octobre 26, 2020

Le Petit Lieutenant

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De : Xavier Beauvois

Avec Nathalie Baye, Jalil Lespert, Roschdy Zem, Antoine Chappey

Année : 2004

Pays : France

Genre : Policier

Résumé :

A sa sortie de l’école de police, Antoine monte à Paris pour intégrer la 2ème division de police judiciaire. Caroline Vaudieu, de retour dans le service après avoir vaincu son alcoolisme, choisit le petit lieutenant pour son groupe crim’.
Plein d’enthousiasme, Antoine fait son apprentissage du métier aux côtés de ses hommes.
Vaudieu s’attache rapidement à ce jeune homme, de l’âge qu’aurait eu son fils disparu…

Avis :

Xavier Beauvois est un excellent comédien, mais c’est aussi un réalisateur très intéressant. Derrière sa caméra, il s’attache à des sujets forts. Cinq ans avant de recevoir son César du meilleur film pour « Des hommes et des dieux« , le réalisateur, pour son quatrième film, nous invitait à entrer dans la police parisienne avec « Le Petit lieutenant« .

Joli succès en salle (plus de sept cent mille entrées à l’époque), « Le Petit lieutenant » est une belle plongée dans l’univers de la police judiciaire d’un des arrondissements de Paris. Très réaliste dans le quotidien, Xavier Beauvois nous offre un bon film qui nous emporte au plus près de cette équipe. « Le Petit lieutenant  » est un film riche et imprégné qui, grâce à pas mal de détails, arrive à nous faire oublier une enquête quelque peu banale.

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À sa sortie de l’école de police du Havre, Antoine monte à Paris pour intégrer la police judiciaire. Pour le jeune homme, c’est une consécration, le rêve d’une vie. Et le rêve est d’autant plus beau qu’il est choisi par Caroline Vaudieu, un excellent commissaire de retour à la crim après avoir réussi à vaincre son alcoolisme suite à la perte de son fils. Le petit lieutenant et la commissaire tissent rapidement de bons liens. Antoine est vite balancé dans le quotidien de la brigade, car le corps d’un SDF est retrouvé sans vie et l’enquête s’avère plus lourde qu’un simple règlement de comptes qui aurait mal tourné.

« Le Petit lieutenant » est un film qui s’oppose à lui-même. Je m’explique. Si on suit l’intrigue générale de ce « petit lieutenant », on n’y trouvera aucune surprise. L’histoire est on ne peut plus simple et les rebondissements liés à cette dernière sont vus et revus. Le fil rouge du scénario ressemble plus à un téléfilm qu’on suivra tranquillement n’importe quel soir dans la semaine. Il ne faudra donc rien attendre d’exceptionnel dans son déroulement. Et je dois dire que je suis un peu déçu de ce côté-là. Mais comme je le disais plus haut, « Le petit lieutenant » s’oppose à lui-même et c’est autre part qu’il va falloir chercher l’excellence du film. Et on ne va pas chercher bien longtemps pour se rendre compte à quel point le film de Xavier Beauvois est bon.

Plus qu’un simple film sur la résolution d’une enquête, avec « Le petit lieutenant » Xavier Beauvois analyse le quotidien de la police, d’hommes et des femmes, les rapports humains entrent eux, leurs vies privées et aussi pendant les heures de service. Et il va le faire en brossant le portrait de tout un tas de personnages très intéressants, proposant différents points de vue sur le métier et la fonction. Le flic sur le retour qui reprend confiance en lui, le jeune qui découvre le tout, le flic usé et désabusé. Les personnages sonnent vrais et le réalisateur apporte un souci de réalisme qui ferait presque passer son film pour un documentaire. Beauvois aborde beaucoup de sujets avec précision, recul et sans juger personne ou tomber dans la dénonciation et le film engagé, ce que personnellement, j’ai trouvé très bon. Il aborde des sujets tels que l’alcoolisme, le racisme, les drogues, le tort, le manque de moyens et d’effectif, les différents services qui s’entrecroisent, la hiérarchie, la culpabilité et les procédures, le protocole. Ici, ne vous attendez pas à du tape à l’œil ou à un côté noir, comme chez Olivier Marchal. Et c’est ce qui fait le caractère de ce film et sa force, c’est sa simplicité, son intimisme et son réalisme. J’ai bien trouvé quelques petites longueurs tout de même. Principalement quand le film s’attarde sur l’enquête en elle-même qui reste tellement moins intéressante que les relations ou les problèmes que le film aborde de manière brillante. Et je pense qu’avec une enquête moins déjà vue et banale, le film de Xavier Beauvois aurait pu être cent fois mieux. C’est vraiment dommage, cette opposition.

« Le Petit lieutenant« , c’est aussi un très bon film d’acteurs où chacun trouve parfaitement sa place. Ce qui risque de surprendre beaucoup, c’est que j’ai tant entendu dire que Nathalie Baye était démente dans la peau de cette commissaire fragile, que je m’attendais à une performance incroyable de l’actrice et malgré qu’elle m’ait touché, je ne peux pas dire que je suis resté sur le cul au point de lui donner les honneurs du César de la meilleure actrice. Par contre, là où j’ai été bluffé et saisi, c’est de la part de Jalil Lespert que j’ai trouvé génial dans la peau de ce jeune flic.

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L’enquête n’est donc pas terrible, car on aurait pu avoir amplement mieux, mais, en contrepartie, Xavier Beauvois réussit à totalement nous immerger dans son film. « Le Petit lieutenant » est donc un bon film de flics, réaliste, pas loin du docu. J’ai passé un moment très sympa devant. Et je dois dire que j’ai préféré celui-là et de loin, à « Des hommes et des dieux« , le seul autre film que j’ai vu de Beauvois, qui est lui aussi un film très sympa et recommandable.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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