octobre 27, 2020

Gunman – Complot Pour les Nuls

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Titre Original : The Gunman

De : Pierre Morel

Avec Sean Penn, Jasmine Trinca, Javier Bardem, Ray Winstone

Année : 2015

Pays : France, Angleterre, Espagne

Genre : Action

Résumé :

Ex-agent des forces spéciales, Jim Terrier est devenu tueur à gages. Jusqu’au jour où il décide de tourner la page et de se racheter une conscience en travaillant pour une association humanitaire en Afrique. Mais lorsque son ancien employeur tente de le faire tuer, Jim n’a d’autre choix que de reprendre les armes. Embarqué dans une course contre la montre qui le mène aux quatre coins de l’Europe, il sait qu’il n’a qu’un moyen de s’en sortir indemne : anéantir l’une des organisations les plus puissantes au monde…

Avis :

Il est difficile pour un cinéaste de sortir d’un genre de prédilection. Si certains ont la volonté de s’essayer à différents genres comme Matthew Vaughn, Steven Spielberg ou encore Peter Jackson, d’autres se contentent de faire ce qu’ils aiment ou de rester dans le domaine qu’ils apprécient. En France, avoir une étiquette est monnaie courante et les réflexions ont la vie dure. La preuve en est faite avec la pléiade de réalisateurs préférant rester dans la comédie ou alors dans le drame. Il faut dire que les autres genres sont un peu mal vus chez nous et que l’action ou l’horreur n’ont pas le vent en poupe au niveau de la production. Pierre Morel s’est fait une spécialité du cinéma d’action, commençant avec Banlieue 13, puis continuant avec le très bon Taken premier du nom. Il est aussi devenu le spécialiste des acteurs américains dans des productions françaises, comme Travolta dans From Paris With Love ou Sean Penn dans Gunman qui vient de sortir au cinéma. Malheureusement, un grand acteur sur l’affiche ne sauve pas un film d’un scénario anémique et d’une mise en scène peu inspirée.

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Jim Terrier travaille main dans la main avec une organisation humanitaire. Il doit sécuriser les zones au Congo et parfois mener des actions pour protéger les hommes et femmes qui aident les habitants pauvres de ce pays. Il reçoit alors une mission, tuer un homme dans un voiture et fuir le pays par la suite. Huit ans après avoir effectué le contrat, il retourne au Congo pour forer des puits pour amener l’eau potable. Il est alors attaqué et découvre qu’une organisation en a après lui et ses amis ayant participé à la mission. Il va remonter la piste et découvrir qu’une agence internationale et derrière tout ce complot qui risque de faire grand bruit s’il est diffusé à la presse.

Sans pour autant faire des films énormes, Pierre Morel a su, en deux films, montrer qu’il était possible d’allier le cinéma français avec le cinéma d’action. Malheureusement pour lui, en deux films, il a aussi prouver qu’il pouvait fournir des films assez médiocres, bas de plafond et qu’il ne faisait que répéter une recette qui sent le roussi. Gunman ne sort pas des balises qu’il a tranquillement posées avec Taken. Sauf qu’au lieu de faire un film d’action linéaire au niveau du scénario mais dynamique sur la forme, il essaye de mettre en place des histoires complexes (ou qu’il rend complexe) pour une action au rabais et qui n’aura aucune surprise. Ce film est typiquement le genre de métrage fast-food, que l’on voit une fois mais que l’on oublie très vite. Et cela est dû à plusieurs choses.

Tout d’abord, le scénario n’est clairement pas à la hauteur. Au fur et à mesure que l’histoire avance, il se complexifie, multipliant les personnages et les fusillades sans que cela n’apporte un élément important dans la trame générale. Fonctionnant sur le twist de fin révélant le mandataire du contrat, le film se perd dans des personnages secondaires, comme Idris Elba qui ne sert strictement à rien, et ne présente rien au spectateur pour être maintenu en alerte. On sait que le héros va se sortir des situations, on sait qu’il va sauver sa copine et on sait par avance qui est le grand méchant. Rien ne fonctionne car tout est prévisible.

On pourrait se rattraper sur la mise en scène, mais là encore, elle est peu inspirée et ressemble à n’importe quel film d’action qui sort chaque année. Pas décomplexé, pas furieuse le film se base exclusivement sur des duels et tente tant bien que mal de rendre ça nerveux à coup de décors idylliques (mas espagnol, arène de Barcelone) ressemblant bien trop à un jeu vidéo style Splinter Cell. Alors certes, ce n’est pas moche, ça reste lisible et il n’y a pas trop de shacky cam, mais l’ensemble reste vraiment faible pour apporter l’adhésion du public. D’autant plus que les quelques moments intenses (le feu dans la salle de bains) sont fusillés par une absence de tension pour les personnages.

D’ailleurs, tous les personnages sont ratés. En premier lieu, Sean Penn campe le héros du film mais il ressemble plus à un sous Stalonne qu’à un tueur à gages. Musclé, il demeure monolithique et apporté une maladie du cerveau ne change rien à l’absence d’empathie que l’on ressent pour lui. Javier Bardem est affreux et joue atrocement mal, pour un rôle inutile. Reste Ray Winstone qui tient un rôle tranquille et qui assure même si on l’a connu en meilleur forme. Gunman ne se concentre que sur des personnages sans épaisseur, avec un background assez épais qu’un papier filigrane. C’est triste à dire, mais rien ne raccroche le spectateur à un personnage, que ce soit dans son histoire ou dans sa quête. Par exemple, dans Taken, on voulait que Liam Neeson retrouve sa fille et on avait de l’empathie pour lui. Ici, on s’en fout, puisque c’est pour la gueule du héros qui n’est pas assez affiné.

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Au final, Gunman n’est pas un bon film et il accumule les tares. Voulant faire un film d’action avec un scénario alambiqué, Pierre Morel se fourvoie une nouvelle fois pour donner un film binaire, pas inspiré et moralisateur pour les nuls. Parce qu’il faut le dire, les multinationales sont prêtes à tout, même à utiliser les actions humanitaires, pour se faire du pognon. Sans déconner ?

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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