L’Echappée Belle

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De: Emilie Cherpitel

Avec Clotilde Hesme, Florian Lemaire, Clotilde Courau, Keziah Jones

Année: 2015

Pays: France

Genre: Drame

Résumé:

Il est 5 heures du matin, à une terrasse de café, Léon s’assoit à la table d’Eva et lui demande un chocolat chaud. Il a 11 ans et ne connaît pas ses parents. Elle a 35 ans et pas d’enfant. Elle est libre, fantasque et mène une vie de privilégiée. Il est malin, sage et vit dans un foyer. Ils ne vont plus se quitter.

Avis:

Inconnue du grand public, Emilie Cherpitel a longtemps été assistance réalisatrice aussi bien pour des réalisateurs français (Guillaume Galienne, Jennifer Devoldère, Nicolas Saada ou Frédéric Beigbeder entre autres) que pour de grands réalisateurs étrangers puisqu’elle a bossé sur « Marie-Antoinette » de Coppola, « Une grande année » de Ridley Scott, « Le fils de Chucky » et elle fut même la première assistante de Wes Anderson sur l’excellent « À bord du Darjeeling Limited ». La jeune femme a donc un sacré bagage derrière elle et c’est en toute logique qu’elle passe enfin derrière la caméra avec « L’échappée belle« , son premier film.

Sorti mi-juin en toute discrétion, « L’échappée belle » propose une jolie histoire pleine de rêveries et de bons sentiments. Avec son premier film, Emilie Cherpitel nous emporte pour un court instant (son film ne fait qu’une heure et quart) dans un film qui donne le sourire et fait du bien au moral. En clair, c’est une belle bouffée d’air frais qui souffle sur les écrans qui ont bien voulu projeter ce petit film plein de belles intentions.

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Paris, très tôt, un matin comme un autre. Éva s’installe à la terrasse d’un café après une soirée et une nuit sympathique. Très vite, Léon, un jeune garçon de onze ans, s’installe avec elle et lui demande si elle veut bien lui payer un chocolat chaud. Léon a une bonne petite tête et Éva accepte. Eva est libre et fait ce qu’elle veut dans la vie. À trente-cinq ans, elle ne se soucie de rien d’autre qu’elle-même et aime laisser le temps s’évader. Pourtant, ce matin-là, si au départ, elle est amusée par ce petit garçon, elle va finalement être touchée par son histoire, car Léon vient de s’évader d’un foyer et il est monté à Paris pour rencontrer sa mère qu’il ne connaît pas. Entre Éva et Léon naît une amitié et bientôt, ces deux écorchés de la vie ne vont plus se quitter.

Le premier film de Emilie Cherpitel est ce que j’appelle une contraction de plaisir dans le sens où le film a pas mal de défauts et pourtant, je me suis laissé prendre au jeu et j’en suis ressorti le sourire aux lèvres, content d’avoir passé un bon moment devant. Je m’explique.

Ce qui est terrible avec « L’échappée belle« , c’est que si on regarde bien, c’est un film assez grossier et un peu mal foutu. L’histoire au départ, enfin surtout cette rencontre, ne tient pas vraiment la route. La réalisatrice s’appuie assez facilement sur les petits miracles de la vie. Cette rencontre a un côté très naïf, qui tient le temps du chocolat chaud, mais ne marche pas vraiment pour la suite, ce moment où le petit Léon va suivre Éva jusqu’à chez elle. Ensuite, le portrait de cette fille à papa, en rébellion contre la vie, son entourage, et même elle-même, est trop évident et bien trop appuyé. On est presque dans la caricature de la jeune bourgeoise bohème et décalée qui ne veut pas grandir. Les codes et l’univers que le film emploie sont assez improbables et ont bien du mal à convaincre, entre cet appartement très rose bonbon sucré, la sœur dépassée qui donne de vieux prénoms à ses enfants (André, Capucine …) et ce train que les deux personnages vont prendre, qui est tout droit sorti du siècle dernier, le film développe un univers beau à l’image mais qui a du mal à se justifier dans l’histoire.

Ce qui fait aussi l’énorme charme du film, ce qui fait que malgré les maladresses et les facilités on se fait totalement duper, c’est ce duo magique formé par Clotilde Hesme et Florian Lemaire. Tristes et drôles en même temps, mélancolique et plein d’espoir à la fois, ils font la paire et on est presque obligé de fondre devant eux. Clotilde Hesme est géniale dans la peau de cette femme enfant. Bien sûr, on aurait préféré que la réalisatrice ne tombe pas dans le cliché de la famille aisée, à qui tout réussi et elle, c’est le vilain petit canard, mais grâce au talent et au charme de la comédienne, que je n’avais pas vu aussi belle et bien dans la peau de son personnage depuis un bon bout de temps, Éva est séduisante et elle nous donne vraiment envie de la suivre. Pour l’accompagner et faire fondre nos cœurs, la réalisatrice nous a sorti le petit Florian Lemaire, qui est un amour de petit orphelin. Qui ne craquerait pas devant son regard triste et sa façon géniale de tirer la gueule. Le petit tient son rôle jusqu’au bout et j’avoue qu’il est arrivé à m’émouvoir à plus d’un moment. À noter que pour son premier film, Emilie Cherpitel a réussi à réunir dans son film, Peter Coyote, qui joue dans un français assez remarquable, le chanteur Keziah Jones, qui fait ses débuts devant la caméra, ou encore Clotilde Courau, en bourgeoise on ne peut plus cliché, presque insupportable, et Yannick Choirat dont le charme accompagnera plus d’une fois notre duo de choc.

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Du coup, ce duo fonctionne si bien, qu’il arrive à nous en faire oublier tout ce qui ne va pas dans ce premier film et c’est aussi surprenant que bienvenu, car grâce à eux, j’ai passé un vrai bon moment devant ce film et j’en ressors ravi. Et avoir réussi à convaincre avec un film bourré de maladresses et d’invraisemblances, et qu’on en ressort heureux, c’est une vraie surprise. Pour dire, je suis curieux de voir le prochain film de la réalisatrice.

Note: 15/20

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Par Cinéted

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