février 25, 2021

Le Soliste

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Titre Original : The Soloist

De : Joe Wright

Avec Robert Downey Jr., Jamie Foxx, Catherine Keener, Rachael Harris

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Steve Lopez est dans une impasse. Le journal pour lequel il travaille est en pleine crise, son mariage est un échec, et le temps où il aimait son métier de journaliste est bien loin. Et puis un jour, dans la rue, il entend de la musique. Un étrange vagabond, Nathaniel Ayers, joue de toute son âme, et même si son violon n’a que deux cordes, une émotion unique surgit. Pour Steve, l’étonnant violoniste est d’abord un bon sujet pour sa chronique, et il va peu à peu percevoir tout le mystère qui entoure ce personnage. Le journaliste décide de sortir Ayers de la rue et de le rendre au monde de la musique. Alors qu’il s’acharne à sauver la vie de ce sans-abri hors norme, Steve Lopez se rend peu à peu compte que c’est finalement Ayers qui, à travers sa passion dévorante, son obstination à rester libre et ses tentatives courageuses pour nouer des liens avec les autres, va profondément le changer…

Avis:

Joe Wright, c’est un réalisateur qui s’impose tout doucement. Arrivé en 2006 avec l’adaptation d’ »Orgueil et préjugés« , le cinéaste anglais ravit par l’élégance de son cinéma. S’essayant à plusieurs genres, le réalisateur réussit à s’adapter à tout ce qu’il touche, comme le démontre ce petit film que le réalisateur nous avait présenté à la veille de Noel 2009.

« Le soliste« , dans la filmographie de Joe Wright, c’est un film quelque peu à part, puisqu’il marque un énorme tournant dans la carrière de réalisateur. C’est le troisième film que Joe Wright met en scène et c’est le premier à se passer dans notre époque, sans son actrice fétiche Keira Knightley et surtout sur le territoire américain. Et oui, après deux bons films de « costumes », « Orgueil et préjugés » et « Reviens-moi« , le cinéaste britannique s’exporte et se lance dans la chronique sociale avec un Jamie Foxx étonnant.

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Steve Lopez est un brillant chroniqueur d’un des journaux les plus lus de Los Angeles. Il fait des chroniques sur des gens qui croisent sa route, mettant en lumière tel ou tel destin. Après un accident, il va faire la rencontre de Nathaniel Ayers, un vagabond, passionné de musique, jouant sur un vieux violon à deux cordes. Steve décide de lui dédier un chronique, mais ce qui ne devrait être qu’une simple chronique va devenir bien plus. Touché par le talent et l’histoire de cet homme, Steve va alors essayer de le sortir de sa condition. Mais Nathaniel est un homme malade et Steve va avoir bien du mal à comprendre le fonctionnement du musicien, qui deviendra par la suite son ami.

« Le soliste » de Joe Wright, c’est ce moment simple, qu’on pourrait définir même comme classique, mais qui pourtant se révèle être une belle surprise. Un moment touchant, fort en émotion, qui va faire s’opposer deux mondes très différents, mais qui se complètent finalement, chacun aidant, faisant avancer l’autre, pour une belle et tendre leçon d’élégance.

Ce qui fait la jolie force du film de Joe Wright, c’est la simplicité de son histoire, sans aucune prétention ou subterfuge, ni morale. Le réalisateur nous parle d’une rencontre pas comme les autres et ne fait pas dans le démonstratif. Avec un sujet pareil, le réalisateur aurait très bien pu offrir un film larmoyant et appuyé pour séduire le plus grand nombre. Des films avec des histoires similaires (une personne touchée par une autre fait tout son possible pour aider son prochain) sortent chaque année et bien souvent, ces films ont un côté un peu pathos, niais et en font trop. Mais ici ce n’est pas le cas. Le scénario prend tout le temps nécessaire pour nous raconter cette rencontre et la faire évoluer, sans tomber dans l’artifice. J’aime la façon dont Joe Wright traite ses personnages et son histoire. Je trouve que son film est un savoureux mélange entre drame social, prise de conscience et comédie, car malgré le drame de l’histoire, le film reste assez léger et drôle à certains moments.

Comme pour ses deux précédents films, « Le soliste » porte la marque de l’élégance de son réalisateur. Une marque que l’on peut désormais prendre comme une marque de fabrique. Le film est touchant et l’histoire faire la part belle à l’émotion, mais « Le soliste » est aussi un film très beau à regarder pour son visuel. Joe Wright, dont le talent n’est plus à prouver, nous réserve un visuel d’une simplicité très agréable à voir. Le film est maîtrisé, les plans qu’a choisi Joe Wright ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont travaillés pour qu’à l’image ce soit le plus beau possible et pourtant, ils paraissent d’une simplicité folle et c’est ce que j’aime dans ce film. C’est simple et complexe en même temps. Recherché, travaillé, mais tout en subtilité, accompagnant l’histoire. Le film jouit d’une ambiance musicale géniale. Comme toujours d’ailleurs chez le britannique. Cette BO au violon pour la plupart, accompagne l’histoire avec beaucoup de douceur, soulignant chaque action, tout en sachant se faire discrète.

Puis pour finir, le film est aussi touchant grâce à ce duo d’acteurs excellents. Chacun aidant l’autre à faire de son mieux, Joe Wright les filme avec beaucoup de retrait, les laissant créer l’alchimie dont le film a aussi besoin pour respirer, toucher et nous toucher. Robert Downey Jr assure comme toujours. Je ne sais pas trop pourquoi, je ne serais dire ce qu’il a de plus dans ce film, mais je trouve que Joe Wright l’a particulièrement bien filmé. Le personnage est fragile et l’acteur est vraiment très beau. En face de lui, on retrouve un Jamie Foxx parfaitement grimé et surtout très surprenant. L’acteur avec qui j’ai un peu de mal (Il est capable du meilleur comme bien trop souvent du pire), prouve qu’il est un excellent acteur quand il est bien dirigé comme c’est le cas ici. Je crois que depuis « Ray« , le rôle de ce violoncelliste SDF est son meilleur. Surtout qu’en plus, c’est un rôle qui est très loin d’être évident, car il ne faut pas oublier que le personnage est schizophrène et que Jamie Foxx évite la caricature. D’ailleurs, les deux acteurs se suffisent à eux-même et je ne peux pas dire qu’il y ait d’autres personnages auxquels on s’attache dans le film. Il y a bien la belle Catherine Keener ou Tom Hollander, mais comparé à l’amitié, la découverte et le charme de Downey Jr et Foxx, on a tendance à très vite les oublier.

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« Le Soliste » est un film que personnellement, j’aime beaucoup et que j’aime me refaire de temps à autre. C’est vrai qu’il est très simple, qu’il n’a rien d’incroyable, mais cette simplicité me touche. Je peux même dire que pour l’instant, il reste l’un de mes préférés du réalisateur, « Reviens-moi » restant mon préféré et de loin. C’est donc un film à découvrir, car en plus de ça, je me rends compte que c’est un film qui n’est pas spécialement connu et quand je regarde les chiffres qu’il a fait au box-office, il est passé totalement inaperçu et c’est bien dommage.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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