Valley of Love

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De : Guillaume Nicloux

Avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Dan Warner, Aurélia Thierrée

Année : 2015

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Isabelle et Gérard se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils Michael, photographe, qu’ils ont reçue après son suicide, 6 mois auparavant.
Malgré l’absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael…

Avis :

Guillaume Nicloux est un réalisateur que j’aime beaucoup notamment pour ses polars très sombres, comme « Cette femme-là« , « La clef » ou « Une affaire privée« . Mais ça faisait un bon moment que le réalisateur n’avait pas sorti un film qui me donne envie de me déplacer en salle. Entre « Holiday » qui n’avait pas l’air terrible et « La Religieuse » qui avait l’air encore moins bien, j’attendais avec une certaine impatience le retour de Guillaume Nicloux.

Et il a fini par arriver avec « Valley of love« . C’est le premier film de Nicloux qui m’a donné envie d’aller le voir en salle depuis 2007, c’est dire ! Loin de la France, c’est aux États-Unis, en Californie, dans la vallée de la mort, que le réalisateur est parti filmer ce drame intime et spirituel qui réunit deux mastodontes de notre cinéma, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu qu’on n’avait pas vu aussi touchant et bon depuis des lustres !

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Isabelle et Gérard ont eu un fils Michael voilà trente ans. Mais il y a six mois, Michael s’est donné la mort. Le jeune homme a laissé une lettre à chacun de ses parents, leur expliquant qu’ils doivent impérativement être dans la semaine du 12 Novembre dans la vallée de la mort, car le jeune va revenir. Ce n’est pas une blague, c’est très sérieux, et pour cela, il a organisé un parcours à travers le désert, et ainsi indiqué l’heure et les endroits où ses parents doivent se rendre. Et c’est comme une dernière faveur, mélangée à un espoir incertain qu’Isabelle réussit à convaincre son ex-mari de faire ce voyage pour leur fils.

Le deuil, un sujet assez difficile à aborder au cinéma, car on ne compte plus le nombre incalculable de films qui ont été faits sur le sujet et bien souvent, ces films se ressemblent tous un peu. Et pourtant, c’est le sujet qu’a choisi Guillaume Nicloux pour nous parler de la vie. Libre et lumineux, « Valley of love » est un film à mille lieues de ce que l’on peut imaginer d’un film qui affronte de face la mort, la perte d’un fils, les regrets et les remords. Très beau dans sa trame, Guillaume Nicloux réalise là un film touchant, qui à certains moments m’a même bouleversé. Le scénario est très beau dans ce qu’il ne dit pas, dans son espoir et sa spiritualité. On suit avec une certaine fascination les deux personnages se rendant sur les lieux prédéfinis par leur défunt fils. On les écoute se remettre en question, analyser leur vie, leur passé, leur présent (faut-il espérer ou non ce retour) et même leur futur (accepter la mort, passer à autre chose et vivre). Les dialogues sont beaux et dits avec justesse par ces deux comédiens magnifiques et puissants. Comme eux, le réalisateur arrive à nous faire croire au possible retour de ce fils disparu. C’est absurde, invraisemblable, impossible et pourtant, on se surprend à chercher dans les arrières plans des différents lieux dans l’espoir d’une dernière rencontre.

C’est un film que j’ai trouvé beau à regarder. Magnifiquement filmé, il est dépaysant. Guillaume Nicloux filme ce désert avec beaucoup de poésie. Les images sont belles, calmes, légères. La photographie est somptueuse et elle pourrait presque nous faire sentir la chaleur de ces lieux. Je pense franchement qu’esthétiquement parlant, ce cru 2015 est son plus beau.

Mais si beau soit-il dans son histoire ou son visuel, « Valley of love » se contre-choque avec un rythme excessivement lent, presque soporifique en son milieu et malgré la fascination que le film a pu avoir sur moi, malgré les sentiments que j’ai pu avoir pour l’histoire, je dois dire que je me suis parfois ennuyé. Pas tout le temps, c’est vrai, mais une bonne partie quand même, ce qui a eu tendance à me gâcher le plaisir. À chaque fois que le film m’a fait plonger au cœur de sa spiritualité, il y a eu toujours des longueurs pour m’en faire ressortir.

Pour son film, Guillaume Nicloux a réuni l’un des castings les plus beaux et touchants de l’année. Un casting, qui, s’il n’est pas aussi fourni que beaucoup d’autres, en impose tout autant. Pour son film, Guillaume Nicloux réinvente le couple de Maurice Pialat, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu et offre par la même occasion à ces deux acteurs les rôles les plus touchants, sincères et justes depuis une éternité. Surtout en ce qui concerne Depardieu qui n’a pas été aussi bouleversant depuis des lustres. On peut même parler de la résurrection d’un acteur. Leur « couple » est beau et tendre, triste, et en même temps plein de poésie.

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Le film est très particulier et il ne pourra pas plaire au plus grand nombre, c’est sûr, et je ne parle pas que du rythme trop lent, car il faut aussi accrocher avec cette quête spirituelle. Pour ma part, malgré l’ennui éprouvé, je suis ravi d’avoir vu ce « Valley of love« , qui est un très beau film, aussi bien dans ce qu’il montre, ce qu’il dit et que ce qu’il sous-entend.

Note : 13/20

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Par Cinéted

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