Birth

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De : Jonathan Glazer

Avec Nicole Kidman, Cameron Bright, Danny Huston, Lauren Bacall

Année: 2004

Pays: Etats-Unis, Angleterre, Allemagne

Genre : Drame

Résumé :

Il aura fallu des années pour qu’Anna se remette de la mort de son mari Sean. Aujourd’hui, elle est redevenue une femme heureuse, amoureuse. Elle a rencontré Joseph et s’apprête à l’épouser. Tout va pour le mieux, jusqu’à ce qu’elle rencontre un garçon de dix ans, qui, par le plus effrayant des mystères, semble se souvenir de tout ce qu’elle et Sean ont vécu…

Avis :

« Birth« , c’est le deuxième film de Jonathan Glazer, réalisateur anglais à la carrière très singulière. C’est à lui par exemple que l’on doit l’ovni SF de l’année dernière. Je parle bien du très particulier « Under The Skin« . D’ailleurs, entre les deux films, il se sera passé dix ans, durant lesquelles le réalisateur n’aura rien tourné d’autre.

Jonathan Glazer a un cinéma hypnotique qui me dérange beaucoup et qui me fascine en même temps. La première fois que j’ai vu « Birth« , je suis resté fasciné par cette ambiance lourde et très malsaine que le film développe. Il fut pour moi un véritable choc qui a même tendance à opérer à chaque fois que je le regarde. Avec ce film, le réalisateur développe des sujets durs et risqués, puisqu’il aborde de manière inédite le deuil, l’amour, la reconstruction de soi et la possibilité de la réincarnation. Et c’est tout en suggestion et en tension que Glazer va nous livrer ce que je considère comme son plus beau film pour l’instant.

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Un soir dans un grand appartement new-yorkais, un petit garçon de dix ans fait irruption au cours d’un anniversaire. Il demande à parler à Anna. Une fois seul, il lui dit être son défunt mari Sean, mort dix ans plutôt d’une crise cardiaque. Si Anna refuse de croire le garçon au départ, il va réussir à semer le doute en elle, car il connaît des choses que seul elle et son mari connaissent. Comment alors qu’il est si jeune peut-il savoir tout ça ? Veut-elle croire à la possibilité de la réincarnation ? Peut-elle retomber amoureuse de son défunt mari, alors qu’elle est sur le point de se marier ? Tant de doutes que ce petit si persuasif va apporter avec lui.

Autant le dire d’emblée, « Birth« , avec son style si particulier et son histoire étrange et angoissante, ne pourra pas plaire à tout le monde. D’ailleurs, on peut même dire ça du cinéma de son réalisateur.

Avec son deuxième film, Jonathan Glazer réalise une œuvre forte et dure, un concentré de mort et de vie, d’espoir et de paranoïa et d’amour et de douleur que le temps essaie d’atténuer comme il le peut et que la moindre petite chose peut faire basculer.

« Birth » est un film triste, où règne une ambiance malsaine, presque hypnotique. C’est un film lent, qui pose les silences comme autant de doutes, de remords ou de tortures pour son personnage principal. Je ne sais trop comment l’expliquer, mais Jonathan Glazer arrive à embellir la douleur de Nicole Kidman, la rendant particulièrement poétique à l’image. Rarement l’actrice, dans ses silences, n’aura été aussi bouleversante. Le plan-séquence dans l’opéra est une grande leçon de jeu de sa part, car, en ne disant rien, en ne bougeant presque pas, elle arrive à nous faire passer et surtout ressentir tout son bouleversement. À chaque fois que je vois cette scène, j’ai la gorge nouée et les yeux humides et rien que pour cette scène, le film de Glazer vaut amplement le coup d’œil. L’histoire est géniale et pleine de tension, car elle s’installe un doute en permanence, malgré le fait qu’on sait un élément de plus que le personnage de Kidman et malgré ça, c’est avec génie que le réalisateur arrive à toujours semer le doute en nous. Du coup, le film, même dans les silences, reste plein de suspens. Le scénario est astucieux, jonglant souvent entre le fantastique et le réalisme. On a envie d’y croire, mais à chaque fois qu’on pourrait succomber, quelque chose nous retient. En fait, le doute semé fonctionne dans les deux sens et c’est aussi bon que perturbant. J’aime énormément comment le réalisateur parle du deuil aussi, la façon dont il installe l’espoir chez cette femme. J’aime la relation plus qu’ambigu qui naît entre les deux personnages. D’ailleurs, au moment de sa sortie le film avait déclenché une petite polémique là dessus.

Jonathan Glazer nous livre aussi son film le plus classieux. « Birth » est beau à regarder, tout est impeccablement pensé. Sa réalisation est superbe, les longs plans séquences sont incroyables comme celui d’ouverture ou l’opéra. Les cadres sont travaillés, de très belles idées dans la photo, dans l’ambiance, dans les discussions, le rythme, dans la bande son signée Alexandre Desplat. Jonathan Glazer a su créer son propre style entre peur et poésie et j’accroche énormément, même si parfois, il me met terriblement mal à l’aise.

Au moment où sort ce film, Nicole Kidman est au firmament de sa carrière. L’actrice choisit ses films avec soin et enchaîne coup sur coup les bons rôles (on ne peut plus en dire autant aujourd’hui et c’est bien dommage). Et le rôle qu’elle tient est peut-être le plus risqué et difficile qu’elle a pu avoir dans sa carrière et l’actrice va faire des merveilles avec. Magnifiquement mise en valeur (je l’ai rarement vu aussi belle), filmée à la perfection, Glazer est complètement amoureux de son actrice et elle le lui rend très bien. Elle est bouleversante à chaque instant et méritait une belle récompense pour ce rôle. Kidman est accompagnée par des acteurs tous aussi impliqués qu’elle. On sera surpris par le jeune Cameron Bright qui livre une interprétation d’une étonnante maturité. Lauren Bacall, Danny Huston, Anne Heche et Peter Stormare viennent compléter ce fabuleux moment.

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Vous l’aurez donc compris, « Birth » est un film que j’aime et qui, onze ans après sa sortie, continue à me fasciner comme au premier jour. Entre espoir et peur, entre le trouble et l’envoûtement, la tristesse et la beauté, Jonathan Glazer a choisi une poésie sombre, presque macabre pour parler de la mort… mais aussi de la vie.

Note : 18/20

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Par Cinéted

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