mars 2, 2021

Snoop Dogg – Bush

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Avis :

Le milieu du rap américain est divisé en deux parties. D’un côté le West Coast et bien évidemment le East Cost. Snoop Doog fait partie de la première catégorie et est connu pour être l’un des premiers protégés de Dr Dre, alors producteur. Mais comment se faire remarquer dans le milieu et comment se faire un nom alors que d’autres sont déjà passés auparavant ? C’est dans les années 90 que le rappeur commence à se faire un nom grâce à sa voix et à sa propension aux textes à tendance sexuelle. En effet, il possède une voix qui sort des codes du rap hardcore, plutôt trainante et nasillarde. Il joue d’ailleurs avec cela et propose un flow bien plus lent qu’à l’accoutumée. Son succès est tel qu’il devient ensuite producteur et se permet même de changer de registre durant sa longue carrière. Fumeur de cannabis compulsif, il amorce un virage en 2012 délaissant le rap pour s’orienter vers le reggae. La surprise est au rendez-vous mais le succès ne désemplit pas. Bush est son treizième album et il annonce encore un changement de registre pour le rappeur, qui cette fois-ci s’essaye à la funk, livrant un album étonnant, vintage et profondément respectueux d’un genre qui se fait rare.

Le skeud démarre de manière remarquable avec California Roll en duo avec Stevie Wonder qui assure les refrains. Le morceau est relativement entrainant avec ce qu’il faut de clavier, de sons électro et de cuivre. La voix de Snoop Dogg convient parfaitement à l‘exercice, lui permettant de poser un flow léger et tranquille, et la complémentarité avec Stevie Wonder fait plaisir à entendre. Mais le skeud ne se repose pas uniquement sur des featurings avec des célébrités (et il y e a pourtant dans l’album) comme peut en attester This City, le deuxième morceau qui est plus électro, mais typiquement année 80, rappelant par moments des titres cultes comme Last Night a DJ Save my Life. Ce morceau est plus chanté, un peu plus pêchu, faisant presque office de titre rétro pour boîte de nuit. C’est très dansant avec une belle ligne de basse et l’ensemble tient vraiment bien la route. On ressent cette même approche dans R U A Freak même si le titre fait plus hip-hop dans son instrumentalisation et dans son rythme. La présence de Pharrell Williams dans l’écriture et les compos se fait sentir mais reste assez discrète pour ne pas manger tout le talent de Snoop Dogg. Awake s’inscrit encore une fois dans le style funk tout en arpentant un chemin différent, plus lent, avec un refrain chantant entrainant et un couplet court rappé. En milieu d’album, on trouve So Many Pros, l’un des titres phares de l’album et il reste bien plus entrainant que les titres précédents avec un chœur féminin intéressant et une rythmique plus scandée et donc plus dynamique.

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En milieu d’album, on trouve ce qui pourrait s’apparenter au meilleur titre du skeud. Peaches N Cream, en duo avec Charlie Wilson reste un titre énergique, bien rythmé mais avec une instrumentalisation efficace et un flow idéal. Entre référence assumée au funk des années 80 et au rap d’aujourd’hui, Snoop Dogg trouve le parfait équilibre et livre un morceau qui fera danser même les plus réticents. Edibles rentre plus dans la catégorie hip-hop et c’est surement le seul titre à vraiment se différencier du funk général. Quand bien même, le titre contient quelques errances funk, notamment dans son rythme ou son clavier, mais la pièce reste plus ancrée à un style plus urbain et dans lequel on a plus l’habitude de voir le rappeur. Et ce n’est pas étonnant puisque le morceau est en duo avec T.I. I Knew That demeure un titre funk assez classique et qui ne marquera pas les esprits, même s’il reste bien foutu. Run Away, en duo avec Gwen Stefani est assez agréable, même si le titre reste assez redondant au bout d’un moment, surtout qu’il dure plus de cinq minutes et qu’il ne possède pas assez de ruptures. Enfin, I’m Ya Dogg délaisse le funk pour quelque chose de plus urbain, en duo avec Kendrick Lamar et Rick Ross et le morceau et moins convaincant que tout e reste du skeud, ce qui est dommage, la faute à une rythmique molle et une instru trop électro et déjà entendue mille fois.

Au final, Bush, le dernier album de Snoop Dogg est un bon album, ce qui demeure assez surprenant car on n’avait plus eu de nouvelles de lui depuis un bon moment. Un album très référencé, piquant au funk et au hip-hop, tout en restant respectueux et très bien produit. Pour une fois, une collaboration avec Pharrell Williams n’aura pas été calamiteuse et c’est assez rare pour le notifier. Un album intéressant et qui risque de plaire à beaucoup de monde.

  1. California Roll
  2. This City
  3. R U A Freak
  4. Awake
  5. So Many Pros
  6. Peaches N Cream
  7. Edibles
  8. I Knew That
  9. Run Away
  10. I’m Ya Dogg

Note : 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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