octobre 29, 2020

Deux Salopards en Enfer

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Titre Original : Il Ditto Nella Piaga

De : Tonino Ricci

Avec Klaus Kinski, George Hilton, Ray Saunders, Betsy Bell

Année: 1969

Pays: Italie

Genre: Guerre

Résumé:

Italie. 1941. Condamnés à mort par la cour martiale, deux soldats américains, un blanc et un noir, sont miraculeusement sauvés grâce à l’irruption d’un commando de parachutistes allemands. Ayant également échappé au massacre, l’officier chargé de leur exécution doit s’unir à eux pour tenter de survivre. Les trois hommes trouvent refuge dans un village pittoresque. Ils vont alors organiser la défense des villageois face aux Nazis.

Avis :

Quand on parle de films de guerre, on repense immédiatement aux classiques du genre. Apocalypse Now, Full Metal Jacket, Platoon et tous les autres films ayant marqué plus ou moins une génération (Il Faut Sauver le Soldat Ryan, La Ligne Rouge, etc..). Ce que l’on oublie souvent, c’est que le film de guerre n’est pas réservé qu’à une élite de cinéaste doté d’un budget plus que conséquent. La preuve en est faite dans les années 60/70 où le cinéma italien est en plein essor et tente de sortir des films surfant sur des vagues à succès outre-atlantique. Ainsi, entre deux films d’horreur gothique ou de thriller hardboiled, on trouve des films de guerre plus intimistes, moins impressionnants mais qui ont leur mot à dire. Deux Salopards en Enfer fait partie de ces « petits » films de guerre, où l’on sent bien que le budget a été serré mais qui arrive à tirer son épingle du jeu, misant plus sur les personnages que sur les scènes d’action.

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En 1941, la guerre bat son plein sur le sol italien. Deux soldats américains sont condamnés à la peine de mort pour mutinerie et vol. Alors qu’ils sont envoyés sur le lieu de l’exécution, un commando de parachutistes allemands arrivent et sèment la pagaille dans l’attroupement. Seuls les deux condamnés et l’officier en charge de l’exécution survivent à cet assaut. Ils vont alors se réfugier dans le village de San Michele qui les voit comme les libérateurs. Malheureusement, un commando allemand arrive avec des chars et les trois hommes vont tout faire pour défendre le village.

Deux Salopards en Enfer est un titre qui sied assez mal à la situation. En effet, le film ne met pas en scène deux mais trois militaires qui vont tenter de corréler pour survivre et sauver des gens. Film italien de la fin des années 60, il ne faut pas regarder ce film comme un grand film de guerre épique. Le métrage n’a pas les moyens de faire cela et encore moins l’ambition. Néanmoins, il vise un axe très intéressant qui est le rapport entre les soldats et les civils. Tout en restant très basique et offrant trois portraits extrêmes, le film essaye tout de même de livrer une vision très humaine de la guerre. Au niveau des défauts, on peut citer que le film est souvent surjoué et que l’ensemble reste assez soft, oubliant souvent de mettre les blessures sur les mourants ou alors remettant parfois la même scène mais sous un angle différent pour meubler et accentuer une fusillade. Mais en dehors de cela, le film reste fort recommandable.

Le personnage le plus intéressant du film reste vraiment Ray Saunders qui est pourtant l’acteur le moins connu. Complètement détruit par la guerre et ses horreurs, il est condamné pour avoir tué accidentellement un officier. Il retrouvera espoir dans les yeux d’un orphelin qui le considère comme un héros. Réellement touchant et évoluant durant tout le film, c’est vraiment le personnage le plus fort qui vit cette seconde chance comme une réelle opportunité de rédemption. A ses côtés, on trouve le grand Klaus Kinski qui joue un vrai salopard pour le coup. Cupide, fêlé, son personnage est détestable, mais il trouvera une raison de risquer sa vie à la guerre, la découverte de l’amour. L’acteur joue plutôt bien malgré des rires machiavéliques inopportuns et on ressentira quelque chose d’assez ambigu pour lui. Enfin, le troisième personnage est joué par George Hilton et c’est sûrement le moins intéressant. Il faut dire qu’il est le gentil qui veut à tout prix écouter sa hiérarchie mais qui se pose à la fin des questions sur le bienfondé de ces exécutions. Assez transparent par rapport aux deux autres personnages, on ne peut pas dire que l’on ne ressente rien pour lui, mais ce n’est pas loin. Autre bon point, le film n’est pas long (moins d’une heure et demie) et il possède un rythme très soutenu afin de ne pas ennuyer le spectateur. Il est juste dommage que la bataille finale soit si famélique, avec quelques tanks et des explosions mal foutues, mais entre le temps qui passe et le budget, il ne fallait pas s’attendre à quelque chose de faramineux.

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Au final, Deux Salopards en Enfer est un film intéressant à découvrir, non pas pour découvrir Klaus Kinski dans un rôle italien (il renouvellera l’expérience la même année avec Cinq Pour l’Enfer) mais surtout pour l’évolution des personnages et l’aspect très humains du métrage. Si le film n’est pas un must du genre, il reste un petit film de guerre qui a le mérite d’exister, qui fait passer un bon moment et qui essaye de faire avec les moyens du bord. Et force est de constater que ce n’est pas tout le monde qui aurait la grâce de Tonino Ricci.

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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