Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise

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De : Dai Sijie

Avec Zhou Xun, Kun Chen, Liu Ye, Suang Bao Wang

Année : 2001

Pays : Chine, France

Genre : Drame

Résumé :

Dans la Chine maoïste des années soixante-dix, en pleine révolution culturelle, Dai et Luo, deux lycéens, amis d’enfance et fils de médecins, sont arrachés à leurs familles respectives et envoyés dans un camp de rééducation dans les montagnes de la province du Sichuan. En se rendant dans le village voisin, les deux garçons font la rencontre d’une jeune couturière inculte. Luo ne va pas tarder à en tomber éperdument amoureux.

Avis :

Après le cinéma Coréen que j’ai découvert il y a peu, je me lance cette fois dans mon premier film chinois. Dai Sijie est un réalisateur chinois qui habite en France depuis plus de trente ans maintenant. Depuis 1989, année de sortie de son premier film, le réalisateur a très peu tourné puisque que sa filmographie ne compte pour l’instant que cinq films, son sixième, intitulé « Le Paon de nuit » sortira en 2016 et aujourd’hui, je m’arrête sur son avant dernier « Balzac et la petite tailleuse chinoise » qui est une adaptation de son propre roman.

Rien qu’au titre, l’envie de voir ce film était grande. Je trouve ce titre d’une beauté absolue et il me laissait entrevoir un film d’une belle poésie. Et c’est bien ce que j’ai trouvé là. Dai Sijie, le réalisateur, a mis en scène ce qui peut être son film le plus personnel et intime. Librement inspiré de sa jeunesse, « Balzac et la petite tailleuse chinoise » nous plonge dans la Chine des années 70 en pleine révolution culturelle. Et c’est un film tendre, beau et surtout plein de pardon que le réalisateur nous offre.

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Dans la Chine maoïste des années soixante-dix, deux jeunes garçons, Dai et Luo, sont séparés de leur famille, jugés ennemis du peuple et envoyés dans un village de rééducation perdu dans les montagnes de la province du Sichuan. Ce village a pour but de faire des travailleurs et non des intellectuels. Ils doivent penser comme le président Mao. Arrivés dans ce village, ils vont faire la connaissance de la petite fille d’un tailleur. Bourrée de charmes et de naturel, la jeune fille n’est jamais allée autre part que dans ces montagnes. Luo va alors tomber éperdument amoureux de cette jeune fille et c’est à l’abri des regards indiscrets que les deux garçons vont faire découvrir à la petite tailleuse chinoise une autre façon de penser.

« Balzac et la petite tailleuse chinoise« , c’est l’histoire d’un changement et d’un éveil. Basé sur une partie de la jeunesse du réalisateur, ce petit film est un dépaysement bienvenu. Émotion, sensibilité et enrichissement personnel sont à prévoir.

J’ai été pris dans cette histoire aussi belle qu’injuste et les moments de liberté des personnages qui s’évadent grâce aux littératures interdites sont autant d’émotions qui m’ont touché. Ce film est une ode à la liberté de penser et les textes des grands auteurs qui vont être parcourus par le duo n’auront que plus d’impact dans ce contexte particulier de la Chine des années 70. Le seul petit point qui me dérange, c’est la vision que donne de ce village de rééducation, car à la vision de celui-ci, on n’a pas l’impression que la vie était si difficile que ça et qu’il sonnait comme une punition pour ces deux jeunes hommes. Bien sûr, ils sont privés de beaucoup de choses qu’ils aimaient et faisaient dans leur quotidien, mais malgré le travail aux mines, ce village ressemble plus à une colonie de vacances, plus qu’à un lieu de non-droit. Et c’est le contexte qu’on connaît qui aide un peu plus à rendre l’endroit plus dur. Je ne voulais pas non plus que le film tombe dans le misérabilisme, mais vu la réputation de ce pays, et de ces villages, on imagine bien que l’ambiance ne devait pas être aussi détendue. Peut-être que cette ambiance presque poétique en fin de compte est comme une sorte de pardon de la part du réalisateur qui enjolive son souvenir ? Il dénonce l’injustice et la bêtise, mais ne tape pas sur les doigts, comme s’il abordait ce film avec beaucoup de sérénité.

Plus haut, je parlais de dépaysement, car le film en est un bien beau. Filmé dans les montagnes de Zhangjiajie, Dai Sijie a eu la chance de pouvoir tourner son film en Chine, malgré le fait que son roman soit sorti là-bas avec la mention « politiquement mauvaise » collée dessus et le résultat est très beau. Le réalisateur sublime cette région, nous enivre des paysages verts et luxuriants qui sont déjà d’une grande beauté naturelle. Sa mise en scène est très simple, très naturelle, à l’image de la région qu’il filme. Tout comme ses jeunes acteurs. Eux aussi sont très simples. Leur jeu est naturel, sans grande démonstration, c’est pour cela qu’ils sont si attachants. Tout particulièrement la belle Zhou Xun. Si ses deux compatriotes, Kun Chen et Liu Ye sont très justes, j’avoue avoir été bien plus touché par l’éveil et le parcours de cette jeune femme. C’était très touchant de voir sa découverte et son amour pour Balzac. Un livre peut changer une vie et elle en sera la parfaite illustration.

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« Balzac et la petite tailleuse chinoise » est donc un bon petit film que j’ai apprécié. Poésie et émotion étaient au rendez-vous. Je suis donc content de ma première incursion dans le cinéma chinois. Je reste simplement étonné de l’ambiance si peu tendue que le réalisateur fait régner dans ce village. C’est donc un film à découvrir.

Note : 14/20

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Par Cinéted

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