoir sur l’avenir d’une telle débrouille. D’autant plus que parfois le film va assez loin dans ses idées, quitte à dire que les pauvres peuvent manger de la merde. En effet, à plusieurs reprises on entend un personnage dire que l’on ne doit rien dire sur les origines des produits et que les gens s’en foutent. Cela signifie-t-il que les pauvres peuvent manger de la merde ? Là encore, le discours est assez ambigu et on sent un léger flottement sur certaines fondations du scénario.

Mais ce n’est pas tout. La réalisation n’est pas au top aussi. On sent que Discount est un premier film et que le réalisateur se cherche par moments. Entre des cadrages hésitants, des moments un peu kitsch (notamment lorsque les protagonistes font la fête dans un appartement), le film ne trouve jamais de véritable identité. Et histoire de plomber un petit peu plus l’ambiance, le film est doté d’une couleur atroce, tout en gris, ce qui ne met pas en joie. On est clairement dans une volonté de rendre l’ensemble le moins joli possible afin de bien montrer que les employés de ce discount sont pauvres et exploités. Les seuls moments lumineux sont ceux dans la famille arabe de la patronne du discount, afin de bien appuyer sur la différence des classes, mais là aussi, le propos est plombé par son histoire, celle d’une femme seule, sans mari et sans enfant et qui bosse beaucoup trop. Au rayon des clichés, les raques sont pleins.

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Au final, Discount est une comédie qui ne fait pas rire et c’est bien là son principal défaut. Si le propos est intéressant et même capital, il est perdu dans un marasme dépressif et profondément ennuyeux. Pire que cela, le film n’est pas représentatif d’une catégorie socio-professionnelle puisqu’il accumule les clichés et les bons sentiments à tour de bras. Il en résulte un film dispensable que seront apprécier les riches, se gargarisant de telles méthodes et s’offusquant devant le gaspillage alimentaire auquel il participe chaque jour, n’apportant aucune aide ni soutien.

Note : 06/20

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Par AqME

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