Maggie – Jamais Sans Ma Fille

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De : Henry Hobson

Avec Arnold Schwarzenegger, Abigail Breslin, Joely Richardson, Laura Cayouette

Année: 2015

Pays: Etats-Unis, Suisse

Genre: Drame

Résumé:

Alors qu’une terrible pandémie se propage à travers les États-Unis, le gouvernement impose de placer les malades infectés par le virus en quarantaine, où ils se transformeront en zombies, totalement retranchés du monde. Lorsque Maggie, 16 ans, apprend qu’elle a été contaminée, elle s’enfuit. Mais son père, Wade Vogel, est déterminé à la retrouver et à la protéger coûte que coûte, même s’il lui faut affronter les forces de police…

Avis:

Le film de zombie n’a eu de cesse d’évoluer au cours des années, et cela depuis les années 40 où il fait son apparition. Tout d’abord ancré dans le domaine du vaudou avec I Walk With a Zombie de Jacques Tourneur, c’est George A. Romero qui a réinventé toutes les bases pour faire du zombie un être étrange, dont les causes de sa venue restent inexpliquées. Petit à petit, le film de morts-vivants s’est évertué à rapporter les peurs de notre société actuelle. Après le racisme, les guerres des classes sociales, on a vu arriver les virus et la peur de la contamination. Avec ce changement, les créatures changent aussi, passant du zombie claudiquant à l’enragé qui galope à tout va. Seulement, le film de zombie ne fait plus peur, cherchant toujours l’action et il devient un commerce secondaire dans les bacs de dvd. En ce moment, on trouve un revirement de situation concernant ces pauvres goules. En effet, le statut de mort-vivant prend une autre dimension, flirtant avec le drame pour essayer de confronter le spectateur face à la perte d’un proche. Maggie s’inscrit parfaitement dans cette veine, mais le film n’est pas tout à fait réussi.

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Wade Vogel est un agriculteur qui part à la recherche de sa fille qui a fugué. Remarié, Maggie est sa seule fille d’un premier mariage. En la retrouvant, il apprend qu’elle est infectée par un virus qui transforme les gens en zombie. Il la récupère mais sait que dans quelques mois, il va devoir la mettre en zone de quarantaine. Empêchant cela, il veut la garder à la maison, mais Maggie sait que ce sont ses derniers instants et elle rentre dans une sorte de mélancolie dépressive.

Petit budget, Schwarzy en père courage, un axe sur les zombies encore jamais vu, le film avait toutes les cartes en main pour surprendre et sustenter un public toujours plus demandeur de nouveautés dans le domaine du mort-vivant. Malheureusement, malgré quelques qualités, le film ne tient pas sur la longueur et s’avère rapidement ennuyant.

Maggie s’octroie les services d’Arnold Schwarzenegger pour un rôle à contre-emploi. Pas de fusillades intempestives (d’ailleurs il n’y aura qu’un seul coup de feu dans tout le film), pas de bagarres musclées, l’action hero joue ici les pères courage pour accompagner sa fille dans ses derniers instants. Et c’est là la plus grande réussite du film. En effet, l’acteur est impeccable et arrive à passer des émotions que l’on n’avait pas l’habitude de voir. La relation qu’il a avec sa fille est assez touchante et chaque père pourra se projeter en lui. Seulement, il y a un long moment où il n’apparait plus à l’écran, et cela se sent tant les cordons dramatiques sont tenus par son unique personnage. Non pas qu’Abigail Breslin soit mauvaise, mais son personnage d’ado en train de se transformer n’a pas la portée de Schwarzy et rentre dans la catégorie de tous les genres d’ado en dépression que l’on se bouffe dans tous les drames indépendants américains.

L’autre point intéressant réside dans l’axe choisi pour raconter cette histoire de zombie. En effet, ici point d’invasion, point de tête percée et encore moins de sang dans tous les sens. Maggie est un drame, qui raconte le point de vue d’une jeune fille qui se sait condamnée et de son père qui doit endurer la détérioration de sa fille. Peu ou pas de films osent aller vers ce point de vue et c’est plutôt novateur. Mais le problème est que cela annihile toute tension dramatique puisque l’on sait ce qu’il se passe à la fin et on n’aura du mal à s’attacher à cette pauvre fille. D’autant plus que l’action ne sera jamais au rendez-vous, la faute à cet axe qui privilégie les émotions et les ressentis.

Alors vu comme ça, on pourrait croire que Maggie est un film intéressant, et il aurait pu l’être s’il n’était pas aussi mou. Le rythme est tellement lent que même sous infusion de caféine on peut s’endormir. Essayant de tenir sur la relation père/fille, le film se perd dans une inaction proche des drames auteurisants français. Le film est rempli de non-dits, de silences, de passages qui ne servent pas à grand-chose comme des plans contemplatifs où Schwarzy regarde son champ brûler ou encore lorsque Maggie marche et descend des marches. Rien ne vient redonner du peps à l’ensemble et c’est dans un état proche de la léthargie que le spectateur verra arriver le générique de fin. D’autant plus que la réalisation n’est pas parfaite, avec une caméra tremblotante même dans les scènes fixes et un filtre gris du début à la fin qui gâche toute la photographie. Alors effectivement, le budget était riquiqui, mais on a déjà vu beaucoup mieux pour moins, comme Horsehead de Romain Basset qui est beaucoup plus beau visuellement, ou encore, pour rester dans le drame zombiesque, Dieu Reconnaîtra les Siens de Cédric Le Men, un court-métrage fort recommandable.

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Au final, Maggie est plutôt un film raté malgré un acteur à contre-emploi et une direction scénaristique inhabituel. Le rythme complètement délétère achève le spectateur devant un film mou où il ne se passe pas grand-chose. C’est dommage car il y avait matière à faire et on sent une certaine volonté de proposer quelque chose de neuf dans un sujet poussiéreux. Il faut croire que la poussière s’est déposée devant la caméra.

Note: 07/20

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Par AqME

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