Venin – Huis-Clos Reptilien

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Titre Original : Venom

De : Piers Haggard

Avec Klaus Kinski, Oliver Reed, Nicol Williamson, Sarah Miles

Année: 1981

Pays: Angleterre

Genre: Thriller, Horreur

Résumé :

Une gouvernante et un chauffeur mettent au point un plan machiavélique pour enlever le fils de la maison. L’opération va s’avérer plus difficile que prévue : le petit Philip vient d’acquérir un mamba noir, le serpent le plus dangereux au monde. Après une erreur de livraison du labo, celui-ci se retrouve en toute liberté dans la maison.

Avis :

Comme tout changement de décennies, les années 80 représentent une année charnière pour le cinéma. Si dans les années 70 les mentalités changent et on aborde un cinéma plus franc et plus vif avec d’anciennes équipes assurant une certaine solidité, les années 80 seront plus libertines, plus rentre-dedans avec des équipes de réalisateurs qui prennent des risques afin de proposer un cinéma plus dur, plus âpre, mais aussi plus drôle. Un vent de liberté soufflait à cette époque sur Hollywood et les films les plus fous ont vu le jour. Seulement, certains films sont restés ancrés dans les années 70, non pas par leur thème ou leur genre, mais dans une réalisation qui se veut nerveuse tout en ayant un aspect réaliste et calme. A la frontière entre le cinéma d’horreur et le thriller, Venin, de son titre original Venom, tente de créer un climat angoissant avec un huis-clos reptilien qui rate presque le coche s’il n’avait pas cette ambiance si kitsch aujourd’hui.

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Une femme doit retrouver son mari à l’étranger. Elle laisse alors son garçon asthmatique au grand-père ainsi qu’à la femme de ménage et au chauffeur. Fou des animaux, le jeune garçon part chercher un serpent inoffensif pour agrandir sa collection. Malheureusement, son serpent inoffensif est malencontreusement échangé avec un Black Mamba, le serpent le plus venimeux du monde. Mais pire encore, la femme de chambre et le chauffeur ont fomenté un coup pour faire chanter leur employeur. Il débauche un troisième homme pour prendre en otage enfant et grand-père et tenter de gagner de l’argent. Mais le serpent se libère et les choses ne vont pas se passer comme prévu.

Il n’est jamais évident de faire deux films en un en trouvant un juste équilibre. Soit c’est trop horreur, soit c’est trop thriller lorgnant vers le policier. Venin est l’exemple typique de la bonne idée, mais qui va presque se muer en chemin de croix à cause de choix narratifs douteux et d’une ambiance peu angoissante. Et c’est là le principal problème du film, l’absence de tension. Entre une prise d’otage et un serpent qui se balade, il y avait de quoi tenir une corde à l’extrême. Mais les choix de Piers Haggard ne sont pas judicieux. Dans les deux cas de figure. Du côté des braqueurs, si Klaus Kinski tient bien son rôle, les relations sont très caricaturales et on a du mal à ne pas comprendre pourquoi il ne tue pas le chauffeur qui est un gros abruti incompétent. Ce qui pourrait installer un malaise et introduire un personnage ultra violent devient une relation conflictuelle entre un dominé et un dominant comme en voit tant. Du côté du serpent et donc de la partie horrifique, c’est sensiblement la même chose. On voit très peu le serpent et les rares fois où il attaque, c’est très furtif et il n’y a pas de construction précédente pour introduire une peur primale.

Et là où le film perd de son intérêt, c’est qu’à aucun moment on a peur pour l’enfant ou le grand-père. Premièrement parce que le garçon n’est jamais en danger hormis quand il fait une crise d’asthme. Et deuxièmement parce que lorsque le grand-père chasse le serpent dans la chambre, on voit ce dernier se barrer de la chambre par le conduit de ventilation, il n’est donc plus présent et le grand-père ne risque rien. Du coup, les seuls moments où l’on aurait pu avoir de la tension, on n’a rien et on s’ennuie sec. C’est dommage parce que le film avait quelques bons points, mais qui sont là aussi peu ou pas exploités.

A titre d’exemple, on peut citer les choix du réalisateur à filmer de temps à autre le point de vue du serpent. Si c’est plutôt intelligent et peut donner lieu à des scènes étranges, elles ne sont présentes que pour combler du vide et n’apportent rien au film, que ce soit des indices sur la prochaine victime ou le lieu où se planque le serpent. Mais le film comporte tout de même de bons points, comme des personnages plutôt bien écrits et pour certains assez ambigus. La femme de chambre par exemple, est réellement mauvaise, mais joue un double-jeu, semant le trouble dans l’équipe des malfrats. De plus, les gentils sont très attachants, à l’image du garçon qui évite le cliché du braillard ou encore le grand-père qui incarne la figure du courage et du modèle que l’on veut suivre. Il est d’ailleurs étonnant qu’il n’y est pas de figure paternelle dans ce métrage, préférant jouer sur la relation petit fils/grand-père. On regrettera aussi l’énorme gâchis sur le personnage du flic, qui semble être une légende mais qui ne fait pas grand-chose. Enfin, on peut parler du choix judicieux d’utiliser un vrai serpent, donnant plus de crédit à la bestiole même si on la voit très peu.

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Au final, Venin n’est pas un film foncièrement désagréable, mais il se trouve entre deux époques, ce qui ne lui réussit pas. Voulant mettre en osmose deux genres, Piers Haggard se loupe ne trouvant pas le juste équilibre et laissant peu de place à l’horreur au profit d’un huis-clos assez tranquille et qui ne recèlera que peu de surprises. Bref, un film presque anecdotique même s’il place le serpent dans un milieu urbain et que certains passages sont plutôt bien fichus.

Note : 11/20

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Par AqME

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