Breaking Benjamin – Dark Before Dawn

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Avis :

Trouver le nom de son groupe relève parfois du hasard ou de la déconnade la plus simple. Si certains ont des significations particulières, pour d’autres, c’est soit un délire, soit un jeu du sort qui a fait que le nom du groupe devienne ce qu’il est. A titre d’exemple, Breaking Benjamin est un nom assez bizarre pour un groupe et son origine est assez loufoque. A l’origine, le groupe s’appelait Plan 9. Mais lors d’une audition, le chanteur, Benjamin Burnley, a cassé le micro que son pote lui avait prêté. Du coup, il lui tient à peu près ses propos : Thanks to Benjamin for breaking my fucking mic. Et de là est né le nom de ce groupe de métal alternatif originaire de Pennsylvanie. Trouvant ses origines à la fin des années 90, le groupe se fait connaître grâce une radio locale qui a passé une fois l’un de leurs morceaux et il fut le numéro un des demandes. Et c’est en 2002 que sort le premier skeud, Saturate, recevant un accueil critique plutôt chaleureux. Fort de ce succès, le groupe sort un album tous les deux ans, essayant d’explorer différents thèmes, comme Phobia qui parle des phobies du chanteur. Après quelques déboires juridiques et une séparation, le groupe annonce un tout nouveau line-up, excepté le chanteur, et propose Dark Before Dawn, son cinquième album.

Le skeud démarre avec Dark, une intro assez sombre, mais qui tend à se rendre plus nostalgique vers la fin. Elle est l’opposée de Dawn, l’outro de l’album, qui sera plus lumineuse est teintée d’espoir. Pas grand-chose à signaler jusque-là, le groupe essayant de donner une atmosphère particulière à l’album. C’est alors qu’arrive Failure, le premier moreau choisi pour vendre l’effort. A la première écoute, cela peut sembler terriblement commercial, mais c’est un peu la marque de fabrique du groupe. Officiant dans un métal alternatif qui rappelle Disturbed en version allégée ou encore Nickelback en version hargneuse, Breaking Benjamin signe un premier morceau sympathique, qui rentre rapidement en tête, avec un refrain efficace et des riffs pas si dégueulasses que cela. D’ailleurs, on retrouvera une certaine nervosité contenue dans ce skeud qui fait plaisir à attendre même si on sent une certaine retenue pour ne pas faire fuir les fans. Ainsi, Breaking the Silence propose quelques growls en second plan donnant un aspect plus sombre au refrain qui reste très mercantile, mais diablement entêtant. D’ailleurs, le morceau fait penser à ce qu’aurait pu proposer Adema, le groupe du frère du leader de Korn. On retrouve cette rage dans le titre Bury me Alive, qui garde aussi un aspect un peu glauque, presque dépressif. C’est dans ces morceaux que l’on ressent tout le potentiel du groupe, offrant des pièces un peu plus complexes et surtout plus énergiques. On pourra aussi parler de Hollow, un morceau imposant et bien produit, qui montre là aussi des capacités insoupçonnées chez le groupe pour fournir quelque chose qui se situe entre l’émotion et l’énergie.

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Maintenant, il est vrai que l’album n’est pas parfait et notamment à cause d’une certaine redondance. En effet, on a l’impression que chaque morceau est calibré pour la radio ou tout du moins pour une exploitation commerciale. On retrouve ce défaut chez de grands groupes de métal alternatif ou de hard rock, mais cet aspect radiophonique est assez dérangeant quand on est dans un genre qui ne s’exploite pas facilement, tout du moins en France. Il aurait été agréable que le groupe s’essaye, au moins sur un titre, à un morceau plus long, plus travaillé, avec une ambiance lourde. De ce fait, le groupe s’enferme un petit peu dans quelques morceaux qui ne marquent pas les esprits comme Never Again ou Close to Heaven (même si le titre est assez intéressant, notamment dans son refrain). Et puis comment ne pas passer à côté des quelques ballades ou tout du moins ce qui s’en rapproche. Angels Fall est l’exemple typique de musique qui marche auprès des gonzesses, avec quelques riffs par trop agressifs mais un peu quand même et surtout, un chanteur qui pose sa voix quelques secondes. On retrouvera cela avec Ashes of Eden, qui est le titre émotionnel par excellence, qui fonctionne un temps, mais qui lasse très rapidement. Mais encore une fois, on retrouve cet aspect de calibrage, avec l’obligation de mettre une ballade dans un skeud.

Au final, Dark Before Dawn, le dernier album de Breaking Benjamin, est plutôt sympathique et s’avère même au-dessus de certains albums récents de métal alternatif. Malheureusement, il lui manque une prise de risque pour vraiment marquer l’auditeur et l’aspect commercial est bien présent, donnant au final un produit agréable mais trop calibré pour les radios américaines et ainsi vendre un max de skeuds. Intéressant, plaisant, mais pas révolutionnaire.

  1. Dark
  2. Failure
  3. Angels Fall
  4. Breaking the Silence
  5. Hollow
  6. Close to Heaven
  7. Bury me Alive
  8. Never Again
  9. The Great Divide
  10. Ashes of Eden
  11. Defeated
  12. Dawn

Note : 13/20

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Par AqME

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