Robert Plant and the Sensational Space Shifters – Lullaby and… the Ceaseless Roar

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Avis :

Pour beaucoup de monde, Robert Plant est le meilleur chanteur de rock de tous les temps. Ce n’est pas moi qui l’invente puisqu’il a reçu un prix en 2008 pour ça. Mais globalement, c’est surtout le créateur, leader, frontman, chanteur, compositeur, parolier du légendaire groupe Led Zeppelin. Créé en 1968, Robert Plant avec notamment Jimmy Page à la guitare, a su fonder un groupe qui deviendra par la suite mythique et qui sera en quelque sorte le père spirituel du métal. Seulement, en 1980, après plusieurs incidents graves (un accident de voiture, le décès de son fils et la mort du batteur John Bonham), Led Zeppelin rend l’âme et Robert Plant se retire de la scène musicale durant un certain temps. C’est en 1982 qu’il revient et signe plusieurs albums solos. Il fera par la suite des duos avec notamment Jimmy Page puis reviendra dans les années 2000 et signera de nouveaux albums. Lullaby and… the Ceaseless Roar est le dixième album solo de Robert Plant et il collabore avec le groupe The Sensational Space Shifters. Alors que donne vraiment ce skeud ? Avons-nous droit à un revival de Led Zep ou quelque chose de totalement différent. L’âge n’est-il pas trop un poids pour le chanteur ?

Le skeud commence avec Little Maggie, un morceau assez dissonant et très surprenant. Il faut dire que la voix suave de Robert Plant avec un rythme lancinant de banjo n’est pas pour ainsi dire commun. Le problème, c’est que tout le titre est dans le même tempo et qu’au bout d’un moment, l’ennui se fait sentir. Si sur le plan purement technique le morceau est assez impressionnant, on a l’impression que le groupe a oublié l’essentiel, rendre cela accessible et écoutable. Et ce sera quasiment la même chose pour l’entièreté du skeud. Rainbow demeure un peu plus facile d’accès mais reste encore une fois sur le même rythme, mou du genou et sans réelle montée dans les tours. C’est assez dommage quand on sait que la marque de fabrique de Led Zep, c’était justement de faire du calme pour partir ensuite dans quelque chose de nerveux et de purement dantesque. Là, le nerveux et le dantesque, on peut s’asseoir dessus. C’est exactement le même problème avec Pocketful of Golden, un titre d’un ennui mortel malgré une guitare intéressante en fond et une ambiance arabisante. Néanmoins, le titre ne monte jamais et reste sur le même ton de feignasse.

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Mais en milieu d’album, il y a quelques réminiscences plutôt intéressantes. Car même si le skeud demeure lourd dans sa globalité (à la limite de l’imbuvable), trois titres retiendront un peu plus l’attention. Embrace Another Fall est un long titre qui pourrait sembler dans la même veine que le reste, sauf qu’il possède cette petite montée de pression qui fait tant défaut au skeud et en plus de cela, une voix féminine vient compléter celle de Robert Plant sur la fin, donnant une autre dimension au titre. Complètement aérien, à la limite du morceau de symphonique métal, cela donne un vrai cachet au titre. Par la suite arrive Turn It Up, le seul titre qui mettra en avant un riff un peu agressif. On retrouve l’âme de Led Zep sur ce titre mais cela est une maigre consolation, car le morceau n’est pas si exceptionnel que ça, même s’il demeure agréable. Enfin, on peut aussi citer A Stolen Kiss, qui fait office de ballade. Et le remarquer dans un album mou, c’est pas si facile que cela. Il se remarque tout simplement parce que dans sa construction, dans son instru, il reprend tous les poncifs du genre. Ainsi, on aura droit à un petit piano, une batterie très discrète et la voix du chanteur qui s’inscrit parfaitement dans ce genre de musique. Donc sans que cela soit mirobolant, ça reste joli à écouter. Mais après ces trois titre plutôt plaisant, on retombe dans des morceaux complexes, à la limite du chiant et qui ne font pas honneur au talent de Robert Plant. Somebody There est un titre rock que l’on a l’impression d’avoir entendu mille fois. Poor Howard est d’un ennui mortel et s’oublie très vite malgré son banjo qui rappelle le film Délivrance. Et avec House of Love, on a l’impression d’écouter un générique pour un film érotique. Bref, ce n’est pas la joie.

Au final, Lullaby and… the Ceaseless Roar, le dixième album de Robert Plant en association avec The Sensational Space Shifters, n’est pas si terrible que cela. Pire, il est complexe, difficile d’écoute et parvient à ennuyer l’auditeur au bout de deux écoutes seulement. Faire du technique, du progressif, c’est bien, on voit que les types ont du talent, mais il ne faut pas oublier aussi une chose, l’accessibilité et le plaisir de celui qui écoute. Comme toute forme d’art, la musique doit être faite pour soi mais aussi pour les autres et il semblerait que Robert Plant ait eu envie de se faire un petit plaisir solo.

  1. Little Maggie
  2. Rainbow
  3. Pocketful of Golden
  4. Embrace Another Fall
  5. Turn It Up
  6. A Stolen Kiss
  7. Somebody There
  8. Poor Howard
  9. House of Love
  10. Up On The Hollow Hill (Understanding Arthur)
  11. Arbaden (Maggie’s Baby)

Note: 06/20

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Par AqME

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