septembre 28, 2020

Call of Duty World at War

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Résumé:

Retour sur les combats les plus emblématiques de la Seconde Guerre Mondiale.

Avis :

Fort d’une renommée grandissante au milieu des années 2000, la saga des Call of duty dépasse tous les superlatifs quand il s’agit de parler chiffre de vente. Alors qu’Infinity ward amorçait un virage délicat et néanmoins nécessaire pour la franchise, Treyarch, le second studio principal à être responsable du développement, persiste et signe dans un contexte en déclin : la Seconde Guerre mondiale. Faute d’un renouvellement notable, les FPS qui prenaient pour cadre ce conflit ont petit à petit nivelé leur baisse qualitative au profit d’un rendu discutable sur la guerre et ses conséquences. Vision archaïque et peu réaliste, il n’en demeure pas moins des produits efficaces et défoulants. Ce cinquième opus se résume-t-il à ces deux qualificatifs ?

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Dès les premières minutes, l’on sent une certaine expérience dans la mise en scène grandiloquente. À grands renforts d’explosions, de musiques héroïques et de champ de bataille plus ou moins connus des érudits, World at war ne tergiverse pas pour poser les bases d’une ambiance fichtrement immersive. À savoir, reconstituer les combats les plus évocateurs de la Seconde Guerre mondiale en calquant la progression sur des références cinématographiques qu’on ne présente plus. Stalingrad, Il faut sauver le soldat Ryan ou Mémoires de nos pères sont autant d’évidences qui sautent aux yeux du joueur averti. En soit, ce n’est pas dérangeant dans l’absolu si d’autres titres n’avaient pas déjà exploré ces contrées…

On pense notamment à Medal of honor et ses épisodes Batailles du Pacifique, Soleil levant ou encore Débarquement allié. Treyarch ayant dépoussiéré l’ensemble pour en faire une sorte de compilation de luxe à leur manière (et en reprenant également les éléments des précédents Call of duty) avec un minimum de scénarisation (les campagnes Américaine et Russe se rejoignent sur un front commun). Certes, l’on demeure scotché à l’écran pour plusieurs raisons que nous verrons par la suite. Cependant, ce constat traduit l’essoufflement d’un concept porteur et original en son temps (le premier Medal of honor date de 1999) qui n’a malheureusement plus grand-chose à offrir si ce n’est un sentiment de déjà-vu pour le moins handicapant.

Si la réalisation fonctionne, elle est entachée par une intelligence artificielle binaire. Vos compatriotes calquent leurs actions sur votre comportement avec un taux de réussite au tir pour le moins aléatoire, pour ne pas dire lamentable. Dans les rangs adverses, ce n’est guère mieux avec des ennemis trop statiques pour inquiéter ou des réactions prévisibles (on se cache, on réapparaît au même endroit et ainsi de suite). On serait davantage inquiété par leur nombre et les balles qui fusent un peu dans tous les sens. À noter qu’il faut une bonne dose de courage pour avancer sur le front et trouver les couvertures adéquates sous peine de voir le flot de chairs à canon revenir indéfiniment sur des positions identiques.

En ce sens, on retrouve une narration minimaliste où les événements s’enchaînent trop rapidement. L’on devine leur importance et pourtant, ils ne sont ici que prétexte à une boucherie mondiale où l’on prend part aux combats sous couvert d’honneur, de liberté et de vengeance. Le tout est servi par des images d’archives. Un procédé bien connu et plaisant qui montre des atours désuets, car trop éculés par ses prédécesseurs. L’on saluera également une bande-son aux morceaux entraînants, à mi-chemin entre le classique (musique symphonique et chœur à l’appui) et le moderne avec des genres plus contemporains (par exemple, l’emploi de guitare électrique et de basse, de rythmes lourds). Pour ne rien gâcher, le doublage français est aussi bon que l’original, même s’il a tendance à se perdre dans le chaos des batailles.

Il demeure tout de même une prise en main immédiate. Les mécaniques du FPS sont respectées et offrent toutes les possibilités habituelles. S’accroupir, s’allonger ou se mettre à couvert sont des notions indispensables pour ne pas se faire cribler de balles dès les premiers affrontements. La localisation des dégâts se veut crédible et, ajout non négligeable, certains matériaux sont désormais poreux. D’où l’importance de bien choisir ses cachettes. Même si elle n’atteint pas le degré de précision d’une souris et d’un clavier, la visée sur console n’a rien de pénalisant. Il est vrai que, de temps à autre, on soupçonne une petite aide automatique, mais rien qui ne donne l’impression d’être assisté du début à la fin.

Rares nouveautés à recenser, l’arsenal compte un lance-flammes des plus dévastateurs qui facilite grandement le travail avec ses munitions infinies. L’arme est censée offrir un degré d’horreur supplémentaire dans les massacres perpétrés, mais se révèle à l’usage plus amusant qu’écœurant. Le reste de l’artillerie demeure classique : mitraillettes, fusil à pompe ou fusil à lunettes. Pour ce dernier, on nous propose une sorte de redite de la mission Pripyat de Modern Warfare en rampant dans les ruines de Stalingrad jusqu’à atteindre sa cible. Encore une fois, une phase des plus sympathiques qui tend à varier les plaisirs (comme l’incursion dans un tank) sans surprendre le joueur.

La durée de vie, elle, dépasse à peine les cinq heures pour compléter la campagne solo. Pour relever le challenge, il faut augmenter la difficulté (on en dénombre quatre). Une fois le titre terminé, il est également possible de commencer une partie en coopération avec un ou plusieurs amis et de s’adonner aux joies de dézingage de zombies dans des niveaux lugubres. Un choix hors sujet qui viendra en complément d’un mode multijoueur calqué sur celui de son aîné. La rejouabilité dépend donc de votre envie de redécouvrir le soft à plusieurs étant donné sa brièveté pour les âmes solitaires.

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Au final, ce cinquième volet de Call of duty s’essouffle sur les bases d’un contexte surexploité. S’il reste bien fait et agréable à parcourir, on ne peut se détacher d’une impression de déjà-vu omniprésente. L’on regrettera des défauts récurrents et pénibles tels qu’une intelligence artificielle anecdotique, ainsi que des scripts obligeant le joueur à avancer ou à continuer à tuer indéfiniment. Un sentiment mitigé émane donc de World at war étant donné une immersion instantanée, une bande-son sans tâche et un gameplay efficace. Malgré des intentions louables et une volonté à dépeindre la guerre sous un jour moins glorieux, l’on persiste néanmoins dans l’héroïsme désintéressé. Un FPS sympathique qui manque cruellement d’originalité et de nouveautés.

Note : 12/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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