octobre 26, 2020

Possession

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De : Andrzej Zulawski

Avec Isabelle Adjani, Sam Neill, Margit Carstensen, Heinz Bennent

Année : 1981

Pays : France, Allemagne

Genre : Horreur

Résumé :

Rentrant d’un long voyage, Marc retrouve à Berlin sa femme Anna et son fils, Bob. Mais rapidement, il se rend compte que le comportement de sa femme a changé. Prise de violentes crises, elle quitte le domicile. L’amie du couple, Annie, révèle à Marc le nom de l’amant d’Anna, Heinrich. Lorsqu’elle disparaît, Marc engage un détective qui découvre bientôt qu’Anna s’est réfugiée dans une étrange demeure où semble se cacher une créature surgie des ténèbres.

Avis :

Andrzej Zulawski est un réalisateur polonais qui depuis des années tourne en France. S’il est assez discret et quelque peu oublié même, son dernier film remonte à 2000 avec « La fidélité » voyant en tête d’affiche Sophie Marceau et Guillaume Canet, de sa filmographie, il y a deux films qui ressortent, le premier, c’est « L’important, c’est d’aimer« , porté par Romy Schneider et ce « Possession » où Isabelle Adjani s’offre le rôle de sa carrière. C’est même surement son film le plus connu.

« Possession« , c’est le film qui apporta le premier de ses cinq Césars à Isabelle Adjani. Œuvre torturée signée Andrzej Zulawski, le film est une plongée infernale et surtout éprouvante dans la folie et la paranoïa d’un couple banal. Je dois dire que ce film n’est vraiment pas facile à regarder car ce n’est que souffrance, hystérie et provocation pendant les deux heures que va durer ce mystère fascinant.

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Marc retrouve sa femme Anna et son fils, après être parti pour un voyage d’affaires. Très vite, Marc se rend compte que quelque chose ne va pas dans son foyer. Sa femme, Anna, a radicalement changé. Dépressive, elle est prise de violentes crises de démence. Des crises accompagnées de violence extrême. Elle finit par quitter le domicile, laissant Marc sans nouvelle pendant un certain temps. Alors quand elle réapparaît, Marc engage un détective pour la surveiller et découvre où elle vit et ce qu’elle peut faire. Mais ce qu’il va découvrir est tout bonnement inimaginable.

Quand la folie atteint son paroxysme, ça donne « Possession« , un film sans aucune retenue et qui est surement l’un des films les plus durs que j’ai pu voir et l’un des plus difficiles d’accès aussi, tant le réalisateur ne nous ménage pas une seule seconde et nous met très très mal à l’aise devant des scènes qui me resteront gravées à jamais. Plus qu’un simple film, « Possession » est une expérience.

Écrire sur ce film est un exercice assez difficile, tant il nécessite au moins un deuxième, et même un troisième visionnage pour être sûr d’en avoir compris toutes les subtilités et personnellement, malgré le fait que j’ai beaucoup apprécié, je dois dire que certaines choses m’ont totalement échappées.

Le scénario est lourd, très complexe, très pervers, glauque, mais terriblement intéressant surtout dans la façon dont Andrzej Zulawski aborde la folie. Son film est même très flippant, tant plusieurs passages sont incroyablement intenses. Je pense bien sûr à la scène dans le couloir du métro, où Isabelle Adjani donne à elle seule la définition du mot possédée, mais il y a aussi toutes les scènes dans cet appartement mystérieux, qu’elle partage avec une créature étrange et répugnante à la fois. J’ai trouvé incroyable la façon dont le réalisateur, traite la folie, qui prend possession des deux personnages et leur confrontation est extrême.

Encore aujourd’hui, je comprends l’interdiction aux moins de seize ans, car plus de trente ans après sa sortie, l’effet du film reste intact. Angoisse, mal être et torture mentale sont au rendez-vous. Et une fois vu, qu’on ait aimé ou non, « Possession » est un film qu’on n’oubliera pas de sitôt, tant l’ambiance, les images et les deux acteurs sont marquants.

Plus haut, je disais que le film était très difficile d’accès, car même si la mise en scène est tout simplement dingue, le rythme très lent, l’ambiance peut-être trop noire et la complexité de cette descente vertigineuse dans les tréfonds des tourments de l’être humain, peut en décourager plus d’un, ou alors peut en rebuter d’autres carrément. « Possession » est un film qui est loin d’être facile pour tout le monde, et je comprends aisément qu’il puisse en rebuter plus d’un. Moi-même, j’y ai trouvé parfois des longueurs alors même que j’étais pris par l’intrigue.

Le film est déjà très bon comme ça, mas là où il met une claque phénoménale, c’est avec le jeu, rude, noir et dingue de ses deux acteurs. C’est bien simple, Isabelle Adjani est totalement possédée par son personnage, elle est démentielle, si bien que je me suis parfois demandé où elle est allée tirer l’énergie nécessaire pour tenir ce rôle. C’est le rôle et la performance de sa vie. À aucun moment, l’actrice n’a volé ses deux prix d’interprétation. Face à elle, on trouve un tout jeune Sam Neill qui va lui tenir tête avec un charisme tout aussi bon, mais moins flippant. C’est la première fois que je vois l’acteur jeune et il est déjà très talentueux.

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Ce face-à-face est franchement mémorable. Flippant, terrifiant même, complètement fou et hystérique, c’est quelque part entre le fantasque, la paranoïa et le fait divers qu’Andrzej Zulawski a posé sa caméra pour plus de deux heures de frissons en compagnie de deux acteurs au summum.

Après, je le redis, c’est vraiment un film très spécial et je pense qu’il ne peut pas plaire à tout le monde, alors à vous de voir. Mais bon, la bande-annonce donne un bon aperçu de l’ambiance et de la démence de ce film.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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