octobre 28, 2020

Le Cri du Sorcier – Hurlement Primaire

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Titre Original : The Shout

De : Jerzy Skolimowski

Avec Alan Bates, Susannah York, John Hurt, Tim Curry

Année: 1978

Pays: Angleterre

Genre: Horreur

Résumé:

Robert Graves, médecin psychiatre, est associé à un mystérieux patient, Crossley, pour comptabiliser les points d’un match de cricket organisé pour occuper l’après-midi des pensionnaires d’un hôpital psychiatrique anglais. Laissant le soin à Graves d’officier, Crossley se lance dans l’évocation de son passé. De retour d’un séjour de 18 ans chez les Aborigènes Australiens – où il découvrit la sorcellerie et tua ses deux enfants – il investit la maison, et la vie des Fielding, un couple anglais sans histoires. Menaçant ceux-ci d’user de son « Cri du Sorcier », censé tuer quiconque l’entend à la ronde, il prend possession de la demeure du couple, à la fois fasciné et répugné par cet homme au charisme et aux pouvoirs captivants…

Avis :

Le film d’horreur est un genre souvent méprisé par la globalité des gens se définissant comme cinéphile. Il est toujours de bon ton de dire que la drame ou les histoires larmoyantes traitant d’un sujet dur sont toujours bien plus évoluées que les histoires d’horreur Sauf que lorsqu’un réalisateur habitué aux film d’auteur livre un film d’horreur dans un genre particulier, on sent le vent tourner. Le pseudo bobo retourne sa veste et commence à évoquer des films tels que l’Exorciste ou encore Poltergeist. Il est plus simple d’avouer que le cinéma d’horreur fait partie intégrante du cinéma et qu’il n’est pas juste le vilain petit canard crétinoïde. En 1978, Le Cri du Sorcier de Jerzy Skolimowski, remporte le prix du jury à Cannes et devient un genre d’ovni, à la frontière entre fantastique, thriller et horreur. L’occasion de revenir sur ce film est la réédition de Elephant Films dans un magnifique bluray, permettant de découvrir cette œuvre, difficile d’accès, mais terriblement dérangeante.

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Alors qu’une partie de cricket s’organise dans le parc d’un asile d’aliénés, un médecin partage la cabane pour le comptage des points avec un ami du directeur de l’asile. Ce docteur va alors raconter l’histoire de sa vie, comme quoi il a passé 18 ans de sa vie en Australie chez les aborigènes, qu’il a tué ses enfants et qu’il a pris possession d’une famille anglaise grâce à la magie.

A la croisée entre le fantastique et l’horreur, le Cri du Sorcier est un film hybride relativement difficile d’accès. Il faut dire que le réalisateur brouille les pistes et livre un film à la narration particulière et à l’esthétique très épuré. On pourrait croire d’ailleurs que le film débute comme une comédie avec ces fous qui font une partie de cricket, mais très rapidement, le film part dans le thriller, mettant les nerfs du spectateur à rude épreuve. Il faut dire que ce film est très axé sur le son et la puissance de son acteur principal. Alan Bates est bluffant dans le rôle de ce sorcier qui vampirise un jeune couple ne pouvant avoir d’enfants. Il ne faudra pas chercher de raisons au choix de la famille, il n’y aura d’ailleurs pas de réponses, mais le film fonctionne aussi grâce à ce fil relationnel tendu entre les trois personnages principaux. Si au départ cela reste discret et se fait à petit feu, c’est par la suite que tout s’accélère et que l’on va voir l’emprise du sorcier.

L’ambiance est glauque à souhait, jouant sur des teintes grisâtres et un brouillard permanent. Skolimowski, dans sa mise en scène, va tout faire pour mettre le spectateur en tant que voyeur impuissant face aux manigances du sorcier. Cette situation, qui échappe totalement au mari du film, va mettre mal à l’aise le spectateur, notamment à cause du regard glacial d’Alan Bates, mais aussi à la folie envahissante de Susannah York qui succombe comme une mouche dans du miel. Certains plans sont justes hallucinants, à l’image du retour du sorcier que l’on voit dans l’encadrement d’une porte avec la femme à ses genoux, complètement servile, ou encore lorsque l’on aura un arrêt sur image avec la femme nue à quatre pattes, faisant écho à une photo dans le laboratoire de sons du mari. Ces effets ajoutent un malaise constant et grandissant dans un métrage étrange et austère.

Mai le film n’a pas que des qualités et aujourd’hui encore, il reste assez mystérieux et bourré de symboles que l’on ne voit pas forcément. Outre le fait que le film reste bizarre, ne donnant jamais la véritable nature des personnages, ou tout du moins laissant le spectateur sur des doutes permanents, il est aussi très lent et s’appuie fortement sur le travail du son. Si cela rajoute une ambiance pesante, il faut dire que cela ralentit pas mal le film, offrant des passages déroutants. Enfin, la narration et le montage étant très particulier, il est fort possible que le spectateur se perde dans cette histoire, le final laissant les pleins doutes sur la véracité du propos. On restera aussi perplexe sur la nonchalance du mari qui laisse cet inconnu pénétrer chez lui sans trop rien dire.

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Au final, Le Cri du Sorcier est un film très particulier qui risque d’en laisser plus d’un sur le carreau. Austère, difficile d’accès, le film de Jerzy Skolimowski a tout de même le mérite d’avoir une ambiance pesante, envahissante et presque dépressive. Loin du film d’horreur lambda, il propose un vrai challenge pour le spectateur, ne le prenant pas pour un con et étant très loin de la démonstration pour un film fin, malin mais qui possède aussi des défauts comme un rythme trop lent et des passages inutiles.

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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