octobre 28, 2020

Grosse Fatigue

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De : Michel Blanc

Avec Michel Blanc, Carole Bouquet, Philippe Noiret, Marie-Anne Chazel

Année : 1994

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Quand la célébrité devient un cauchemar pour une vedette qui tout à coup, sans comprendre, reçoit gifles et coups de poing à la place des demandes d’autographes…

Avis :

Michel Blanc a une sacrée filmographie. Depuis plus de quarante ans maintenant, il enchaîne les rôles les uns derrière les autres, même si au fond de nous, il restera à jamais Jean-Claude Dusse. Avec près d’une centaine de films au compteur, l’acteur a presque tout joué, il nous a fait rire, beaucoup avec ses potes de la troupe du Splendid, il nous a émus aussi, et même surpris, bref, Michel Blanc n’a plus rien à prouver. En revanche, c’est de manière plus discrète que l’acteur réalise aussi. Beaucoup moins conséquente, il n’a pour le moment réalisé que quatre films très intéressants à découvrir. Et aujourd’hui, je m’arrête sur « Grosse fatigue« , le second film de Blanc.

Après un premier passage derrière la caméra pour « Marche à l’ombre« , qui fut un véritable succès en salle, Michel Blanc aura attendu dix ans avant de remettre le couvert pour une nouvelle comédie, plutôt sympa qui va en dire beaucoup sur le métier d’acteur. Joli succès elle aussi au box-office, « Grosse fatigue » amuse avec son concept ingénieux et nous fait passer un moment sympathique, à défaut d’être mémorable.

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Michel Blanc est au sommet de sa carrière, tout le monde se l’arrache. Mais petit à petit, Michel commence à entendre parler de chose qu’il n’a jamais faites, ou du moins, des choses qu’il aurait faites, mais dont il n’a aucun souvenir. Petit à petit, la vie de Michel devient même un calvaire et les gifles tombent à tour de bras à cause d’actes dont il n’a strictement aucune idée. L’apothéose arrive même un beau matin, quand il est arrêté à son appartenant et violemment interrogé par les flics, car il a violé Balasko. Sa vie semble complètement lui échapper et beaucoup de ses amis se méfient de lui. Heureusement, il peut compter sur Carole Bouquet, qui décide de l’emmener dans sa maison de campagne au fin fond du Lubéron. Là, il devrait y être tranquille. Mais peu de temps après son arrivée, il apprend qu’il fera une séance de dédicaces dans un supermarché du coin… Il ne se souvient absolument pas d’avoir arrangé quelque chose avec le dit supermarché. Carole Bouquet décide alors d’y aller avec Michel et ce qu’ils vont découvrir sera surprenant et donnera enfin une logique a ce qui arrive au pauvre petit Michel…

Quand Michel Blanc s’amuse du monde des acteurs, ça donne une petite satire sympathique qui fait fortement penser au cinéma de Bertrand Blier. « Grosse fatigue« , c’est une comédie que j’aime bien, même si je la trouve parfois inégale ou abusée. J’aime beaucoup le regard que porte le comédien et réalisateur sur sa profession, d’ailleurs le film est aussi une déclaration d’amour au cinéma (une scène entre Blanc et Noiret sur les champs Élysées est simplement géniale et criante de vérité, alors que le film a plus de vingt ans). C’est un regarde assez acerbe, sans langue de bois. Il montre les acteurs dans leurs démesures, dans leur jeu au quotidien, dans leurs facettes et leurs caprices. J’aime bien ce côté-là, je le trouve drôle, simple et il remet aussi les pieds sur terre.

Le scénario est chouette et l’idée de Blanc est originale surtout quand on découvre le pot aux roses. Ce qui permettra aussi au réalisateur d’aborder un sujet dont on ne parle pas souvent (je vous laisse la surprise). Mais comme je le disais aussi, le film est assez inégal, car si parfois on s’amuse, je trouve qu’il manque aussi de piquant par moments, et l’ambiance retombe. Jamais trop longtemps, Michel Blanc arrive toujours à rattraper son film, mais parfois, j’ai ressenti un peu d’ennui. D’autres fois, aussi, je trouve que l’histoire part un peu trop loin, comme ce moment un peu gênant, où Carole Bouquet se rend au chevet d’un malade. Alors oui, ce qui suit est plutôt drôle, l’idée est bonne, car encore une fois Michel Blanc s’amuse à caricaturer les émotions des acteurs, mais si la scène marche à l’écrit, en image, elle a du mal à passer. Et il y en a quelques-unes comme ça. À chaque fois, ce sont de bonnes idées, mais mal amenées.

Le scénario a été écrit par du beau monde, on trouve Michel Blanc bien sûr, mais aussi Bertrand Blier, Jacques Audiard et Balasko, d’où le fait que le film se tape des répliques assez magiques et tordantes, dont certaines sont vraiment phénoménales, comme Carole Bouquet qui demande à être prise « comme une ouvrière »… Je crois que cette réplique me fera toujours autant rire, surtout venant de Bouquet et son image de bourgeoise coincée et frigide.

Pour donner de la crédibilité à son film, Michel Blanc a demandé à tout le gratin du cinéma français d’apparaître sous leur propre nom, ainsi ça donne des scènes plutôt funs quand l’arnaqueur approche Régine, Mathilda May, Charlotte Gainsbourg ou Josiane Balasko. Tous ont répondu à l’appel et la liste est presque infinie tant acteurs et réalisateurs sont aux détours de chaque coin. On notera quand même un beau rôle pour Philippe Noiret, qui s’incarne lui-même. Puis, Philippe Du Janerand est vraiment génial en flic qui a envie de se payer un acteur.

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Des répliques très bien trouvées, des acteurs qui s’assument et une idée intéressante, avec « Grosse fatigue » Michel Blanc a donc réalisé une comédie sympa, bourrée d’autodérision. Si le film n’est pas non plus exceptionnel, il n’empêche qu’on passe un bon moment devant.

Note : 12,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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